Novembre 16, 2020
Par Marseille Infos Autonomes
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L’annonce du reconfinement prouve encore une fois que la vie des femmes et des minoritĂ©s de genre n’est pas « essentielle Â» pour le gouvernement. Nous dĂ©nonçons ce confinement Ă  gĂ©omĂ©trie variable protĂ©geant le capital et condamnant les plus prĂ©caires. En effet, les consĂ©quences de la mauvaise gestion de la crise sanitaire renforcent depuis des mois les violences : difficultĂ©s administratives, soins inaccessibles/suivi mĂ©dical interrompu, Plannings familiaux et associations fermĂ©es, difficultĂ© d’accĂšs Ă  l’IVG dans un contexte international remettant en question ce droit humain, chĂŽmage, manque d’hĂ©bergements d’urgence et pĂ©rennes, etc. À l’annonce du reconfinement, aucun mot du gouvernement pour soutenir les victimes de violences sexistes et sexuelles et les personnes en situation de prĂ©caritĂ©, davantage exposĂ©es Ă  ces violences.

MĂȘme si le confinement rend plus difficiles les actions, l’urgence dans laquelle nous nous trouvons fait que nous appelons Ă  une large mobilisation les 21 et 25 novembre, Ă  l’occasion de la journĂ©e internationale contre les violences faites aux femmes et aux minoritĂ©s de genre.

Féministes, femmes, lesbiennes, hommes trans et personnes non binaires, nous organiserons des actions ensemble, avec nos alliés et nos soutiens, avec toutes celles et ceux qui luttent contre le sexisme institutionnel, la domination masculine et les violences qui en découlent.

La crise Ă©conomique et sanitaire exacerbe et rend plus visible l’ampleur des violences sexistes, qu’elles soient verbales, physiques, sexuelles, Ă©conomiques ou sociales. Au travail, dans la rue ou dans la sphĂšre privĂ©e, ces violences sont quotidiennes et systĂ©miques. Elles touchent tout particuliĂšrement les personnes fragiles : les sans abri, les sans papiers, les dĂ©tenu·es, les personnes handi ou neuroatypiques, etc.

Nous sommes caissiĂšres, enseignantes, infirmiĂšres, femmes de chambre, Ă©tudiantes, aides Ă  domicile. Nous travaillons dans les secteurs les plus fĂ©minisĂ©s, essentiels au bon fonctionnement de notre sociĂ©tĂ©, envoyĂ©s en premiĂšre ligne lors de la crise sanitaire. Pourtant, nos mĂ©tiers sont dĂ©valorisĂ©s. Nous exigeons qu’ils soient mieux rĂ©munĂ©rĂ©s, Ă  la hauteur de leur utilitĂ©, leur pĂ©nibilitĂ© et leurs qualifications.

Femmes et minoritĂ©s de genre au travail, nous faisons face aux inĂ©galitĂ©s salariales, aux discriminations Ă  l’embauche, aux contrats prĂ©caires, au harcĂšlement moral ou sexuel. Nous luttons pour l’arrĂȘt de ces pratiques discriminatoires, l’égalitĂ© professionnelle de fait, ainsi que des politiques de solidaritĂ© protectrices pour tous·tes. Nous exigeons des salaires dignes, le retour des CHSCT dans les entreprises, l’interdiction des licenciements, et la prolongation des indemnitĂ©s chĂŽmage avec un minimum Ă©gal au SMIC. Nous demandons l’abandon du projet de rĂ©forme des retraites.

Dans la sphĂšre privĂ©e, nous assumons gratuitement la plus grande partie du travail domestique, d’éducation et de soin. Ce travail doit ĂȘtre partagĂ© et valorisĂ©. Nous refusons les stĂ©rĂ©otypes de genre qui nous assignent Ă  ces rĂŽles, durant toute notre vie. Nous exigeons des services publics gratuits et de qualitĂ© prenant en charge la petite enfance, l’éducation, la dĂ©pendance, la restauration et le nettoyage.

Travailleur·ses du sexe et prostitué·es, nous sommes stigmatisé·es et fragilisé·es par un cadre juridique discriminatoire. Les lois répressives ainsi que la crise sanitaire nous ont poussé·es davantage vers la précarité. Nous demandons la reconnaissance de nos droits et nous exigeons le retrait de la loi de pénalisation des clients.

Femmes et minoritĂ©s de genre, nous voyons, dĂšs l’enfance, nos corps surveillĂ©s et contrĂŽlĂ©s par les institutions. En tant que personnes LGBTQIA+, nous subissons des violences en raison de nos identitĂ©s de genre et de nos orientations sexuelles. Nous revendiquons l’autodĂ©termination et la libertĂ© de disposer de nos corps, l’arrĂȘt des mutilations intersexes, l’accĂšs Ă  une vie autonome et le respect du consentement mĂ©dical. Nous exigeons des services publics de santĂ© gratuits, et notamment un meilleur accĂšs Ă  l’IVG, l’ouverture de la PMA remboursĂ©e pour tous·tes, la gratuitĂ© et l’accessibilitĂ© de tous les moyens de contraception, des parcours de transition entiĂšrement remboursĂ©s et des dĂ©marches administratives transparentes et rapides.

Femmes et minorités de genre en situation de handicap, nos besoins ne sont ni pris en compte ni reconnus, que ce soit par les institutions ou par le gouvernement. Nous exigeons une place à part entiÚre dans cette société. Nous luttons contre toute forme de validisme et les violences qui en découlent.

Femmes et minoritĂ©s de genre racisĂ©es, nous sommes quotidiennement et de plus en plus stigmatisĂ©es, caricaturĂ©es et humiliĂ©es. Le racisme institutionnel complique notre accĂšs au travail, Ă  l’éducation, Ă  un logement, aux soins et nous met en danger dans la rue. Nous nous opposons Ă  toute forme de discrimination liĂ©e Ă  la race ou Ă  la religion. Nous dĂ©nonçons l’instrumentalisation du fĂ©minisme Ă  des fins racistes et impĂ©rialistes sous couvert d’universalisme ou de lutte antiterroriste, comme le fait actuellement le gouvernement, de maniĂšre brutale. Nous exigeons l’abolition des lois islamophobes, comme la loi du 15 mars 2004, qui empĂȘche les femmes portant le voile d’accĂ©der Ă  leur droit Ă  l’éducation, et le retrait total du projet de « loi visant Ă  renforcer la laĂŻcitĂ© et les principes rĂ©publicains Â», qui vise spĂ©cifiquement les musulman·es.

ExilĂ©es et expatriĂ©es, nous faisons face Ă  de nombreuses violences physiques et sexuelles durant nos parcours migratoires, et Ă  des violences d’État dans nos pays d’arrivĂ©e : mesures administratives arbitraires, rĂ©tention, exploitation au travail, absence de protection sociale. Nous luttons pour la libre circulation de tous·tes et des conditions d’accueil dignes pour les exilé·es. Nous exigeons des politiques migratoires sensibles au genre, avec une prise en charge des besoins spĂ©cifiques des femmes et des personnes LGBTQIA+.

Nous sommes des enfants, des femmes, des hommes trans, des personnes non-binaires, et nous faisons face au harcĂšlement, aux violences physiques et sexuelles, aux viols et aux fĂ©minicides dans l’indiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale, y compris celle des institutions qui prĂ©tendent assurer notre sĂ©curitĂ©. Lorsque nous les sollicitons, nous sommes confronté·es Ă  des violences policiĂšres, mĂ©dicales, judiciaires et sociales. Nous exigeons le respect de la parole des victimes et de rĂ©elles mesures contre les violences sexistes et sexuelles, en termes de prĂ©vention et d’éducation, de soins, de protection et d’accĂšs aux droits. Nous demandons l’arrĂȘt de toute violence institutionnelle, en particulier des violences policiĂšres et judiciaires visant spĂ©cifiquement les personnes prĂ©caires et racisĂ©es.

FĂ©ministes internationalistes, nous avons appris, avec les grĂšves fĂ©ministes mondiales, que nous sommes fort·es ensemble et que nous devons unir nos voix pour nous faire entendre. À l’occasion de la journĂ©e internationale du 25 novembre, nous rĂ©affirmons notre solidaritĂ© avec toutes celles et ceux qui luttent, par-delĂ  les frontiĂšres, contre le sexisme et le racisme institutionnels, pour construire une sociĂ©tĂ© dĂ©barrassĂ©e des inĂ©galitĂ©s, de l’exploitation capitaliste, des rapports de domination et des violences qu’ils causent.

FĂ©ministes luttant au sein de diffĂ©rents mouvements et collectifs, mobilisons-nous ensemble pour cette journĂ©e internationale : soyons visibles, faisons bloc, crions notre colĂšre et notre volontĂ© de vivre libres, dans la dignitĂ© et dans la paix !

Signataires :

Acceptess-T

Art en gouine

Assemblée féministe Toutes en GrÚve 31

Collectif Emancipation

Collectif FĂ©ministes RĂ©volutionnaires

Droits des femmes Rouen

Du Pain et des Roses

Fédération Parapluie Rouge

Féministes révolutionnaires Nantes

Gilets jaunes intermittent·e·s chÎmeur·e·s précaires

Héro·ïnes 95

Les Attentives, compagnie théùtrale humaniste et féministe

Les Bavardes, collectif lesbien et féministe

Les Grenades

Marseille 8 Mars

Marseille FĂ©ministe

Mouvement des femmes kurdes Toulouse

Nous Toustes 38

Nous Toutes 35

Strass – Syndicat du travail sexuel

Transat, association trans Ă  Marseille

T-Time, association trans & intersexes

Womensplaining




Source: Mars-infos.org