Octobre 5, 2021
Par ACRIMED
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Aux trousses d’Éric Zemmour depuis deux décennies, les grands médias n’avaient encore jamais égalé la performance qu’ils ont livrée en septembre 2021. Sans doute l’idée selon laquelle Éric Zemmour est fait par et pour les médias n’a-t-elle jamais été plus vraie qu’aujourd’hui. Il faut dire que la surexposition dont il a bénéficié à intervalles réguliers n’a jamais été sérieusement remise en question par les rédactions – ou alors à la marge, entre parties prenantes acritiques, et en tout cas, sans aucune espèce de conséquence si l’on considère l’ensemble des « Zemmour tour », réglés comme du papier à musique, que nous critiquons depuis 2010 [1].

Remorques promotionnelles automatiques à chaque nouvel ouvrage, vacarme garanti autour de ce que les médias appellent encore aujourd’hui des « polémiques », le terrain était déjà parfaitement labouré. De telle sorte qu’en cette rentrée, Éric Zemmour a exploité son capital médiatique à plein : à travers la publication d’un livre et l’entretien d’une rumeur sur une possible candidature à l’élection présidentielle de 2022. Deux cartes maîtresses, qui allaient immanquablement lui assurer une campagne d’ampleur dans les médias dominants.

Point de complot là-dedans ! Suffisent (entre autres) : des pratiques journalistiques moutonnières ; un traitement de l’actualité politique et des élections présidentielles uniformisé dans l’ensemble des médias (sous la forme de match de catch et d’une course de petits chevaux) ; une dépendance accrue et délétère aux sondages et au commentaire artificiel, tous deux prompts à faire exister le rien (rappelons que Zemmour n’a pas déclaré de candidature) ; et last but not least, une normalisation générale de l’extrême droite, processus désormais largement abouti dans les médias dominants.

Tant et si bien qu’au cours de cette séquence, les médias ont fait de Zemmour un « candidat » en soi, tout à la fois « comme les autres » (ses idées fascisantes étant totalement banalisées) et « hors norme » (compte tenu de l’ampleur de la couverture dont il a bénéficié). Nous reviendrons dans un prochain article sur le premier versant de ce diptyque. En attendant, essayons de parcourir le second…

Un défilé médiatique

Depuis le 1er septembre, on recense pas moins de 16 passages dans les grands médias.





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Comme à chaque fois, les rédactions réservent à ses interventions les lieux-clé de leurs grilles : ceux qui sont les plus scrutés (par les journalistes eux-mêmes) et les plus suivis (par les auditeurs et les téléspectateurs). En d’autres termes, les créneaux qui donneront le tempo de l’information et le « la » de l’agenda médiatique. Ainsi, on ne l’entendra pas seulement deux minutes au détour d’un journal, mais avant tout dans des matinales radio, sur des plateaux de télévision en prime time, et dans les longs formats (magazines, documentaires) dédiés à l’information politique et générale.

Et comme à chaque fois dans ce huis-clos, ses apparitions sont construites comme de véritables « moments » médiatiques (pour ne pas dire « divertissements »), anticipés, commentés et débriefés partout. Services public et privé concourant de manière égale – chacun avec sa spécificité – à cette « spectacularisation de l’information » en vue de s’attirer les meilleures parts d’audience, avant que ces parts d’audiences deviennent à leur tour des sujets à part entière du « débat médiatique ». Ainsi fidèle à sa marque de fabrique, BFM-TV diffuse en boucle une bande-annonce « thrillerisée » (musique palpitante, voix-off roulant les graves) pour annoncer le débat Mélenchon-Zemmour (23/09). De son côté, « On est en direct » (France 2, 11/09) met en avant ses têtes d’affiche (Ruquier/Salamé) et revendique une interview « exclusive » d’Éric Zemmour en s’attribuant par avance (mais en vain…) le scoop de sa candidature.





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Au bout d’un nombre incalculable d’entretiens et de plateaux télé, on se demande à quel moment une interview d’Éric Zemmour cessera d’être qualifiée d’« exclusive » par les professionnels de la communication médiatique…

Et ce n’est là que la pointe émergée de l’iceberg. Il y a un an, nous évoquions les ravages d’une surface médiatique déjà décuplée, excédant de (très) loin son apparition stricto sensu (à l’époque, la commande d’une émission sur CNews et des éditoriaux au Figaro). C’est-à-dire, tout simplement, le nombre de fois où les journalistes font d’Éric Zemmour un « sujet » d’actualité – pour en dire du bien ou du mal, là n’est pas la question : en le mentionnant, lui et ses activités, en citant ses propos, en invitant un interlocuteur à réagir à l’une de ses déclarations, en lui consacrant une émission, etc. Et nous pointions un « classique : même absent, Zemmour est un “débatteur” omniprésent sur les plateaux. »

Parallèlement à ses invitations, ce phénomène de commentaire permanent a joué à plein en cette rentrée (les premières nourrissant le second, et inversement). Un phénomène impossible à quantifier de manière exhaustive tant le rouleau compresseur médiatique fut massif, mais dont nous pouvons tout de même donner quelques traits.

4 167 occurrences dans la presse en septembre

Du 1er au 30 septembre, on dénombre 4 167 occurrences de « Zemmour » dans la presse française (agences et déclinaisons en ligne des titres de presse comprises). Soit en moyenne… 139 par jour. Des occurrences cinq fois plus nombreuses qu’au mois le plus « fort » de l’année 2021 (juillet : 737 occurrences), alors que ces chiffres sont par ailleurs en (quasi) constante augmentation depuis 2016 (400 occurrences) : 566 en 2017, 1 105 en 2018, 2 057 en 2019, 1 432 en 2020 et en 2021… 7 123 [2]. Aussi Éric Zemmour n’a-t-il nullement besoin de dévoiler une quelconque candidature à la présidentielle : les médias la décrètent, avant de la faire exister pour lui. Et l’intéressé ne s’y trompe pas, adressant un clin d’œil averti à ces alliés objectifs, qui n’en tireront jamais la moindre leçon :





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Car dans la presse, Éric Zemmour n’est pas relégué aux notes de bas de pages. Au 30 septembre, la plupart des hebdomadaires de ce pays peuvent par exemple se targuer de lui avoir consacré la Une. Toutes parues entre le 9 et le 30 septembre, à l’exception de L’Express et de L’Obs, qui avaient pris de l’avance dès février et juin 2021. « La tentation présidentielle » (12/02) titrait le premier hebdomadaire, copié une semaine plus tard par Valeurs Actuelles : « La tentation Zemmour » (18/02). Avec celle du 30 septembre (« La razzia Zemmour »), Valeurs actuelles en est ainsi à sa cinquième Une sur Zemmour depuis le 1er janvier 2021, dont trois depuis le 8 juillet.





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Et ni la presse quotidienne, ni la presse people ne font exception :





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Les sondages : co-production de l’artefact Zemmour

La mécanique infernale des sondages est évidemment venue renforcer cette tendance. Pour Challenges, Harris Interactive est le premier institut à avoir testé les intentions de vote en faveur d’Éric Zemmour. C’était le 5 juillet. « Le vote Zemmour menace Marine Le Pen » titrait l’hebdomadaire dans la foulée (8/07). Depuis [3], et à deux exceptions près, ce non-candidat est testé dans l’intégralité des sondages d’opinion consacrés à l’élection présidentielle de 2022. Au total, ce sont donc 12 sondages, sur les 14 parus depuis le 5 juillet.

Et la machine fonctionne par ondes sismiques : à chaque nouvelle fournée, nombre de médias choisissent de titrer (voire de centrer) leurs comptes rendus sur Zemmour, alors qu’évidemment, aucune « règle journalistique » à proprement parler ne les y oblige. De quoi pointer l’uniformité et le mimétisme des choix éditoriaux au sein de rédactions prétendument « pluralistes » et « diverses » [4].





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Car aucun média n’y résiste. Et dans ce vacarme, les faux téméraires peuvent s’avérer les plus outranciers : « Un mauvais sondage, c’est un mauvais sondage. Trois mauvais sondages, c’est peut-être le début d’un fait politique [5]. » Un adage signé Libération, qui apporte sa pierre à l’édifice le 14 septembre (« Marine Le Pen dévisse, Zemmour se hisse ») en conversant « course des petits chevaux » avec Jean-Daniel Lévy, le directeur délégué d’Harris Interactive. Et il faut croire que la bêtise ruisselle sur d’autres pratiques : une semaine plus tard, la même rédaction publie une simili enquête de fact-checking visant à déterminer si la Une de Paris Match, publiée le 23 septembre, résultait d’une « vraie ou fausse “paparazzade” » (22/09). In fine restée sans réponse, la question aura au moins permis à Libération de faire circuler un tweet de Pascal Praud, une ineptie de Zemmour, quelques rumeurs glanées dans les couloirs de Paris Match, et la réplique d’une des salariées déjà interrogée sur le sujet dans l’émission « C à vous ». Gros dossier.

Notons enfin que sur les onze sondages précédemment cités, deux comportent un volet spécifique sur Zemmour : Elabe pour BFM-TV (14/09) et Odoxa pour L’Obs (23/09). Intitulée « Les Français, l’élection présidentielle 2022 et Éric Zemmour », la première enquête interroge les sondés sur leur souhait de voir Zemmour se présenter à l’élection – avec 76% de « non », le résultat n’a pas été beaucoup médiatisé. Et qu’importe une telle majorité, puisqu’on demande ensuite à ces mêmes sondés s’ils souhaitent voir le RN et LR « se rassembler » au premier tour… avec Éric Zemmour ! La seconde étude brandit quant à elle les « intentions de vote à la présidentielle et le duel d’image Zemmour – Mélenchon dans l’opinion ». Un exercice de haute volée, au cours duquel nos précieux agents de la démocratie ont demandé « qui de Jean-Luc Mélenchon et d’Éric Zemmour trouvez-vous le plus proche des gens (1), sympathique (2), compétent (3) et capable de gouverner la France (4). »

La matinale de France Inter : Zemmour, l’invisible omniprésent

Un autre de nos indicateurs porte sur la matinale de France Inter. Entre le 6 et le 30 septembre, Nicolas Demorand et Léa Salamé n’ont pas invité Éric Zemmour. Mais pour les auditeurs, ce fut tout comme : des questions ont porté sur lui dans 12 des 35 entretiens (19 émissions au total) qu’ont conduits les deux matinaliers, soit un tiers. Les faits et gestes d’Éric Zemmour (et des sondeurs à son égard) ayant notamment structuré une part non négligeable de leurs interviews avec les personnalités politiques de droite et d’extrême droite (voir l’annexe 1 pour le détail) : Gérald Darmanin (8/09), Christian Jacob (22/09), Michel Barnier (27/09), Jordan Bardella (28/09). Ou comment instituts de sondages et médias – qui s’auto-alimentent – parviennent à placer ce non-candidat sous existence artificielle en faisant ensuite de leur propre artéfact… le centre de gravité du débat public. Jusqu’à infléchir le temps démocratique et faire pression sur les processus représentatifs internes aux partis. Par exemple le 22 septembre, face à Christian Jacob :

Léa Salamé : Vous n’êtes pas en train de perdre votre temps à faire votre congrès, vos enquêtes du Cevipof sur 15 000 adhérents ? Pendant ce temps, Éric Zemmour, non déclaré, ne cesse de monter dans les sondages : il talonne désormais Valérie Pécresse et Xavier Bertrand. N’êtes-vous pas en train de lui laisser un immense espace en ne désignant pas très vite votre candidat ?

Ou encore le 27 septembre, face à Michel Barnier, qui dit vouloir respecter le temps de la primaire des Républicains :

Léa Salamé : Oui sauf qu’il y a une nouvelle donne si j’ose dire, qui s’appelle Éric Zemmour, qui est à 10 ou 11 % dans les sondages, qui bénéficie en ce moment d’une dynamique et qui ne cache pas qu’il veut dynamiter la droite. La vôtre, celle du RPR, dont il se revendique et dont il dit : « C’est moi le candidat naturel de cette droite-là. » Vous lui répondez quoi ?

On le savait déjà, mais mieux vaut le répéter : rien à espérer du service public radiophonique en matière de meilleures pratiques. Pas plus que de son pendant télévisuel…

En moins de trois semaines, l’un des principaux magazines d’information de France Télévisions (« C dans l’air », France 5) a par exemple choisi de consacrer à Éric Zemmour… quatre émissions !





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259 minutes de bavardage, au cours desquelles les sondeurs et autres « analystes d’opinion » auront occupé une place de choix (5 des 16 fauteuils), suivis de près par des représentants des médias de la droite traditionnelle (Les Échos, Le Figaro Magazine, RTL, BFM-TV) et de l’éternel Dominique Reynié, invité à deux reprises.

Côté service public, France 2 mérite également un coup de projecteur. En dehors du JT, depuis la rentrée, trois émissions politiques au long cours traitent partiellement ou exclusivement de l’élection présidentielle de 2022 : « 20h22 » (1 édition à ce jour), « Élysée 2022 » (1 édition) et « On est en direct » (5 éditions) [6]. Au 30 septembre, la troisième émission était la seule à avoir reçu Éric Zemmour in situ. Mais il fut présent (presque) partout ailleurs. Dans « 20h22 » face à Xavier Bertrand par exemple (30/09), Mohamed Bouhafsi psychologise : « Je vous pose la question : est-ce que vous avez peur de débattre avec Éric Zemmour ? […] Vous prenez le risque de le voir prospérer jusqu’à la campagne présidentielle, jusqu’à l’élection » tandis que Nathalie Saint-Cricq boursicote : « [L]a montée [d’Éric Zemmour] et le siphonage de Marine Le Pen est quelque chose qui peut arranger un certain nombre de personnes à droite. Vous allez me dire que je suis politicienne, mais on peut quand même se demander. »

Et gare à qui ne voudrait pas se plier au commentaire du « phénomène zemmourien ». Anne Hidalgo s’y refuse sur le plateau de « On est en direct » (25/09) ? Léa Salamé réprimande : « Pourquoi vous ne parlez pas de ça ? Pourquoi vous ne parlez pas de ça ? C’est un fait politique quand même, non ? […] Pour vous, c’est rien Zemmour ? » Laurent Ruquier avait déjà serré les rangs : « Si on veut éviter Zemmour, si on veut éviter Marine Le Pen, eh ben on va voter Macron au premier tour, c’est le sauveur. » Il faut dire qu’une semaine plus tôt dans « Élysée 2022 » face à Valérie Pécresse et Gérald Darmanin (23/09), le festival était à son comble :

– Thomas Sotto : Éric Zemmour veut l’immigration zéro. Il prévient, il dit que si on ne l’écoute pas, bientôt la France sera une république islamique.

– Léa Salamé : Je voudrais que vous nous disiez l’un et l’autre si vous êtes d’accord avec Éric Zemmour, si sa théorie du grand remplacement, puisqu’on en parle beaucoup en cette rentrée, elle est juste […] ou si c’est un pur fantasme, ou s’il y a du vrai dans ce qu’il dit.

– Thomas Sotto à Valérie Pécresse, qui dit vouloir « détruire les ghettos » en France : Parce que sinon, le bout du chemin, c’est la république islamique dont parle Éric Zemmour, c’est votre conviction ou pas ?

– Léa Salamé à Gérald Darmanin : Sur le grand remplacement. C’est du fantasme ce que dit Zemmour ou il y a du vrai ?

– Thomas Sotto : La question de Léa, c’est le grand remplacement. En gros, le remplacement des populations judéo-chrétiennes par des populations musulmanes. Est-ce que vous y croyez ou est-ce que c’est un fantasme ?

Une fumisterie d’extrême droite à la Une du service public, en toute « décomplexion ». L’obsession est telle, et le niveau de contradiction tellement inexistant que le 2 octobre, sur le plateau de « On est en direct », l’aplomb de Léa Salamé face à Jean-Luc Mélenchon (à propos de son débat avec Éric Zemmour sur BFM-TV) laisse sans voix : « Est-ce que vous ne le crédibilisez pas, alors qu’il n’est même pas candidat encore ? »

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.

BFM-TV : Zemmour-mania

Sans doute faut-il isoler, au cœur de cette déferlante médiatique, une date clé. A fortiori quand elle révèle l’humour des rédactions parisiennes. Le 9 septembre entrait en effet en application la décision du CSA de décompter le temps de parole d’Éric Zemmour. Et tout naturellement, le 9 septembre fut aussi le jour où la couverture médiatique d’Éric Zemmour a littéralement… décollé. Du moins sur les chaînes d’info. À titre indicatif, ce 9 septembre donc, BFM-TV a littéralement organisé sa grille autour de Zemmour, exception faite d’une édition spéciale de plusieurs heures consacrée aux obsèques de Jean-Paul Belmondo. Temps de parole décompté ? Qu’à cela ne tienne ! En plus de faire majoritairement réagir le Rassemblement national à cette information, BFM-TV donnera la parole aux soutiens de Zemmour, membres de groupuscules fascisants qui, jusque-là marginalisés, s’en trouveront légitimés. Déroulé :

6h50 – Édito de Matthieu Croissandeau, « Zemmour : son temps de parole décompté »

8h30 – Louis Aliot (RN) est l’invité de Jean-Jacques Bourdin ; plusieurs questions portent sur Zemmour.

10h30 – « Le Pen, nouveau programme, nouvelle affiche ». Sébastien Chenu (RN) est invité et il est question de Zemmour.

11h40 – « Pourquoi décompter le temps de parole d’Éric Zemmour ? – BFM-TV répond à vos questions. »

12h00 dans « Le Dej’Info » – Deux des sujets évoqués : « Le temps de parole d’Éric Zemmour sera désormais décompté aussi bien sur la radio que sur la télévision » et « Le Pen serait victime de l’”effet Zemmour” ? »

[Tunnel Belmondo en édition spéciale]

18h00 dans « BFM Story » – « Le livre d’Éric Zemmour, un programme ? » avec Stanislas Rigault, porte-parole de « Génération Z » (groupe de soutien).

19h00 dans « Calvi 3D » : « Zemmour : le livre d’un candidat ? » avec son ancien confrère, Carl Meeus, rédacteur en chef au Figaro Magazine mais également Antoine Diers, porte-parole de l’association des « Amis d’Éric Zemmour » et Philippe Juvin (LR). L’invité principal est ensuite… Michel Onfray.

20h00 dans « Polonews » – Le « Retour sur actu » pose la question suivante : « Qui doit vraiment craindre Éric Zemmour ? » Et Natacha Polony en débat notamment avec Geoffroy Lejeune de Valeurs actuelles.

21h00 dans « BFM-TV News » : Le sujet « Zemmour : le livre d’un futur candidat ? » est évoqué avec le président de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel (PS).

22h00 dans « 22h max » : On discute du sujet « CSA : Zemmour accuse le gouvernement » et l’invité principal est Samuel Lafont, soutien d’Éric Zemmour.

Ajoutons à ce tableau de chasse la parution de cinq articles sur le site de BFM-TV (toujours le 9 septembre seulement), allant du compte rendu d’un « off » de Zemmour à propos de son déjeuner avec Xavier Bertrand jusqu’à l’exégèse d’un passage de son dernier opus : « Dans son nouveau livre, Zemmour estime que Macron est un “Hollande en mieux vêtu” » [7]. Ou comment racler plus encore le caniveau.

Une ligne éditoriale que BFM-TV n’a pas délaissée depuis si l’on se reporte aux chroniques de Samuel Gontier parues dans Télérama, détaillant par le menu « la rentrée des chaînes d’info : à (l’extrême) droite toute » (6/09) et le rôle tout particulier de BFM-TV, en « campagne pour [l]a campagne » d’Éric Zemmour [8]. Des chaînes d’info qui persistent à faire du moindre tweet ou vidéo d’Éric Zemmour une « actualité », justifiant leur propre incurie éditoriale par un tour de passe-passe devenu classique : « Zemmour s’invite dans le débat ». Pas autant que ne l’y invitent… les rédactions.





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Sur C8 : « TPMP » et Cyril Hanouna en attachés de presse de Zemmour

Nous souhaitions terminer ce modeste palmarès en beauté, avec le cas de l’émission « Touche pas à mon poste » (tous les soirs sur C8, chaîne Bolloré, ancien employeur d’Éric Zemmour). Du 9 au 30 septembre, soit 16 jours hors week-end, Cyril Hanouna a consacré tous les soirs au moins un sujet à Éric Zemmour (à l’exception du 16 et du 30 septembre). Ce dernier est d’ailleurs intervenu en duplex à deux reprises, suppléé le reste du temps par ses acolytes. Et c’est un festival, dont nous réservons l’épreuve aux lecteurs des annexes (le détail des sujets figure en annexe 2). En attendant, une compilation des sondages Twitter, générés à la chaîne par la machine Hanouna, permet de se faire une petite idée de la tonalité des émissions…





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Il y a tout juste deux ans, le 30 septembre 2019 face à François Hollande, Léa Salamé mentionnait le principe de « la liberté d’expression » pour justifier une précédente séquence de surexposition médiatique consacrée à Éric Zemmour. Il « représente un certain courant de pensée qui existe aujourd’hui » affirmait-elle, avant de poser l’éternelle question à François Hollande qui tempérait : « Donc il faut interdire ? » Depuis la fin des années 1990, soit plus de deux décennies, les journalistes n’ont cessé d’entretenir cette (fausse) question à mesure qu’ils concouraient à banaliser l’extrême droite, et à mesure que les rédactions ne se contentaient pas d’inviter (massivement) Zemmour sur des plateaux en forme de passe-plat, mais lui confiaient des tribunes et le plaçaient aux avant-postes d’émissions hebdomadaires, puis quotidiennes.

« Interdire » ? Éric Zemmour a-t-il passé un contrat divin avec les médias ? Mais qui se prendrait à penser que les rédactions « interdisent » toutes les « personnalités » qu’elles se contentent de ne jamais inviter ou même mentionner sur leur temps d’antenne ? Parce qu’elles ne connaissent tout simplement pas leur existence (médiatique), ou parce que ces dernières ne font pas partie de leurs « carnets d’adresses », et ce pour de multiples raisons, par exemple idéologiques ? Car la liste serait longue de ces auteurs, chercheurs, intellectuels, essayistes, militants, syndicalistes, etc. représentant « un certain courant de pensée qui existe aujourd’hui » dans la société et le monde intellectuel et qui, au mépris quotidien de la « liberté d’expression », n’ont jamais eu le moindre micro tendu dans une matinale – ni nulle part ailleurs. Suivant ce raisonnement, qui penserait à se demander si tel ou tel journaliste sont des « censeurs » en chef… à moins de ne pas poser la question en ces termes ?

Le fait est – et il est têtu – que les médias ont construit et figé le capital médiatique d’Éric Zemmour, à mesure que ce dernier polarisait, partout, ce qui ne relève ni plus ni moins… que de choix éditoriaux. À sens unique. Objet de convoitise devenu au fil des années un levier du média-business, Zemmour (et consorts) ne posent désormais plus aucun problème aux chefferies médiatiques, qui semblent avoir, et depuis longtemps, répondu à ce que Léa Salamé feignait à l’époque de qualifier comme un dilemme : « Si on ne les invite pas, on les fait monter, si on les invite, on les fait monter, c’est piégeux dans les deux cas. » Dilemme que tranchaient d’ailleurs la matinalière elle-même deux jours plus tard, en accueillant… Jean-Marie Le Pen, pour une conversation en toute « décomplexion » autour de ses Mémoires (2 octobre 2019).

Et l’on peut dire que deux ans plus tard, alors qu’Éric Zemmour n’est même pas candidat à la présidentielle, Léa Salamé (et tant d’autres avec elle) ne voit toujours pas l’éléphant dans la pièce, et récidive à l’identique : avec Zemmour, « là, il y a des sondages et une dynamique ! […] C’est la faute des médias si Zemmour a la dynamique ? » La question était posée le 29 septembre… à Jordan Bardella, du Rassemblement national.

À suivre.

Pauline Perrenot

Annexes

Annexe 1 : Liste des questions posées par Nicolas Demorand et Léa Salamé à propos de Zemmour dans la matinale de France Inter (6 septembre – 30 septembre)

8/09 face à Gérald Darmanin

(Léa Salamé) : La question courte de Patrick sur l’appli France Inter : Éric Zemmour ferait-il un bon président de la République ?

(L. S.) : Éric Zemmour pense qu’en 2050, la France sera à moitié islamique et qu’en 2100, on sera une République islamique, vous répondez quoi à ça ? Sur le fond ?

(L. S.) : Sur ce qu’il agite, sur sa théorie du grand remplacement, vous répondez quoi sur le fond si vous l’aviez en face de vous et qu’il vous disait dans 100 ans, on sera une République islamique ? Répondez sur ça. C’est faux ? Vous ne dites pas c’est faux ?

15/09 face à Alain Finkielkraut

(Nicolas Demorand) : Comment voyez-vous l’épopée médiatique de la rentrée ? Celle d’Éric Zemmour, cela vous fait-il sourire, peur ? Vous portez quel regard sur ça ?

16/09 face à Alain Minc

(L. S.) : Je voulais vous faire parler […] de ce début de campagne présidentielle, […] avec la multiplication des candidatures à droite et à gauche, avec l’arrivée du perturbateur Zemmour. Vous avez d’ailleurs écrit dans Le Figaro Magazine « Zemmour ou le refus de la complexité française ». C’était votre réponse à Zemmour, qui impose quand même ses thèmes de campagne clivants : retour de la peine de mort, interdiction des prénoms étrangers. Tout cela contribue-t-il à offrir à Emmanuel Macron une victoire assurée ?

16/09 face à Christiane Taubira

(N. D.) : Un mot, en cette rentrée, ça n’a pas dû vous échapper, l’espace politique et médiatique est saturé par Éric Zemmour qui se dit philosophiquement favorable à la peine de mort et qui veut par ailleurs interdire les prénoms étrangers en réactivant une vieille loi qui date de Napoléon : fini Mohammed, Kevin ou Jordan. Qu’est-ce que ça vous inspire ?

[Christiane Taubira répond dans un premier temps qu’elle ne veut pas accorder de crédit à ce personnage]

(L. S.) : Il est donné à 10% dans les sondages. Ça vous étonne ?

21/09 face à Geoffroy Roux de Bézieux

(L. S.) : Comment vous jugez les débats de ce début de campagne, notamment sur l’immigration où de plus en plus de voix appellent à une immigration zéro, et pas seulement Éric Zemmour. Quand vous entendez Michel Barnier qui est pour un moratoire sur l’immigration, qu’est-ce que le président du Medef dit à ça ?

22/09 à l’écrivaine Nina Bouraoui

(L. S.) : Je sais que vous suivez l’actualité, comment vous jugez ce début de campagne présidentielle en France, où les débats se radicalisent autour de l’identité, de l’immigration, des prénoms aussi ?

22/09 face à Christian Jacob

(L. S.) : Éric Zemmour dit clairement : « Mon camp idéologique, c’est le RPR. » Est-ce qu’il a le droit de se présenter à la primaire ?

(L. S.) : Vous n’êtes pas en train de perdre votre temps à faire votre congrès, vos enquêtes du Cevipof sur 15 000 adhérents ? Pendant ce temps, Éric Zemmour, non déclaré, ne cesse de monter dans les sondages : il talonne désormais Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, n’êtes-vous pas en train de lui laisser un immense espace en ne désignant pas très vite votre candidat ?

(L. S.) : Vous ne voyez pas qu’il est en train de détruire et qu’il veut détruire la droite ?

(L. S.) : Pour vous c’est une bulle médiatique et rien d’autre Zemmour ?

23/09 face à Gabriel Attal

(Yaël Goosz) : S’il y a bien un déplacement que vous ne ferez pas, c’est bien celui-là : la Hongrie, Budapest où son dirigeant Viktor Orban organise un grand sommet démographique avec beaucoup de dirigeants souverainistes. On y croisera Marion Maréchal Le Pen, Éric Zemmour, est-ce que ça c’est la grande confrontation idéologique qui attend Emmanuel Macron l’an prochain ?

27/09 face à Michel Barnier, qui pose la question du respect du temps des processus représentatifs à l’intérieur des partis (et en l’occurrence chez LR)

(L. S.) : Oui sauf qu’il y a une nouvelle donne si j’ose dire, qui s’appelle Éric Zemmour, qui est à 10 ou 11% dans les sondages, qui bénéficie en ce moment d’une dynamique et qui ne cache pas qu’il veut dynamiter la droite. La vôtre, celle du RPR dont il se revendique et dont il dit : « c’est moi le candidat naturel de cette droite-là. » Vous lui répondez quoi ?

(L. S.) : Il est de plus en plus acteur, j’entends cette phrase-là tout le temps, « ce n’est qu’un commentateur », enfin vous voyez bien quand même…

(N. D.) : En proposant de mettre en place un moratoire sur l’immigration extra-européenne pour une durée de trois ans, est-ce que vous ne faites pas du zemmourisme light ?

28/09 face à Jordan Bardella

(N. D.) : Dans les enquêtes d’opinion il y a un mois, Marine Le Pen était assurée d’être au second tour, elle était même donnée en tête du premier. Depuis, les choses se compliquent : selon un sondage Harris Interactive pour Challenges, Marine Le Pen passe en un mois (fin août, fin septembre) de 26% à 18% d’intentions de votes, talonnée par Éric Zemmour à 11%, derrière Emmanuel Macron à 23%. Odoxa, autre institut, va dans le même sens donnant Emmanuel Macron entre 25 et 26, Marine Le Pen 20-21 ,Éric Zemmour à 10. Question simple Jordan Bardella : craignez-vous que la surprise de cette présidentielle soit que Marine Le Pen n’atteigne pas le second tour ?

(L. S.) : Sauf que la dynamique, elle est chez [Éric Zemmour] et elle n’est pas chez vous. Vous pensez que les courbes ne vont pas se croiser mais certains disent que dans un mois, Zemmour est devant Marine Le Pen.

(L. S.) : Il pose des mots sur votre candidate. Le 12 septembre sur France 2, il déclarait : « Marine Le Pen ne gagnera jamais, vous avez vu son débat il y a quatre ans, elle est mauvaise, elle n’a pas progressé depuis, je pense que les Français s’en sont rendu compte ». Les mots sont durs, il attaque Marine Le Pen, il dit qu’elle n’est pas bonne, tout simplement.

(L. S.) : Lui il dit : « voter Le Pen, c’est voter Macron ». [Ce sont des éléments de langage]. Oui mais qui fonctionnent, qui prennent et qui impriment.

(N. D.) : Marion Maréchal refuse de dire si elle soutiendra sa tante Marine Le Pen ou le polémiste, est-ce que vous lui demandez ce matin une clarification ?

(L. S.) : C’est la faute des médias si Zemmour a la dynamique ? Non, pas le moins du monde…

(L. S.) : Là il y a des sondages et une dynamique !

(N. D.), à partir d’une citation d’Arno Humbert (soutien d’Éric Zemmour, webmestre du site de campagne « Les amis d’Éric Zemmour », ce qu’il ne précise pas) : Une question tout de même pour savoir si vous balayez devant votre porte ou si vous faites des examens de conscience : Arno Humbert, délégué départemental des Deux-Sèvres, 14 ans de FN dit au Monde : « On nous a interdit d’aller à La Manif pour tous, puis de soutenir Génération identitaire. Marine Le Pen dit que le “grand remplacement” est complotiste, que l’islam est compatible avec la République, qu’elle ne sortira pas de Schengen ni de la Convention européenne des droits de l’Homme… C’est une gauchiste qui a grandi dans un château et hérité de la succursale Le Pen. » Est-ce que à force de… [coupé]

(L. S.) : Vous voyez bien la critique de fond ! La critique de fond, c’est : à force de vouloir banaliser votre discours, n’êtes-vous pas devenu banal ?

(N. D.) : Une question rapide de Nicolas sur l’application Inter, que pense Zemmour de votre prénom ?

(L. S.) : Le prénom n’est pas un facteur d’intégration et d’assimilation comme dit Éric Zemmour ?

(L. S.) : On peut bannir les Mohammed, mais pas les Kevin et les Jordan, c’est ce que vous dites ?

(L. S.) : Et sur la peine de mort ?

29/09 face à Johann Chapoutot

(L. S.) : On en vient aujourd’hui à l’idéologie la plus à la mode en cette rentrée : le déclinisme, pendant à vos yeux du messianisme […]. Le décliniste en chef, il s’appelle Éric Zemmour, dont vous critiquez je cite, « les textes hâtifs, brouillons et bien mal écrits ». Comment expliquez-vous que son discours décliniste résonne autant aujourd’hui ? Pourquoi ça marche aujourd’hui ?

(L. S.) : Il y a son discours sur Vichy, Pétain et les Juifs, qu’est-ce que vous pensez de cette théorie ? […] Ça s’appelle du révisionnisme ?

30/09 face à Christophe Castaner

(L. S.) : Le 11 septembre dernier, vous disiez à L’Express : « politiquement, Éric Zemmour n’est rien ». Aujourd’hui qu’il est donné entre 10 et 13% vous dites toujours ce matin « politiquement Éric Zemmour n’est rien » ?

Annexe 2 : Détail des sujets consacrés à Éric Zemmour dans « Touche pas à mon poste » du 6 au 30 septembre

– 9/09 : « Hier, le CSA a décidé de demander aux médias audiovisuels de décompter les interventions d’Éric Zemmour, possible candidat aux élections présidentielles de 2022. Ce soir, Éric Zemmour réagira sur le sujet en exclusivité dans TPMP. » Christine Kelly, l’animatrice de l’ancienne émission de Zemmour sur CNews, est également en plateau.

– 10/09 : Un retour sur le sondage publié est abordé.

– 13/09 : « Le retrait d’Éric Zemmour sur CNews, son interview chez Laurent Ruquier, son avenir… Ce soir : Éric Naulleau, Christine Kelly, Yann Moix et Memona Hintermann [ancienne journaliste membre du CSA] reviendront sur cette actualité chargée. Et en exclusivité : Éric Zemmour réagira et nous dira tout sur son avenir ! »

– 14/09 : « Après sa suspension de l’antenne de CNews, les partisans d’Éric Zemmour ont organisé une manifestation devant le CSA ce mardi. Soutenez-vous cette démarche ? Débat ce soir avec Antoine Diers, porte-parole des “Amis d’Eric Zemmour” et l’un des initiateurs de la manifestation. »

– 15/09 : L’émission revient sur l’interview de Zemmour chez Jean-Jacques Bourdin (BFM-TV) le matin même.

– 17/09 : « Arrêt de son émission, polémique sur les prénoms… La possible candidature d’Éric Zemmour à la présidentielle fait beaucoup parler ! Ce soir et pour la première fois, un maire va expliquer pourquoi il compte soutenir Éric Zemmour pour l’élection présidentielle ! »

– 20/09 : « Zemmour peut-il être président ? Booba face à Antoine Diers, porte-parole de l’association des “Amis d’Éric Zemmour” puis face à Jean Messiha.

– 21/09 : « Ses motivations, ses craintes, ses reproches… Ce soir, et en exclusivité dans TPMP, Jean-Luc Mélenchon nous expliquera pourquoi il a décidé d’affronter Éric Zemmour en vue de 2022. »

– 22/09 : « Demain sortira un nouveau numéro de Paris Match montrant Éric Zemmour accompagné de sa “très proche conseillère”. Cette Une peut-elle détruire ses ambitions présidentielles ? Analyse avec Manuel Valls, Sebastien Valiela, Éric Naulleau et Avi Bitton. »

– 23/09 : « Suite à la Une de Paris Match montrant Éric Zemmour proche de sa conseillère, Éric Naulleau a vivement réagi dans TPMP. Il s’en est pris au paparazzi Sébastien Valiela, assurant qu’il exerçait “un métier de merde”. A-t-il été trop loin ? Débat dans le “Quart d’heure sans filtre” ! »

– 24/09 : « Au lendemain de son débat face à Éric Zemmour, Jean-Luc Mélenchon sera ce soir en exclusivité dans TPMP pour réagir à ce face-à-face légendaire ! Clashs, attaques, coulisses… J-L. Mélenchon répondra à toutes les questions de l’équipe ! » En plateau également : Guillaume Bigot, éditorialiste de CNews (auteur de « Sandrine Rousseau, une Greta Thunberg ménopausée », mais aussi Bahia-Clara, fan d’Éric Zemmour et Alexis Corbière (LFI).

– 27/09 : « Aujourd’hui, Éric Zemmour aurait été agressé et menacé de mort. Doit-il être protégé davantage ? Pour en parler nous recevrons : Mehdi. En 2020, il a été condamné pour avoir agressé le polémiste en pleine rue. Stanislas Rigault, président de “Génération Z”. »

– 28/09 : Alors qu’Éric Zemmour ne cesse de monter dans les sondages, certains maires ont décidé de boycotter le polémiste dans leur ville ! C’est le cas de Tristan Duval, maire de Cabourg, qui a annulé la venue d’Éric Zemmour pour son festival du livre ! » Face à Jean Messiha.

– 29/09 : « Au moins 13% pour Éric Zemmour selon les derniers sondages : est-il en train d’exploser la droite ? » Avec le communiquant Florian Silnicki, Stéphane Durbec, ancien collaborateur de Jean-Marie Le Pen qui explique pourquoi il va soutenir Éric Zemmour et Matthieu Louves, membre des Républicains, explique les raisons pour lesquelles il compte soutenir Éric Zemmour.




Source: Acrimed.org