Tentative de Vulgarisation de l’Anarchisme est une série d’essai visant à expliquer les bases de ce courant politique et philosophique et les rendre accessible en élaborant de courts textes sur différents sujets groupés en thèmes. L’ensemble des textes peuvent être retrouvés au moyen du libellé “vulgarisation” et des noms des thèmes abordés. 


***Rappel: Ces essais visant à dresser un tableau large et accessible, leur contenu n’engage en rien le Collectif Emma Goldman ni ses positions ni ses membres.***

L’ensemble des changements de la société ne peuvent être obtenus en respectant les limites de cette dernière, puisqu’elles sont justement conçues pour la maintenir en place. Face au pouvoir, les seuls gains sont obtenus en secouant la société.

La création d’un rapport de force
            En tant qu’anarchistes, nous voulons transformer la société. Certain-e-s poseront alors la question suivante : « Pourquoi ne pas alors tenter de prendre le pouvoir à l’aide d’un parti politique élu et utiliser ce dernier pour pousser nos volontés? » À cela, la réponse est simple. Les partis politiques sont tous corrompus ou incompétents et par conséquent aucun gouvernement n’est apte, ni à gérer nos vies, ni à remplir nos demandes. En plus d’être incompétents, les gouvernements sont autoritaires et utilisent la violence pour empêcher les gens de se gérer sans leur obéir.
            Mais savoir que le vote est inutile, inefficace et même nuisible ne veut pas dire qu’il est impossible de mener à des transformations dans la société. Mais comment procéder à ces changements? Tout d’abord, il est nécessaire de mener à bien immédiatement les changements que l’on veut voir. Créer des jardins, des espaces autogérés, des occupations « illégales » de bâtiments pour les récupérer et les transformer en milieu social riche et fertile en initiatives. Étant donné les ressources dont dispose le gouvernement, on peut l’amener, par la force du nombre, à accepter de céder aux requêtes des communautés et de donner les ressources dont il dispose aux milieux sociaux et communautaires. Attention toutefois à ne pas se placer dans une relation de dépendance envers ce dernier. Au moyen de perturbations économiques, de saccage, de blocage des routes, la classe possédante subira d’importantes pertes d’argent. Comme c’est cette classe qui appuie le gouvernement et l’empêche d’écouter la population, c’est en paralysant l’économie qu’on force un gouvernement à plier le genou. Mais bien entendu, l’État ne pliera jamais sans tenter d’avoir recours à son monopole de la violence. Déjà, dans un contexte de néo-libéralisme grandissant qui provoque de plus en plus la pauvreté des gens, les gouvernements se préparent à faire face à plus de contestation et la police se militarise de façon croissante. En plus d’avoir à combattre la répression policière pour forcer l’État à céder à notre volonté, il faut également venir à bout de projets de construction qui créent la misère ou empoisonnent les écosystèmes. Aucune pétition ne fera jamais changer d’avis un groupe d’investisseurs qui ont le gouvernement dans leur poche. La seule façon de les arrêter est de causer des pertes économiques si importantes au promoteur ou au gouvernement complice que ces derniers réévalueront la rentabilité du projet.  
            Certains diront qu’il est impératif de demeurer « pacifique ». Par « pacifique », on a en tête des manifestations qui se laissent diriger par les forces de l’ordre, des pétitions et des négociations, bref, beaucoup de moyens qui ne dérangent absolument personne et surtout, qui ne sont jamais écoutées. Face à l’ignorance et au mépris des autorités illégitimes, il est impératif de se sortir de l’entrave de la légalité pour obtenir un réel progrès. Les syndicats n’étaient pas légaux au début de leur existence. Les noirs aux USA ont dut créer le Black Panther Party et patrouiller les rues de leurs quartiers armés, et les suffragettes avaient de fréquents affrontements avec la police. Lorsque l’État prétend ne vouloir écouter que les organisations qui agissent de façon légale, il ne fait finalement que promettre d’ignorer sans réprimer ces dernières. Les vrais progrès de l’histoire se sont toujours passés par la révolte.

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