Des copains enfermés à Vincennes racontent des épisodes trash qui ont eu lieu ces derniers jours, et qui montrent encore une fois jusqu’où peuvent aller la violence et la hogra de la part des keufs dans ces prisons (et partout ailleurs). Pour casser la lutte des grévistes qui, depuis vendredi 7, refusent collectivement la bouffe (dégueulasse) que Gepsa donne aux prisonniers, et pour les obliger à retourner à la cantine, les flics ont fouillé des cellules et ont jeté la nourriture qui était cachée à l’intérieur. Mais les retenus restent déterminés et la grève, qui dure depuis une semaine, ne s’arrête pas !

Pour rappel, une soixantaine de personnes sans-papiers sont enfermées à quatre-cinq par cellule dans le bâtiment 1 du Cra, sans que la moindre mesure sanitaire ait été prise. Au moins quatre prisonniers qui avaient été testés positifs ont été déplacés pendant le week-end dans un autre bâtiment, où ils sont en quarantaine et en isolement. Lundi dernier, deux prisonniers qui étaient enfermés au Cra de Mesnil-Amelot où elles avaient été testées positives ont été transférées… à Vincennes.

Mardi dernier, les prisonniers du Cra Vincennes ont été soumis à nouveau à un test collectif pour le Covid. C’est le deuxième en dix jours… Deux personnes ont refusé de faire le test. La réaction des keufs a été de les punir de la manière la plus sale : ils les ont transférées par la force dans le bâtiment de quarantaine où sont enfermés les prisonniers testés positifs ! Histoire de les faire tomber malades exprès.

Jeudi, le résultat du test : encore quatre personnes au moins testées positives et déplacées dans le bâtiment quarantaine. Le même jour, un prisonnier a été violemment tabassé par une dizaine de keufs, au point qu’au final il pouvait presque pas marcher. Ensuite il a été sorti du Cra, mais on ne sait pas où : certains prisonniers disent qu’il a été ramené à l’hopital, d’autre en gav.

Entre temps, une grève de la faim est en cours au Cra de Rennes depuis lundi, notamment pour dénoncer les conditions pourries d’enfermement.

À Mesnil-Amelot aussi le virus est en train de se propager, et la situation devient de plus en plus compliquée : les cas des personnes malades sont nombreux, d’autres transferts sont prévus, la Cimade (l’asso qui intervient dans le centre) et l’entreprise du nettoyage ont décidé d’exercer leur droit de retrait… Là-bas aussi, les prisonniers luttent collectivement depuis plusieurs jours : mercredi soir, ils ont bloqué la promenade d’un bâtiment ; le lendemain, une grève de la faim a été lancé dans les deux bâtiments !

Force à tou.te.s les prisonniers-ères, soyons solidaires avec elleux.

Liberté et papiers pour toutes et tous !


Article publié le 17 Août 2020 sur Paris-luttes.info