L’objectif central de l’enquête Violences et rapports de genre (Virage) est d’approfondir les connaissances sur les violences. Elle pose pour hypothèse que leur degré de gravité ne peut être saisi que par la description fine de leur nature (verbales, psychologiques, physiques, sexuelles…), de leur fréquence et cumul, de leur ancienneté, des contextes et circonstances où elles se produisent (famille, travail, espaces publics, etc.), des liens existant entre les auteurs et les victimes (familiaux, par une connaissance, inconnus, etc.) et des conséquences sur le devenir des personnes (blessures, peur, perturbations des trajectoires scolaires, professionnelles, familiales, etc.). Elle porte une attention particulière au sexe des victimes et au sexe des auteur-e-s et replace les situations de violence dans le cadre plus global des inégalités de genre.

Le questionnaire de l’enquête Virage a ainsi intégré un dispositif qui permet d’expliciter le contenu des catégories « rapports sexuels forcés » et « attouchements ». Pour chacun des contextes de vie investigués (études, travail, relation de couple actuelle et passée, famille et proches, espaces publics), les enquêté-e-s étaient interrogé-e-s d’abord sur la survenue (au cours des douze mois) d’actes qui semblaient risquer d’être mal saisis par le terme « attouchements » : pour les femmes, il était demandé « quelqu’un a-t-il, contre votre gré, touché vos seins ou vos fesses, vous a coincé pour vous embrasser, s’est frotté ou collé contre vous », et pour les hommes « quelqu’un s’est-il, contre votre gré, frotté ou collé contre vous ? ». Cette première question est formulée différemment pour les femmes et les hommes, car lors des tests de nombreux hommes ont accueilli l’idée d’être embrassé de force ou se voir toucher les fesses avec des rires, confiant aux enquêtrices regretter de ne pas y avoir été confrontés. Si pour les femmes, la formulation correspond donc à des attouchements forcés, pour les hommes, on parlera dans ce texte de « pelotage ».

2,90 % des femmes déclarent avoir vécu au moins une forme de violence au cours des douze mois précédant l’enquête, soit près de 580 000 femmes. Au total, 2,57 % des femmes de 20 à 69 ans ont déclaré avoir vécu au moins une forme de violence sexuelle dans le cadre du travail, des études ou des espaces publics. Les autres actes de violences relèvent de la sphère privée, et se passent notamment au sein du couple, ou avec des ex-conjoint-e-s.

En ce qui concerne les hommes, ce sont 1,03 % d’entre eux qui déclarent une forme de violence sexuelle au cours des douze mois ayant précédé l’enquête. Dans la durée courte des douze derniers mois, rares sont les hommes qui déclarent des cumuls de violences sexuelles dans plusieurs espaces de vie, à l’exception de ceux qui en mentionnent à la fois au travail et dans les espaces publics (5 % des hommes ayant déclaré une agression sexuelle dans les 12 derniers mois).

En revanche, 42 % des femmes qui déclarent des violences par un membre de la famille ou de l’entourage proche en mentionnent aussi dans les espaces publics ou les relations avec des ex conjoint-e-s, et plus de quatre sur dix de celles qui mentionnent les agissements de leur ex-conjoint-e ont aussi souffert d’agressions sexuelles au travail, dans les espaces publics ou la famille et l’entourage proche.

Lire l’intégralité du rapport d’enquête ici.

Illustration : paolobarzman


Article publié le 24 Juin 2019 sur Larotative.info