Octobre 29, 2021
Par Rapports De Force
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« Inonder la zone de merde ! » La formule n’est pas de l’ex-journaliste du Figaro ou de son équipe de campagne agissant en coulisse pour propulser sa candidature. Elle est de Steve Bannon, l’ancien stratège en chef de la première campagne électorale de Donald Trump, et tête de pont de l’Alt-Right américaine (extrême droite). En moins imagé : être la voix la plus scandaleuse pour être au centre de l’attention médiatique et des débats politiques.

Et cela marche. À coup de provocation et de polémiques, Éric Zemmour a fait son nid dans le cirque médiatique. À tel point, qu’en septembre 2021, il a bénéficié d’une couverture totalement disproportionnée selon une comptabilisation détaillée par Acrimed : 4 167 mentions de son nom dans la presse française (139 fois par jour). Mais aussi, 11 heures d’antenne sur la même période, contre deux pour Anne Hidalgo et une pour Marine Le Pen, selon un journaliste français cité dans un article du journal américain The Atlantic. Un grand média qui explique que les journalistes français tombent dans le même piège que leurs homologues d’outre-Atlantique cinq ans plus tôt.

Les provocations, les scandales et polémiques lancées par Éric Zemmour servent de flot d’information permanent, le fameux « inonder la zone de merde » cher à Steve Bannon. La stratégie utilisée par Donald Trump pendant son ascension, puis pendant son mandat présidentiel à coup de tweets scandaleux. Même une mauvaise couverture sert à installer dans le paysage le non encore candidat à la présidentielle, et les sujets de l’extrême droite. Ici, les journalistes et des médias de masse qui courent après le buzz et des Unes lucratives portent une responsabilité majeure. Non seulement ils participent à une normalisation des opinions les plus nauséabondes, mais ils poussent également le reste de la classe politique à la surenchère pour attirer la lumière. Et il n’est pas besoin de la pousser beaucoup en période électorale.

Cette omniprésence zemmourienne est amplifiée sur les réseaux sociaux. Le « inonder la zone de merde » se démocratise jusqu’à atteindre le citoyen lambda. Éric Zemmour dit quelque chose d’horrible, tout le monde en parle. Éric Zemmour fait quelque chose de scandaleux, tout un chacun y va de son tweet ou de son commentaire. Et la merde s’étale, saturant et submergeant tout l’espace public. Pendant ce temps, les questions sociales, jamais complètement éteintes depuis les gilets jaunes, s’effacent peu à peu. Et la question urgente d’agir contre le dérèglement climatique ne fait que peu débat.

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Source: Rapportsdeforce.fr