Tentative de Vulgarisation de l’Anarchisme est une série d’essai visant à expliquer les bases de ce courant politique et philosophique et les rendre accessible en élaborant de courts textes sur différents sujets groupés en thèmes. L’ensemble des textes peuvent être retrouvés au moyen du libellé “vulgarisation” et des noms des thèmes abordés. 


***Rappel: Ces essais visant à dresser un tableau large et accessible, leur contenu n’engage en rien le Collectif Emma Goldman ni ses positions ni ses membres.***

“Ni dieux, ni maîtres, ni État ni patrons: Démocratie directe, autogestion!” Voici un slogan bien connu pouvant être entendu scandé par les contingents anarchistes lors des manifestations. Il résume de façon claire la volonté politique de l’Anarchisme, c’est-à-dire une organisation horizontale menée par la base et l’abolition des hiérarchies. 

L’autogestion représentée en image commence par la base, l’habitat de l’individu et ses proches


Démocratie directe et autogestion
            L’abolition de toutes les oppressions passe, pour les anarchistes, par l’abolition de tout gouvernement. Par quoi remplacer les gouvernements? N’est-il pas nécessaire d’avoir des personnes assignées à la gestion de certaines tâches dans la société? Comment gérer tout un pays dans l’anarchisme? Cette dernière question est souvent celle qui semble confondre le plus de gens, puisque pour les anarchistes, les États qu’on appelle « pays », ou État-Nations, n’ont aucune importance.
            Quand bien même le gouvernement d’un État gèrerait son économie par une démocratie « directe », qui ferait des référendums nationaux pour chaque décision économique à l’échelle du pays, cette forme de représentation, en plus de toujours n’être lancée que par les dirigeants et non par la population, ne tarderait pas à avantager une strate ou une autre de cette dernière, puisque les zones urbaines plus populeuses aux intérêts communs sortiraient vainqueurs des référendums et imposeraient leur volonté sur les régions, qui verraient leurs ressources exploitées à leur désavantage.

            L’idée que tout un pays pourrait réellement être géré, dans sa totalité, sans causer de dissensions est ridicule. L’éloignement et les différentes conditions de vie mèneront automatiquement à une incompréhension des gens, et à la tentative de certains d’imposer leur volonté aux autres. L’anarchisme est un courant qui préconise donc plutôt la démocratie directe, l’autogestion et la liberté d’association.
            La démocratie directe, pour les anarchistes, doit se pratiquer non pas par le vote à la fin duquel les personnes en position minoritaire n’ont qu’à accepter passivement la décision des autres, mais plutôt par la création de consensus quant aux décisions à prendre. Lorsque des personnes sont mandatées pour établir des plans d’action, ces dernières n’ont aucun pouvoir et doivent toujours soumettre leurs idées à l’acceptation de l’assemblée générale de toutes les personnes concernées. Pour accomplir cette méthode, il est nécessaire de passer par l’autogestion.
            L’autogestion, c’est la possibilité pour chaque personne d’une communauté d’avoir son mot à dire dans les prises de décision. Elle passe par l’organisation du bas vers le haut plutôt que du haut vers le bas, en partant toujours de la plus petite structure nécessaire à l’organisation des personnes pour grandir en taille selon les projets. C’est la possibilité de remplacer le pouvoir, synonyme d’imposition et de hiérarchie, par la responsabilité, synonyme de tâche accordée par la population avec comptes à rendre et devoir de consultation permanente. 
             La liberté d’association, c’est la possibilité pour un groupe ou un individu qui se sentirait lésé au sein d’une communauté de se départir de ses décisions, et de former son propre groupe coopératif sur le même lieu, se retirant des bénéfices en même temps que des sources du différent. C’est également la possibilité pour les personnes d’une communauté de s’allier à celles et ceux d’une communauté différente pour un projet géré de la même façon à plus grande échelle, mais mettant en commun plus de ressources et de force de travail dans une coalition temporaire et contractuelle partant de la base.

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Prochain texte à paraître: Le Fédéralisme Libertaire
Lundi prochain le 21 Mars