Novembre 15, 2021
Par Dijoncter
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Nayan Jyoti et Arya Thomas, deux activistes indien·nes sont de passage en France. À partir de leurs expĂ©riences des derniĂšres mobilisations paysannes, ouvriĂšres et fĂ©ministes, iels viendront discuter aux Tanneries le jeudi 18 novembre, Ă  18h, de la maniĂšre dont iels arrivent encore Ă  vivre et lutter sous le rĂ©gime suprĂ©maciste hindou de Narendra Modi.

Jeudi 18 novembre Ă  18 heures aux Tanneries, nous accueillons Nayan Jyoti et Arya Thomas, venu·es de ce pays lointain et mystĂ©rieux qu’est l’Inde, pour discuter autour de la question suivante : « Comment vivre et lutter sous un rĂ©gime fasciste ? Exemple avec l’Inde Â». Une

interrogation qui résonne pas mal en nous vu le contexte politique actuel en France.

Depuis 2014, l’Inde est gouvernĂ©e par un rĂ©gime autoritaire suprĂ©maciste hindou (dĂ©mocratiquement Ă©lu). Narendra Modi, qui a remportĂ© un second mandat en 2019, dotĂ© d’un ego surdimensionnĂ©, dĂ©veloppe un vĂ©ritable culte de la personnalitĂ©, et se prĂ©sente comme un homme du « peuple Â», victime de l’establishment politique, mĂ©diatique et universitaire. Une

société américaine de communication est chargée de promouvoir son image (réseaux sociaux, hologrammes
).

Depuis 2014, Modi a mis en place tout une sĂ©rie de mesures qui permettent de parler de rĂ©gime fasciste : transformation des programmes scolaires pour mettre en avant l’hindouisme et refuser l’hĂ©ritage musulman, rĂ©vocation de l’autonomie du Cachemire, mise en place de lois pour retirer la nationalitĂ© Ă  certain·es musulman·es, emprisonnement de militant·es fĂ©ministes, de militant·es des droits de l’homme ou d’intellectuel·les soutien de la guĂ©rilla armĂ©e, musĂšlement des mĂ©dias comme jamais depuis l’état d’urgence de 1975. Une atmosphĂšre dĂ©lĂ©tĂšre qui donne les coudĂ©es franches aux groupes d’ultra droite pour lyncher des musulman·es, harceler ou mĂȘme tuer des journalistes.

Nayan et Arya militent depuis plusieurs annĂ©es auprĂšs d’ouvriers de grosses usines de la ceinture industrielle autour de New Delhi, dans les bidonvilles du Rajasthan, avec les paysan·nes en grĂšve ou avec les femmes de quartiers populaires. Invité·es Ă  Montreuil Ă  l’occasion de JournĂ©es internationalistes sur les luttes d’émancipation, les voilĂ  de passage Ă  Dijon. L’occasion pour nous de discuter de leurs modes d’organisation, de la culture populaire comme outil de lutte, de la vivacitĂ© du mouvement fĂ©ministe, de la rĂ©pression actuelle qui plombe les possibilitĂ©s de mouvement social, et des marges de manƓuvre pour faire de l’antifascisme sous un gouvernement qui met sous pression toute forme de dissidence.

La discussion sera suivie d’un repas Ă©picĂ©, d’un dessert glacĂ© tout aussi savoureux et d’un film, Court (2014) dont voici le synopsis :

Le corps d’un ouvrier du traitement des eaux de la ville est retrouvĂ© dans une bouche d’égout Ă  Bombay. Narayan Kamble, chanteur folk et contestataire, est alors arrĂȘtĂ© en plein concert, accusĂ© d’avoir incitĂ© l’homme au suicide par l’une de ses chansons politiques et incendiaires.

Un procĂšs se met en place et s’enlise, de plus en plus labyrinthique et absurde. La cour de justice devient la caisse de rĂ©sonance des tiraillements et des archaĂŻsmes de l’Inde contemporaine.

La discussion sera traduite en français

Le film dispose d’un sous-titrage en français

Lal salam et Ă  jeudi 18 !




Source: Dijoncter.info