Avril 5, 2021
Par Le Poing
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Le pitch du docu, écrit par ses réalisateurs, est simple : «  A la base, on voulait juste rendre compte de la situation des acteurs de la musique électronique à Montpellier, on a un peu dérivé… »

Monté comme une mise en abîme des deux compères commentant leurs propres plans face-caméra devant leur ordinateur, le documentaire commence par un état des lieux du secteur culturel Montpelliérain en ce qui concerne les musiques électroniques : des studios de radio campus Montpellier au chargé de mission aux musiques actuelles de la ville, en passant par les locaux fermés du Mélomane Club, les témoignages se succèdent, et la détresse se fait sentir. Le côté « non-essentiel » de la culture y est discuté et débattu par le biais d’entretiens parfois poignants.

Puis, le duo se fait embarquer dans la manifestation du 16 janvier contre la loi sécurité globale, qui marque le début de la jonction entre les teufeurs et le collectif « Danger loi sécurité globale » suite à la répression de la free-party du nouvel an en Bretagne.

Des lieux et visages connus des habitués des mouvements sociaux Montpelliérains sont alors montrés ou évoqués : la soucoupe , « lieu de l’AG des gilets jaunes », Kaïna, manifestante gravement blessée à la tête par un tir de LBD lors de l’acte 7 du mouvement des gilets jaunes, ou encore Sophie Mazas, que l’on voit annoncer qu’elle porterait plainte pour la saisie illégale du matériel sonore par la préfecture le 16 janvier.

L’ambiance de fin de manifestation y est parfaitement retranscrite : alors que le cortège est calme, la police commence à provoquer des mouvements de foule et à utiliser du gaz lacrymogène. Plusieurs images, notamment de nos confrères de La Mule du Pape, ponctuent le récit de cette répression d’État.
Contacté par la rédaction du Poing, Hugo Billars, alias Farfacid, l’un des deux réalisateurs du film, réagit sur cette séquence : « Les violences policières, on savait que ça existait, on les avait vécu. Quand on a vu que la manif s’est faite réprimer, on a été choqué et on a décidé de le montrer ».

Car finalement, ce documentaire traduit bien la période que nous sommes en train de vivre : celle d’une perte de repères, d’appuis financiers et moraux pour tout le secteur culturel, doublé d’un autoritarisme d’État qui ne se cache plus pour tous ceux qui oseraient contester sa gestion sécuritaire de l’épidémie. Construite avec beaucoup d’humour et sans prétention journalistique, cette production clairement assumée comme subjective et militante construit des ponts entre le mouvement de la free-party et les manifestations contre la loi sécurité globale, sans fard et sans enjolivements d’une prétendue « convergence des luttes » tant fantasmée par une partie du milieu militant.
« Zéro décibel » est disponible en entier et gratuitement sur Youtube.

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Source: Lepoing.net