Novembre 5, 2020
Par Extinction Rebellion France
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ReBeelions dans le Jardin du Luxembourg devant le SĂ©nat Ă  Paris.

AprĂšs l’action Bee alive! qui s’est tenue devant l’AssemblĂ©e nationale le 5 octobre 2020, Ă  la veille du vote pour la loi unanimement contestĂ©e pour rĂ©introduire les nĂ©onicotinoĂŻdes, XR Familles a lancĂ© sa premiĂšre action dĂ©centralisĂ©e en amont du passage de la loi au SĂ©nat le 27 octobre 2020, action intitulĂ©e VOS LOIS / NOS VIES : ReBEEllion!

Nous avons invitĂ© toutes les citoyennes et citoyens Ă  demander des comptes Ă  leurs Ă©lu.es locaux (qui participent Ă  l’élection du SĂ©nat) Ă  se rĂ©unir devant leur mairie avec un mĂȘme message pour rappeler que leurs lois engagent des vies, celles des pollinisateurs et les nĂŽtres.

Car il est effectivement question de vie ou de mort.

Nous sommes dans la sixiĂšme extinction de masse et le rythme d’extinction des espĂšces n’a jamais Ă©tĂ© aussi rapide depuis la vie sur Terre.

Cinq groupes locaux ont rĂ©pondu Ă  l’appel et des familles se sont rĂ©unies devant leur mairie Ă  Lille, Ă  OrlĂ©ans, au Havre et Ă  Saint-Vaast Dieppedalle oĂč la mĂȘme tribune a Ă©tĂ© lue.

À Paris, des familles, avec des enfants de 3 Ă  13 ans se sont retrouvĂ©es au Jardin du Luxembourg devant le SĂ©nat avec des masques d’abeilles rĂ©alisĂ©s par les enfants.

Rappelons que les sĂ©nateurs et les sĂ©natrices, nos Ă©lu.es locaux, toutes ces personnes sont payĂ©es par l’ensemble des habitant.es pour prendre les dĂ©cisions justes pour le bien commun. Si nous voulons survivre, il nous faut mettre un terme Ă  la destruction des Ă©cosystĂšmes maintenant.

Voici la tribune qui a été lue :

Mardi 6 octobre 2020, l’AssemblĂ©e Nationale a adoptĂ© l’ensemble du projet de loi visant Ă  rĂ©-autoriser l’usage des nĂ©onicotinoĂŻdes dans les cultures de betteraves sucriĂšres. 60% des dĂ©putĂ©.es ont soutenu la rĂ©introduction quand seulement 23% ont pris la peine d’assister aux dĂ©bats contradictoires Ă  propos du projet de loi. Les parlementaires ayant votĂ© pour, se sont pĂ©niblement justifiĂ©.es.

Ils et elles affichent de bien mesurer Ă  quel point les pesticides sont nĂ©fastes et nous disent d’un air dĂ©solĂ© : “ On a tentĂ© d’autres solutions mais vous comprenez, ça n’a pas marchĂ©. La recherche n’a pas pu suivre. On aimerait qu’elle nous tire vite de lĂ  mais il faut patienter. En attendant, on fait face Ă  une conjoncture exceptionnelle. Il faut bien sauver les emplois. C’est notre souverainetĂ© alimentaire et Ă©nergĂ©tique qui est en jeu. Et puis, cette loi, ce n’est pas de notre faute. L’Europe autorise les dĂ©rogations. Alors si c’est permis, on le fait car les autres pays le font. C’est au niveau europĂ©en qu’il faut rouspĂ©ter. “

Mesdames et messieurs les Sénatrices et les Sénateurs, face à ce discours formaté truffé de contre-vérités et de faux-semblants, nous vous sommons de butiner !

ReBeellion Ă  Lille.

Butinez les informations riches et diverses apportées par la recherche, les agriculteurs et agricultrices, les personnels soignants et tous celles et ceux qui avaient un plan alternatif à proposer pour sauver les employé.es de la filiÚre.

La recherche, aussi fourmillante soit elle, n’ira jamais aussi vite que la destruction du vivant. Parce qu’on lui demande simultanĂ©ment de prouver que le poison est toxique, qu’il perdure pendant des annĂ©es, s’avilissant encore avec le temps parfois, tout en trouvant Ă  marche forcĂ©e des alternatives pĂ©rennes mais surtout sans changer le statu quo et qu’il faut de plus qu’elle s’époumone pour se faire entendre.

Les dĂ©putĂ©.es ont commis une faute en se rangeant derriĂšre l’argument de la conjoncture exceptionnelle. Les tribunes de scientifiques se multiplient, les rapports du GIEC et de l’IPBES s’accumulent et s’assombrissent : la conjoncture n’est plus exceptionnelle. Le climat a changĂ©. Il change plus vite aujourd’hui qu’il n’a jamais changĂ© depuis la naissance de la Terre. Les printemps chauds, les hivers doux vont revenir, encore et encore. AprĂšs 2023 viendront 2024 et 2025.

ReBeellion devant la Mairie de Saint-Vaaste Dieppedale

La monoculture soutenue par les nĂ©onicotinoĂŻdes doit appartenir au passĂ©. Elle a tout sabotĂ© : les insectes, les sols, les cours d’eau, les vies de ceux et celles qui travaillent la terre aussi. Il faut maintenant tout reconstruire pour s’adapter. Garder les yeux rivĂ©s vers le passĂ©, c’est l’assurance de se prendre le mur.

La recherche pourrait justement aider Ă  reconstruire si l’on crĂ©ait plein de nouveaux terrains d’expĂ©rimentation de pratiques vertueuses et pĂ©rennes en soutenant la conversion vers le bio, la permaculture, l’agroforesterie. Soutenir massivement cette conversion permettrait de fournir une sortie par le haut Ă  tous ces travailleurs et travailleuses de la filiĂšre sucre.

Les dĂ©putĂ©.es ont prĂ©tendu ne pas avoir le choix. Mais ils ont fermĂ© les yeux sur les solutions. À court terme, une compensation des pertes de producteurs de betteraves et des industriels de la transformation Ă©tait une solution estimĂ©e Ă  200 millions d’euros. Le sauvetage de l’aĂ©ronautique nous coĂ»te Ă  tous et toutes 15 milliards d’euros. Tout ici est question de posture. On prĂ©tend sauver les agriculteurs mais c’est une farce symbolique plus qu’une main tendue.

Ce ne sont pas les agriculteurs que l’on tient Ă  sauver mais bien la filiĂšre. Du sucre, du sucre, du sucre! Quand de tous cĂŽtĂ©s, les rapports de santĂ© publique et Ă©tudes scientifiques fusent pour nous dire d’arrĂȘter ce suicide collectif par la Grande Malbouffe. DiabĂšte et obĂ©sitĂ© coĂ»tent 7 et 6 milliards d’euros Ă  la sĂ©cu chaque annĂ©e respectivement (d’aprĂšs le SĂ©nat lui-mĂȘme) et ruinent la qualitĂ© de vie de ceux et celles qui en souffrent. Ils les exposent Ă  un taux de mortalitĂ© Ă  la COVID deux fois supĂ©rieur Ă  ceux qui n’en souffrent pas. Devant cette surmortalitĂ©, le Mexique a mĂȘme rĂ©cemment interdit la vente de sucreries et boissons sucrĂ©es aux mineurs.

Le sucre, c’est des calories en trop, des calories pour rien, des mauvaises calories pour la planĂšte. Le sucre n’est pas essentiel Ă  notre survie, il consomme de la terre, terre qui pourrait stocker du carbone Ă  la place et abriter des Ă©cosystĂšmes riches. Tout comme la viande, les experts du climat recommandent d’en limiter la consommation.

Mais du sucre, que diable ! À moins que ce ne soit l’éthanol. L’éthanol qui siphonne un tiers de la production de betterave sucriĂšre. Ethanol qu’on doit cesser de brĂ»ler dĂšs maintenant si on veut laisser Ă  nos enfants – les vrais, ceux dont on range les jouets tous les soirs, pas ceux « des gĂ©nĂ©rations futures » – l’opportunitĂ© d’eux aussi avoir des enfants. Et oui, l’échĂ©ance est proche.

Cet argument d’une souverainetĂ© alimentaire reposant sur le sucre ne tient tout simplement pas la route. Mangez 5 fruits et lĂ©gumes par jour. Pour votre santĂ©, Ă©vitez de manger trop gras, trop sucrĂ©, trop salĂ©. Tels des enfants en pleine crise du non, le gouvernement et l’AssemblĂ©e Nationale ont dĂ©cidĂ© de sauver les carambars et de bazarder les pommes.

ReBeellion devant la mairie d'Orléans.

75 % de ce que nous mangeons, en majoritĂ© des fruits et lĂ©gumes, dĂ©pendent des pollinisateurs. AprĂšs ĂȘtre sortis du couloir de la mort grĂące Ă  la loi de 2016, les 25% qui ont survĂ©cu Ă  un dĂ©clin vertigineux ces 20 derniĂšres annĂ©es vont de nouveau ĂȘtre empoisonnĂ©s.

S’ils tombent, nous tomberons avec. 25 raffineries contre les 335 millions de fruits et lĂ©gumes dont nous avons besoin chaque jour pour vivre sainement, pour vivre tout court ? On se demande vraiment comment avec une logique aussi viciĂ©e, on serait capable de dĂ©fendre quoi que ce soit de raisonnable au Parlement europĂ©en.

Mesdames et Messieurs les SĂ©natrices et SĂ©nateurs, vos oreilles bourdonnent peut-ĂȘtre mais votre ventre est plein. Pesez bien votre dĂ©cision. Car vos petits-enfants et leurs enfants pourraient bien ne jamais savoir ce que cela veut dire.

Pour aller plus loin :

Le dossier réalisé par 15 collectifs et associations, qui démonte tous les arguments du gouvernement

#VosLoisNosVies #StopEcocide #StopNeonicotinoides


L’urgence est là, maintenant.

Parce chaque dixiĂšme de degrĂ© compte, parce chaque espĂšce disparue compte, chaque minute compte, nous appelons Ă  la rĂ©bellion. Aujourd’hui, les gouvernements mettent en danger les citoyen.ne.s, il est de notre devoir de rĂ©sister.
Contre l’inaction de ceux qui nous gouvernent, qui ne rĂ©agissent pas Ă  la hauteur de l’urgence climatique et des catastrophes en cours, la rĂ©volte est notre droit le plus sacrĂ©, et notre devoir le plus indispensable.


Rebellons-nous.
Seuls nous ne pouvons rien. Ensemble nous pouvons tout !‹

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Source: Extinctionrebellion.fr