Mars 25, 2023
Par Manif Est
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C’est bientĂŽt la foire Ă  Nancy, alors la place Carnot est occupĂ©e par des manĂšges. C’est pas grave ! Nous, on a commencĂ© la fĂȘte place de la CarriĂšre ! Noire de monde dĂšs 14h, elle Ă©tait belle la place : joyeuse, pleine de rires, de colĂšre et de pancartes drĂŽles et dĂ©terminĂ©es.

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Faut dire que Macron nous avait bien mis la haine la veille dans son allocution arrogante. Combien on Ă©tait ? 40 000 d’aprĂšs l’intersyndicale ? 10 000 d’aprĂšs le journal local, qui a dĂ©cidĂ©ment choisi son camp, celui des flics (qui semblaient plus proches des 20 000) ? Au moins 30 000 d’aprĂšs nous. Mais peu importe ! C’était colossal !

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La colĂšre contre Macron est telle que le cortĂšge de tĂȘte autonome qui s’est formĂ© immĂ©diatement pour partir par la place Saint-Epvre Ă©tait lui aussi impressionnant ; au moins mille personnes, et il n’a fait que grossir au cours de l’aprĂšs-midi, rejoint par des lycĂ©en.nes et Ă©tudiant.es plus dĂ©ter que jamais.

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Tandis que le cortĂšge syndical s’écoulait lent, interminable et suintant un ennui que les sonos avaient du mal Ă  masquer, l’autre cortĂšge fonçait Ă  travers le centre ville, semant bonne humeur, chansons et slogans radicaux. Çà et lĂ , des combustions spontanĂ©es de poubelles ou de cartons Ă©clairaient le parcours. Un abribus explosait de joie rue des Carmes tandis que des automobilistes en SUV flambants neufs faisaient ronfler leur moteur, agitaient dĂ©sespĂ©rĂ©ment des doigts tendus. Bonjour chez vous, les gars đŸ˜‰

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RĂ©guliĂšrement, l’immense et lent dĂ©filĂ© de l’intersyndicale se voyait frĂŽlĂ© par l’autre cortĂšge et, malgrĂ© les jĂ©rĂ©miades de quelques vieilles badernes qui s’improvisaient chiens de troupeau, aboyant aprĂšs de prĂ©tendu.es « casseur.ses Â», des manifestant.es dĂ©sertaient vers le cortĂšge joyeux. L’immense majoritĂ© des manifestant.es du cortĂšge syndical observaient l’autre cortĂšge d’un bon Ɠil, persuadĂ©.es qu’il y a de la place pour tout le monde, et que chacun.e peut et doit agir selon ses moyens et ses choix.

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Évidemment, dans une belle fĂȘte comme ça, il y a toujours des relou.es pour tout gĂącher. Quelques dizaines de gugusses casquĂ©s, armĂ©s, assistĂ©s d’une vingtaine de crĂąnes rasĂ©s avec des oreillettes branchĂ©es sur la prĂ©fecture, ont dĂ©cidĂ© de faire parler leur goĂ»t pour la violence. Encore une belle manif abĂźmĂ©e par les casseurs en uniforme, sans compter les mouchard.es : les peu discret.es, payĂ©.es pour aller faire copain-copine avec les syndicalistes afin de mettre Ă  jour leurs infos et leurs fiches, mais aussi les « bons citoyens Â» qui filment le cortĂšge de tĂȘte, bien planquĂ©s derriĂšre la vitrine d’un salon de coiffure, puis qui s’empressent d’aller chercher les cognes pour leur montrer leurs vidĂ©os sur leur smartphone. On vous a reconnus, les poukaves !

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Enfin, vers 17 h, des milliers de personnes ont convergĂ© place Stan dans deux cortĂšges, devenus mĂȘme trois Ă  un moment. On avait parlĂ© d’une AG, beaucoup de gens s’attardaient, heureux.ses d’ĂȘtre ensemble pour jouir de ce moment oĂč on se sent fort.es, de ces moments oĂč on refait le plein de confiance, et oĂč on rĂȘve Ă  la suite. Et puis, tout Ă  coup, la violence, bestiale, aveugle. Des dizaines de grenades lancĂ©es par les flics. La place noyĂ©e sous les gaz. Mais en face, pas de dĂ©bandade : un repli vers la place de la CarriĂšre puis le retour vers la place Stan, qui est Ă  qui ? Ă  nous, Ă  nous, Ă  nous ! Et deux fois, trois fois, on y est retournĂ©.es. La BAC en a profitĂ© pour se jeter au hasard sur des personnes isolĂ©es, violemment, avec une arrogance qui est sa marque de fabrique. On parle mĂȘme d’une des personnes interpellĂ©es Ă©vacuĂ©e la tĂȘte en sang. Et puis le bouquet final : une charge de brutes sous l’Arc HĂ©rĂ©, puis un dĂ©luge de lacrymos place de la CarriĂšre. Encore quelques slogans et on s’est dispersĂ©.es… en mini manifs sauvages.

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À ce rythme-lĂ , les flics ne tiendront pas longtemps. Nous sommes des dizaines de milliers, nous prenons conscience collectivement de notre force. On ne veut pas de cette rĂ©forme, on ne veut pas de cette sociĂ©tĂ©. Encore un effort, camarades ! La victoire est possible, elle est lĂ  : allez, on y retourne. Tous les jours, partout, tout le temps : le Zbeul contre Macron et son monde !

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Source: Manif-est.info