Juillet 9, 2021
Par Zone À Défendre
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Au cours de la nuit du 5 au 6 juillet, pendant que se déroulait une assemblée des usages, des personnes se sont rendues sur le site des
planchettes, ont scié profondément les poteaux de la charpente de l’école des tritons [1] et tenté d’y mettre le feu avec de l’essence. Elles
ont aussi lacéré à coups de cutter les habitats légers des habitant.es du lieu et les barnums qui s’y trouvaient. Les départs de feu ont
heureusement été arrêtés. Le site des planchettes fait partie des reconstructions de lieu expulsés par l’Etat en 2012 et en 2018. Il s’y
trouve dorénavant un projet de commun porté par le mouvement – “l’école des tritons”- directement relié à l’histoire des naturalistes en lutte,
ainsi qu’un habitat collectif. A l’occasion des 3 ans de l’abandon du projet d’aéroport le 17 janvier dernier, nous nous étions rassemblées à
plusieurs centaines sur ce site pour le lever de la charpente de cette espace de rencontre [2], d’organisation et d’échanges de savoir consacré à
la défense du vivant. Depuis, le lieu de vie et l’espace commun continuent à prendre forme, avec récemment 15 jours de chantiers
collectifs auxquels ont participé des dizaines de personnes. Ce qui s’est passé la nuit dernière et la tentative de destruction de la charpente
autant que la lacération d’habitats déjà précaires est à la fois grave et consternant.

Alors que nous reconstruisons pas à pas, ce n’est cette fois pas l’État qui a encore tenté de détruire des infrastructures communes et habitats
de la zad, mais bien plus probablement des individus animés par de mauvaises fables politiques. Il y a 2 ans, le tractopelle qui servait à
réaliser les travaux sur les différents lieux de vie a été incendié. Des véhicules l’ont aussi été juste devant des maisons alors que leurs
habitants dormaient. L’an dernier, des personnes sont venues incendier le hangar de l’avenir et celui-ci aurait pu être détruit complètement,
si une personne n’avait pas vu le départ de feu en se réveillant. Récemment, le déboulonnage volontaire d’une roue sur un tracteur aurait
pu entraîner un accident grave et blesser ou tuer n’importe qui se trouvant sur le chemin du véhicule lors de la chute de la roue.

Nous sommes toujours profondément affligés, après avoir défendu la zad pendant des années face à Vinci et à l’État, d’avoir à le faire
aujourd’hui face au nihilisme de certains individus. Nous sommes atterrés par la complaisance de certain.es [3] à alimenter de loin des
fictions politiques haineuses sur la zad et les appels à la “brûler”, avec toutes les conséquences dramatiques que cela peut avoir ici comme
dans d’autres combats. Nous sommes conscient.es que la zad est un espace qui a incarné une telle somme d’espoir et de choix difficiles qu’elle
a pu aussi engendrer des déceptions et douleurs. Mais c’est une nouvelle fois tristement se tromper d’ennemis que de cultiver la haine et
s’enfoncer dans le ressentiment vis a vis de celleux qui se sont battues par divers biais pour que la zad ne se fasse pas purement écraser en
2018, qui ont tout fait pour qu’un maximum de lieux, dans toute leur diversité, soient préservés face aux tanks, et qui n’ont cessé de
résister depuis 3 ans pour que ce territoire toujours sous pression continue à maintenir des formes d’autonomie et déborde de part et
d’autres. Nous voulons pouvoir nous consacrer à nous battre contre les institutions et corporations qui bousillent la terre et enchaînent les
vies plutôt que de devoir se protéger de personnes qui dédient leur énergie à s’attaquer lâchement aux rares possibilités de communautés
ouvertes et de luttes durables dans une période où l’horizon s’assombrit…

Nous appelons les multiples personnes et collectifs avec qui nous nous sommes liés dans ce combat et pour qui ce qui se construit aujourd’hui
sur la zad est toujours porteur d’espoir à la plus grande attention et au soutien. Nous savons pouvoir nous appuyer sur la force et les
solidarités offertes par l’existence d’un mouvement encore bien vivant et sur lequel compter pour réagir dans les moments d’épreuve.
Ces nouvelles attaques ne nous empêcheront en rien de de continuer à construire un monde désirable sur la zad et de contribuer à
lutter pour ailleurs.

Des habitant.e.s de la zad réuni.e.s aux planchettes







Source: Zad.nadir.org