La Fédération SUD sante sociaux a été sollicitée pour apporter son soutien à diverses démarches revendicatives se déroulant sur Internet. Nous avons répondu aux personnes qui nous avaient interpellé-es. Certain-es de nos militant-es ont aussi été questionné-es au sujet de notre position concernant ces E-mobilisations. Alors voici notre position.

SUD Santé Sociaux défend le soutien aux collectifs de luttes, aux mouvements auto-organisés de résistance sociale et professionnelle.

Depuis notre crĂ©ation, nous n’avons plus Ă  prouver ce soutien, qu’il soit idĂ©ologique, logistique avec la mise Ă  disposition de matĂ©riel ou en y engageant une large participation de nos militant-es.

Depuis des mois, SUD a été le seul syndicat à soutenir et à défendre la présence des collectifs dans le Ségur comme nous avons imposé la présence de ces collectifs dans les intersyndicales dont ils sont exclus par les autres syndicats.

Lors du Ségur encore, SUD a décidé de porter leurs revendications avant les nÎtres, mettant ainsi notre représentativité au service de la voix unitaire avant la nÎtre.

 

La Fédération SUD sante sociaux reconnait donc sans ambiguïté les collectifs de LUTTE, structurés, agissant démocratiquement et militant sur le terrain dans le cadre de la mobilisation sociale à laquelle nous participons.

Ces collectifs qui tirent leur lĂ©gitimitĂ© et leur reprĂ©sentativitĂ© des dĂ©bats et des analyses qui structurent leurs revendications, des assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales qu’ils organisent et des dĂ©cisions qui en dĂ©coulent.

Cette notion est indispensable pour protĂ©ger notre fĂ©dĂ©ration, mais aussi les professionnel-les et nos collĂšgues de toute instrumentalisation ou manipulation aux profits d’intĂ©rĂȘts partisans ou contraires Ă  nos valeurs ou orientations.

C’est ce qui nous permet une lutte « en convergence Â» !

 

Depuis quelques mois fleurissent sur les rĂ©seaux sociaux de multiples pages ou groupes s’autoproclamant collectifs de lutte, catĂ©goriels ou non. Ces phĂ©nomĂšnes collectifs ont leur lĂ©gitimitĂ© et leur utilitĂ© pour ce qu’ils sont rĂ©ellement. Des militant-es ou syndiquĂ©-es SUD y participent souvent en leur nom propre. Et la FĂ©dĂ©ration SUD SantĂ© Sociaux n’a pas Ă  s’immiscer dedans.

 

Mais notre fédération, dans le cadre de son engagement militant, et les militant-es SUD se doivent de faire la différence entre ces groupes de discussion sur les réseaux sociaux et les collectifs de lutte, légitimes dans leur fonctionnement, leur constitution et leurs objectifs.

Ne pas avoir la mĂȘme dĂ©marche de convergence, de soutien et d’unitĂ© avec les uns ou les autres, c’est protĂ©ger de dĂ©tournements ou d’utilisation Ă  leur encontre les luttes que nous menons dans l’unitĂ©, les valeurs que nous dĂ©fendons au quotidien.

En tant que militant-e SUD, nous nous devons de ne pas valider des discours comportant des pensĂ©es magiques mĂȘme si elles peuvent faire rĂȘver. Nous nous interdisons, pour des raisons de popularitĂ©, de donner quitus Ă  des mensonges qui parfois remportent l’adhĂ©sion des professionnel-les que nous sommes, tellement notre soif de justice et de reconnaissance est grande, que notre souffrance est massive. Car le retour douloureux Ă  la rĂ©alitĂ© sera Ă  la hauteur de l’espoir qui aura Ă©tĂ© mis dans des promesses vaines et populistes !

 

CrĂ©er une page Facebook n’est pas porter un collectif de lutte, cliquer sur Internet n’est pas militer sur le terrain, liker une page n’est pas adhĂ©rer ou soutenir, et comptabiliser les followers comme autant d’adhĂ©rent-es et militant-es ou comme preuve de reprĂ©sentativitĂ© est une dĂ©marche que nous ne pouvons valider.

 

Notre histoire, nos luttes ont forgĂ© cette identitĂ© de grande fĂ©dĂ©ration syndicale diffĂ©rente qu’est SUD. Notre reprĂ©sentativitĂ© ne nous a pas Ă©tĂ© donnĂ©e « de droit Â» comme pour d’autres syndicats, mais nous l’avons acquise par la confiance que nous ont accordĂ© nos collĂšgues depuis plus de 30 ans, en fonction de nos actions, de nos luttes, de nos valeurs et de notre identitĂ©.

 

Alors quand le soutien de notre fĂ©dĂ©ration est sollicitĂ©, comme c’est souvent le cas, nous nous devons de vĂ©rifier : dans quel but ? Pour quels choix de sociĂ©tĂ© ? En faveur de quelle organisation des secteurs de la santĂ©, du mĂ©dico-social et du social ? Pour quels statuts des personnels ? Avec quels financements ? Avec quelle gouvernance ? Quelle organisation territoriale ? Et tellement d’autres points essentiels.

 

Car dĂ©noncer ne suffit pas pour ĂȘtre en adĂ©quation sur les solutions
 Le SĂ©gur a Ă©tĂ© le thĂ©Ăątre de la trahison de 3 syndicats qui pourtant disaient porter les mĂȘmes revendications que l’ensemble des syndicats et collectifs en lutte ! Alors imposer « un SĂ©gur 2 Â» ne nous paraĂźt pas la cause Ă  dĂ©fendre


 

Seul le rapport de force par la mobilisation citoyenne et militante fera plier le gouvernement
 et suite aux accords du SĂ©gur, cette lutte devra ĂȘtre menĂ©e localement, tant le pouvoir des directeurs et des mĂ©decins ont Ă©tĂ© renforcĂ©s.


Article publié le 28 AoĂ»t 2020 sur Solidaires.org