Septembre 26, 2022
Par Union Communiste Libertaire (UCL)
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Suite au meurtre policier d’une jeune femme, une révolte secoue l’Iran depuis plusieurs jours. S’il est difficile d’avoir des informations fiables, cette révolte, menée par les femmes, semble en mesure de bousculer profondément le régime fasciste religieux en place depuis 1979 en Iran.

Le 16 septembre 2022, Mahsa Amini, en visite avec sa famille à Téhéran, a été embarquée et assassinée par la police des mœurs. La jeune femme avait, aux yeux des théocrates iraniens, trop de cheveux qui dépassaient de sous son voile. Trois jours après son arrestation violente en pleine rue, elle est ré-apparue battue à mort.

Ce meurtre a engendré une révolte, partie notamment du Rojhilat, région à majoritaire kurde du nord de l’Iran et dont la jeune femme était originaire. Depuis plusieurs jours, la police ne sait plus où donner de la tête : actions symboliques sur les réseaux sociaux, manifestations et affrontements dans les rues, grève générale.

Le panel d’actions témoigne de la puissance et de la diversité du mouvement. Le slogan « Zen, Zengedî, Azadî » (Femme, Vie, Liberté), directement traduit du kurmandjî « Jin, Jiyan, Azadî », témoigne de la force de l’influence de nos camarades du mouvement révolutionnaire kurde.

Lundi 26, plusieurs organisations de la gauche iranienne et kurde appellent à la mobilisation et à la grève générale. Les camarades libertaires prennent toute leur part dans ce mouvement, dans la masure de leurs moyens.


Les forces de sécurité du régime ont réagis violemment aux manifestations. Au moins 7 personnes ont été tuées par la police et des dizaines blessées. On dénombrerait également plus de 500 arrestations.

DR

Comme en 2009 et encore plus en 2019, les ayatollahs répriment violemment le mouvement et tentent de lui couper la tête : tirs à balles réelles sur les manifestations, coupures d’Internet, arrestations et menaces ciblées.

Les gardiens de la pseudo-révolution Islamique sont rodés à cette violence sociale et politique et n’hésitent pas à s’en saisir. Les femmes et au-delà l’ensemble de la classe laborieuse auront besoin de tous les soutiens possibles, sur place et à l’international, pour enfin mettre un mettre à ce joug fasciste religieux que subit le peuple iranien.

Mais les attaques contre les femmes et les minorités sexuelles et de genre ne sont malheureusement pas l’apanage du régime de Téhéran. Le retour des Taliban au pouvoir en Afghanistan menace gravement toutes les femmes du pays, leur interdisant de sortir seule dans la rue ou empêchant la scolarisation des jeunes filles.

Aux USA, le droit à l’avortement a été sévèrement remis en cause, allant jusqu’à la réinstauration de peines de 15 ans de prison pour l’interdire. En Italie, la perspective d’un gouvernement post-fasciste se précise, avec des cadres du parti Fratelli d’Italia farouchement homophobes et anti-choix (pour l’interdiction de l’avortement).

Même en France, les milieux transphobes s’agitent en prétextant une affiche du Planning Familial et développe une rhétorique réactionnaire avec la complaisance de l’Etat.

Les droits des femmes et des minorités sexuelles ou de genre ne sont pas à mendier ni à négocier. L’UCL soutient la révolte iranienne et défend l’organisation des femmes et des minorités sexuelles et de genre pour la défense des droits chèrement conquis et la conquête de nouveaux droits, jusqu’à l’abolition du système hétéro-patriarcal, pilier de l’exploitation capitaliste et de l’aliénation de toutes et tous.

Union communiste libertaire, le 27 Septembre 2022




Source: Unioncommunistelibertaire.org