Tentative de Vulgarisation de l’Anarchisme est une série d’essai visant à expliquer les bases de ce courant politique et philosophique et les rendre accessible en élaborant de courts textes sur différents sujets groupés en thèmes. L’ensemble des textes peuvent être retrouvés au moyen du libellé “vulgarisation” et des noms des thèmes abordés. 


***Rappel: Ces essais visant à dresser un tableau large et accessible, leur contenu n’engage en rien le Collectif Emma Goldman ni ses positions ni ses membres.***

Sans gouvernement, pas de loi. Les Anarchistes veulent abolir les deux, parce que les lois ne sont au final que des punitions et n’arrivent pas vraiment à protéger la population, bien au contraire. 


Le système de justice et la coercition
            L’anarchisme est un courant antiautoritaire, opposé à toute forme de pouvoir exercé par les institutions sur les individus, ou par les individus sur d’autres individus. Il est question d’abolir les lois, qui sont autoritaires, inflexibles, mal adaptées à toutes les situations et surtout, toujours à l’avantage des plus riches, par des règles de vie simples et flexibles ayant pour but de prévenir toutes les oppressions. En effet, la criminalité survient toujours en très forte majorité à cause de deux systèmes : La propriété privée et le patriarcat.
            En fermant l’accès de la majeure partie de la population aux moyens de production, la propriété privée crée la misère et les inégalités sociales qui poussent les personnes défavorisées à tomber dans la criminalité et les plus riches à être corrompus par leur pouvoir et procéder à d’innombrables fraudes. En établissant une position de domination du genre masculin sur les femmes, le patriarcat crée des situations où non seulement les femmes ne sont pas légalement égales aux hommes, mais crée également une culture où certaines violences des hommes envers les femmes sont tolérées. Or, les lois maintiennent ces deux systèmes d’oppression dont découle la très forte majorité des crimes.
            Le système de justice, pour sa part, n’a pas réellement pour objectif d’empêcher que des crimes soient commis, mais plutôt simplement de punir les crimes. Ce système n’est pas réellement conçu pour aider les victimes, mais seulement maintenir le statu quo. En ne s’intéressant pas réellement à l’élimination des conditions de prolifération du crime, il devient complètement inefficace dans ce qu’il prétend être créé pour faire. En ne « réparant » toujours les victimes qu’au moyen de montants d’argent versés lors de poursuites, la « justice » libérale démontre que les humains l’importent peu, seule leur propriété et leur productivité l’intéresse. Le système de justice est en fait un organe policier qui sert à officialiser la violence commise par les forces de l’ordre en punissant ses victimes. Il fait donc partie des appareils répressifs de l’état, des institutions de coercition. La coercition, c’est la façon de forcer les gens à obéir au moyen de contraintes physiques ou psychologiques, mais elles peuvent également se traduire par des contraintes économiques. Une contravention ou une peine en argent à donner, par exemple, peut drainer les ressources d’une personne qui peine déjà à payer son loyer et sa nourriture à chaque mois et la forcer à cesser toute activité qui pourrait contredire les décisions arbitraires des gouvernements. Qui plus, est, ces contraintes sont créatrices d’inégalités, puisqu’un riche subissant une contravention de 300$, par exemple, n’aurait aucune peine à essuyer ce déficit, alors que pour une personne vivant dans la précarité, ou n’ayant que peu de ressources financières, il peut s’agir littéralement d’un mois de loyer. La coercition est d’ailleurs toujours utilisée par les forces policières qui violentent et harcèlent les militantEs contre les décisions injustes des gouvernements et qui pourraient chercher, pour arriver à forcer le gouvernement à les écouter, à s’en prendre à des propriétés privées corporatives. Les grands cordons de policiers déployés devant les banques pour protéger ces dernières est évocateur de la fonction réelle de ceux-ci. 
Texte précédent dans la série: Les lois – un outil de la classe dominante
Prochain texte à paraître: Le monopole de la violence et la police
Lundi prochain le 11 Avril