Mai 4, 2016
Par Paris Luttes
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Alors que le mouvement n’a pas cessé de se poursuivre pendant les vacances scolaires. L’Etat semble avoir compris une chose : si la jeunesse poursuit et renforce les actions mises en place depuis le mois de mars, le printemps sera chaud. C’est donc avec acharnement que les jeunes, et notamment les lycéen-ne-s sont pris pour cible par la police et la justice depuis le 3 mai, jour de la rentrée.

Quelques exemples en région Parisienne où ils ne cessent d’étonner par leur inventivité et leur détermination.

Hier, mardi 3 mai, jour de présentation du texte concernant la “Loi Travaille” à l’assemblée, nombreux ont été les lycéens mobilisés.

Ci-dessous quelques exemples – bien sûr non exhaustifs – de quelques uns d’entre eux :

- A Bagnolet, en Seine Saint Denis, les élèves du lycée polyvalent Eugène Henaff, qui n’avaient pas bloqué leur lycée jusque là ont décidé de le faire.

- Au lycée Jean Jaurès, à Montreuil, toujours en Seine-Saint-Denis, les lycéens mobilisés ont été chassés comme du gibier devant leur lycée par des hordes de policiers n’hésitant pas à faire usage de bombes lacrymogènes. Là-même où Geoffrey à perdu son oeil en 2010 lors d’intimidations similaires de la part de la police.

- Au lycée Sophie Germain, les lycéens avaient décidé en Assemblée Générale d’occuper leurs locaux en fin de journée mardi. La chef d’établissement s’est chargée d’appeler la police, qui s’est, elle, chargée de faire comprendre aux lycéens que les locaux du lycée ne sont pas les leurs.

Alors que l’information commençait à circuler en soirée, nombreux étaient les soutiens en route pour les soutenir comme cela avait pu être le cas par exemple lors des occupations du théâtre de l’Odéon, de la Comédie Française ou encore celle du lycée désaffecté de Jean Jaurès.

Malheureusement la plupart des soutiens sont arrivés au moment où les lycéens sortaient. Nous n’avons pas pu empêcher les policiers de rentrer.

En revanche, ces mêmes policiers (en civil, certainement de la bac) qui les avaient fait sortir en les intimidant, n’ont pas hésité à les filmer ostensiblement dans la rue et à les poursuivre là où elles et ils souhaitaient se rassembler pour continuer à discuter.

Grâce à leur détermination et à la présence de soutiens, ils ont finalement pu le faire dans des conditions acceptables.

A l’intérieur du lycée, les lycéen-ne-s voulaient profiter de cette occupation pour diffuser des films, organiser des cours alternatifs, proposer des salles de révisions en vue du baccalauréat pour les élèves concernés…

Quand les policiers ont pénétré dans le lycée deux options leurs ont été soumises : sortir immédiatement ou sortir sous la contrainte. C’est à dire par la force. On comprendra donc bien qu’une seule option leur a été soumise : sortir. Et que cette expulsion de leur lycée a tout de même été violente et agressive. Comment pourrait-elle en être autrement ?

Le policier en question leur a laissé deux minutes pour se concerter et prendre une décision. Celle-ci a été de sortir, et se promettre d’être plus nombreux pour les prochaines actions qu’elles et ils décideraient.

Ici le communiqué qu’ils avaient rédigé :

“Nous, lycéens de Sophie Germain (IV ème arrondissement de Paris), occupons actuellement une partie de notre établissement. Une soixantaine d’élèves de toutes classes est rassemblée dans un bâtiment et a la ferme intention d’y rester. Dans cette alternative aux divers blocages qui ont eu lieu précédemment, nous revendiquons le retrait total de la loi El Khomri, l’arrêt des violences policières abusives et de plus en plus importantes, le droit de manifester ( à travers l’Etat d’urgence, nos droits sont bafoués…), l’application réelle du droit de grève des lycéens obtenu en 1968.Cela traduit un mécontentement qui ne cesse de grandir vis-à-vis du monde dans lequel nous grandissons (inégalités et chômage grandissants dans un système politique et économique inquiétant vis-à-vis de notre avenir). A travers diverses activités : des projections, des débats, des cours alternatifs, des salles de révisions, de potentielles interventions, nous cherchons à continuer notre éducation, de manière alternative et pacifique, dans un lieu prévu à cet effet. Nous invitons tous les lycées à nous suivre dans cette voie.”

Evidemment, il ne s’agit pas de ne faire que soutenir ou encenser ces lycéens en lutte mais de prendre part avec eux, ensemble à des actions décidées en amont. La fameuse convergence des luttes … en actes.

Malgré tout, les moyens de pouvoir activer des réseaux de soutien aussi rapidement que discrètement parait primordial pour pouvoir être plus mobiles que les gardes mobiles de cet Etat Policier, et les empêcher d’intervenir, à chaque fois violemment, partout où sont celles et ceux qui luttent, qui s’organisent, qui vivent.




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