Tentative de Vulgarisation de l’Anarchisme est une série d’essai visant à expliquer les bases de ce courant politique et philosophique et les rendre accessible en élaborant de courts textes sur différents sujets groupés en thèmes. L’ensemble des textes peuvent être retrouvés au moyen du libellé “vulgarisation” et des noms des thèmes abordés. 


***Rappel: Ces essais visant à dresser un tableau large et accessible, leur contenu n’engage en rien le Collectif Emma Goldman ni ses positions ni ses membres.***

Sans gouvernement, pas de loi. Les Anarchistes veulent abolir les deux. Les gens pour qui loi et règlement sont interdépendants peinent à imaginer une telle chose possible, et pourtant, l’organisation d’une société peut très bien passer par des concepts tout à fait autres. 



Les lois : un outil de la classe dominante
            L’anarchisme est un courant antiautoritaire, opposé à toute forme de pouvoir exercé par les institutions sur les individus. Ceux qui se veulent les détracteurs de l’anarchisme y vont d’ailleurs de cette idée absurde selon laquelle l’anarchisme consiste en la loi du plus fort et au chaos étant donné l’absence de gouvernement. Ces gens semblent s’appuyer sur l’idée que les humains sont incapables de se gérer eux-mêmes et ne comprennent donc pas les anarchistes lorsque ces derniers et dernières parlent d’abolir les lois.
            Mais les lois sont des créations humaines. En quoi la création d’humains, surtout des créations qu’il devient par la suite interdit de contredire, pourrait être plus efficace à gérer les personnes que les personnes elles-mêmes, par démocratie directe et création du consensus? Les lois sont en effet innombrables, difficiles à comprendre par la majorité de la population (ainsi que par les forces de l’ordre sensées les faire respecter), sont extrêmement inflexibles et ne servent au final qu’à punir celles et ceux qui les enfreignent. Et à quoi servent-elles, ces lois? Principalement à trois choses :
            Protéger le gouvernement : La première chose que font les lois, c’est de se justifier elles-mêmes et de déclarer, de façon dictatoriale, que les dirigeants ont le droit d’utiliser la force pour se protéger eux-mêmes par le monopole de la violence. L’État invente alors toujours plus de nouvelles lois pour empêcher les protestations contre ses décisions, manifestations et autres rassemblements, et utilise la violence policière pour ne pas avoir à rendre de comptes.
            Protéger la propriété privée : Les lois défendent ensuite le droit de la classe dominante à contrôler le travail des travailleurs et travailleuses en affirmant, par pétition de principe, que d’avoir accès à la propriété privée est un droit. Par cette même fonction, la loi empêche les pauvres de voler pour ne pas mourir de faim, mais permet aux riches de posséder des épiceries pleines et laisser les pauvres mourir de faim.
            Protéger la population : Plus un prétexte qu’une vrai mission, la loi se justifie d’elle-même en prétextant qu’elle est créée pour empêcher les conflits et protéger la population. Toutefois, elle est incapable d’empêcher les pauvres de mourir de faim, les riches de flouer les premiers et est elle-même violente envers les personnes qui tentent d’améliorer leur sort. Incapable de prévenir la criminalité, elle n’est en mesure que de punir les fautifs, ce qui n’est pas une protection adéquate.
            Pour réduire la criminalité, il est impératif d’avoir une bonne égalité sociale. Or, en protégeant la propriété des plus riches, les lois maintiennent les inégalités et donc font en sorte que les crimes continuent. Il ne s’agit pas simplement de règles. Les règles peuvent être établies par des personnes égales, comme une entente, alors que les lois sont établies depuis longtemps, ne peuvent simplement être renégociées par les personnes normales entre elles et passent par les personnes au pouvoir qui bénéficient d’elles, et utilisent la violence pour les imposer.

            Les lois sont, au final, non seulement inutiles, elles sont profondément nuisibles. Les Anarchistes ne sont pas contre les règles et se créent leurs propres règles, mais sont contre les lois pour les raisons évoquées ici.


Texte précédent dans la série: Fédéralisme Libertaire
Prochain texte à paraître: Le système de justice et la coercition.
Lundi prochain le 4 Avril