Tentative de Vulgarisation de l’Anarchisme est une série d’essai visant à expliquer les bases de ce courant politique et philosophique et les rendre accessible en élaborant de courts textes sur différents sujets groupés en thèmes. L’ensemble des textes peuvent être retrouvés au moyen du libellé “vulgarisation” et des noms des thèmes abordés. 


***Rappel: Ces essais visant à dresser un tableau large et accessible, leur contenu n’engage en rien le Collectif Emma Goldman ni ses positions ni ses membres.***

“Ni dieux, ni maîtres, ni État ni patrons: Démocratie directe, autogestion!” Voici un slogan bien connu pouvant être entendu scandé par les contingents anarchistes lors des manifestations. Mais comment appliquer la démocratie directe à l’échelle d’une nation? Déjà, il faut se défaire de ces idées de nations, mais l’accomplissement de projets à grande échelle est parfaitement possible sans ces dernières.


Fédéralisme Libertaire
            L’abolition de toutes les oppressions passe, pour les anarchistes, par l’abolition de tout gouvernement. Par quoi remplacer les gouvernements? N’est-il pas nécessaire d’avoir des personnes assignées à la gestion de certaines tâches dans la société? Comment gérer tout un pays dans l’anarchisme? Cette dernière question est souvent celle qui semble confondre le plus de gens, puisque pour les anarchistes, les États qu’on appelle « pays », ou État-Nations, n’ont aucune importance.
            Déjà, l’idée de diviser les peuples en nations, de par leur ethnicité ou leur culture est contraire aux valeurs anarchistes. La division est créatrice de dominations et d’effacement des cultures minoritaires. L’unification d’un pays, c’est se diviser d’avec l’extérieur mais effacer la variété à l’intérieur. L’État et le gouvernement, c’est également l’uniformisation des lois et des décisions populaires, ce qui créera toujours des minorités et des injustices. En effet, tant que l’on essaie de prendre une seule décision et de l’imposer à un large territoire, cette décision créera toujours des mécontent-e-s et des opprimé-e-s. Les lois rendent l’appartenance à un État obligatoire et automatique : On ne peut choisir en quel sol on nait, et pourtant on nous retire tout autre choix par après, l’État prenant pour nous toutes sortes de mauvaises décisions sans connaître nos conditions de vie.

            Il est plutôt question, dans l’anarchisme, de pratiquer l’autogestion et la liberté d’association en démocratie directe. Pour ce faire, il est nécessaire de se gérer d’abord à la plus petite échelle possible : L’échelle humaine. En effet, toute personne devrait pouvoir se procurer le strict minimum dans son environnement immédiat. Les décisions, pour qu’elles soient bien adaptées aux conditions de vie des personnes qu’elles affectent, devraient toujours être prises le plus près possible de ces personnes. La majorité des pouvoirs décisionnels d’une communauté devrait donc se situer au niveau du village, du quartier, de la ville. Mais comment gérer les interactions et les échanges nécessaire entre ces groupes? Comment éviter que deux villes entrent en guerre? Déjà, l’idée de gestion sans propriété privée au niveau le plus rapproché rend inutile la majorité des guerres. Pour le reste des interactions, on parlera de fédéralisme libertaire.
            Le fédéralisme libertaire, c’est l’idée que plusieurs communautés peuvent s’allier dans une optique de projet. Si des communautés veulent créer un réseau d’échange, chacune des communautés enverra des porte-paroles pour exprimer ce qu’elles sont prêtes à produire et ce qu’elles aimeraient recevoir. Les porte-paroles exposent les résultats et les communautés continuent de faire part de leurs attentes et de leurs capacités jusqu’à ce qu’un contrat d’échange, établit pour une période donnée, soit créé, le tout toujours en passant par la démocratie directe de toutes les communautés impliquées. Si plusieurs communautés veulent allier leurs ressources, leur main-d’œuvre et leur savoir-faire pour prendre part à un projet de construction, ces communautés créeront des comités de gestion à l’échelle de la production qui devront répondre de toutes ces dernières. Il en va de même pour d’éventuelles fédérations d’échange et de valorisation culturelle, de développement coopératif des sciences etc. L’idée, donc, est de partir du bas vers le haut et de demeurer toujours flexible dans les unions, se permettant de s’en sortir en tout temps et gérer les problèmes en fonction de l’échelle de leurs impacts.

Les textes actuellement publiés sont dans le thème de l’aspect politique des luttes anarchistes. Ceci était le dernier texte de ce qu’on pourrait considérer être un sous-thème de la “Gouvernance”. Le prochain sous-thème au sein de l’aspect politique portera sur l’approche vis-à-vis des lois et de la justice, le sous-thème de la “législation”.
Texte précédent dans la série: Démocratie directe et autogestion
Prochain texte à paraître: Les Lois: Un outil de la classe dominante
Lundi prochain le 28 Mars