Tentative de Vulgarisation de l’Anarchisme est une série d’essai visant à expliquer les bases de ce courant politique et philosophique et les rendre accessible en élaborant de courts textes sur différents sujets groupés en thèmes. L’ensemble des textes peuvent être retrouvés au moyen du libellé “vulgarisation” et des noms des thèmes abordés. 


***Rappel: Ces essais visant à dresser un tableau large et accessible, leur contenu n’engage en rien le Collectif Emma Goldman ni ses positions ni ses membres.***

Pour beaucoup de militant-e-s politiques, la volonté d’instaurer des mesures proches de leurs idéaux passe par l’espoir de voir un parti politique ou un autre être élu. Ce n’est pas le cas pour les anarchistes.

L’abstentionnisme comme choix politique valide
            En tant qu’anarchistes, nous voulons transformer la société. Certain-e-s poseront alors la question suivante : « Pourquoi ne pas alors tenter de prendre le pouvoir à l’aide d’un parti politique élu et utiliser ce dernier pour pousser nos volontés? ». La réponse à cela est multiple, mais plutôt simple à comprendre. Tout d’abord, un parti politique n’est que l’outil de la classe dominante. Pour accomplir ses mesures, un parti politique a besoin d’argent et doit donc s’allier à certaines entreprises capitalistes qui le financeront, et en retour administrer un État de façon à leur être favorable.  Un parti qui se voudrait « de gauche » sera incapable de gérer son État par manque d’argent et à cause de l’opposition des entreprises. Ce fait a d’ailleurs été démontré à de nombreuses reprises. Peu importe le vote, rien ne changera jamais si on se repose entièrement sur l’espoir d’être porté au gouvernement.
            En plus d’être inutile, le vote fait en sorte que l’on accepte que le gouvernement élu soit légitime, ce qui est impossible pour nous. Les gouvernements sont en effet toujours corrompus et incompétents en plus d’avoir un pouvoir sur les autres que nous refusons. En espérant (de façon naïve) remporter des élections avec un parti « de gauche », on se limite à dépenser des énergies dans des campagnes électorales inutiles et on s’empêche de créer immédiatement des espaces libres où il serait possible d’expérimenter notre modèle de vie idéal.
            Enfin, en prenant le pouvoir, il serait impossible de réellement développer une société horizontale et sans hiérarchie puisque toutes les mesures seraient imposées depuis le haut de la hiérarchie politique, ce qui est contraire aux idéaux d’égalité des anarchistes.
            Lorsque viennent les élections, l’abstentionnisme est le choix le plus cohérent qu’un-e anarchiste peut faire, bien que certaines conditions extraordinaires puissent l’amener à agir autrement pour sa sécurité et celle de ses camarades. Il s’agit d’une décision politique qui est prise à la suite de la réflexion qui a été faite ici et qui se base sur des faits observables. Il consiste non seulement à ne pas voter, mais également à promouvoir le fait de ne pas voter, puisqu’il est évident que le vote n’améliore jamais les conditions des opprimés. Les seules actions qui ont pu améliorer ces conditions en question, ce sont les grèves, les blocages économiques et l’ensemble des actions directes et des constructions de rapport de force contre l’État capitaliste. Les femmes n’ont pas obtenu le droit de vote en votant. Les personnes noires n’on pas obtenu leurs droits civiques en votant. Les syndicats étaient illégaux et réprimés par la police dès leur début. Ce n’est pas en votant que ces changements ont eu lieu. Et même lorsque le droit de vote était la demande, il s’agissait surtout d’obtenir la reconnaissance du statut de personne à part entière. Le non-vote non plus ne permet pas d’avancements significatifs, bien qu’il permette au moins de ne pas légitimer en acte le système électoral. L’abstentionnisme, c’est donc ne pas voter, mais c’est aussi agir politiquement dans la vie de tous les jours contre les gouvernements et le capitalisme.

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