« Depuis la fin du XXe siècle, les grandes puissances impéraialistes sont entrées dans une nouvelle phase de conquête à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur de leurs frontières. Les différentes formes de misère, les inégalités socio-économiques et les révoltes populaires s’étendent et se multiplient. Dans le même temps, le contrôle, la surveillance et la répression sont devenus des marchés très profitables. Il existe des liens structurels entre ces phénomènes et les transformations des violences policières.

« La » police est un appareil d’Etat chargé de maintenir “l’ordre public” par la contrainte. Elle est organisée rationnellement pour produire de la violence. Les études focalisées sur ce quon appelle des ” violences illégitimes ” ou “illégales “, des “bavures” et des “accidents” n’observent qu’une partie du phénomène. Elles insistent sur le fait que la police tente de réduire le risque de tuer dans les sociétés qu’elle appellent “démocratique”, que les agents de la force publique travaillent à contenir leur violence et que le brutalisation physique ne représente qu’une exception. Ces observations ne permettent pas de comprendre l’impact et les effets sociaux de comportements peut-être minoritaires dans la vie d’un policier, mais qui structurent profondément la vie de ceux qui les subissent quotidiennement et de plein fouet. Elle masque aussi le système général des violences symboliques et physiques provoquées par l’activité policière. Les rondes et la simple présence , l’occupation virile et militarisée des quartiers, les contrôles d’identité et les fouilles au corps, les chasses et les rafles, les humiliations et les insultes racistes et sexistes, les intimidations et les menaces, les coups et les blessures, les perquisitions et les passages à tabac, les techniques d’immobilisation et les brutalisations, les mutilations et les pratqiues mortelles ne sont pas des dysfonctionnements ; il ne s’agit ni d’erreurs, ni de défauts de fabrication, ni de dégats collatéraux. Tous ces éléments sont au contraire les conséquences de mécaniques instituées, de procédures légales, de méthodes et de doctrines enseignées et encadrées par des écoles et des administrations. Même les meurtres policiers sont pour une grande partie des applications d’idées et de pratiques portées par les différents niveaux de la hiérarchie policière et politique. Le mot

“police” à lui seul contraint chaque fois qu’il est prononcé et par sa seule existence. Toute la police est violence jusque dans ses regards et ses silences. »

Mathieu Rigouste ; La domination policière, une violence industrielle chez les éditions la fabrique.

Ici, il y a à peine quelques semaines, Jan Jambon se vantait d’avoir attirer les foules aux portes ouvertes de la police. Il se vantait aussi de son « plan canal » qui projette d’assurer plus de présences policières dans certaines communes de la région. Alors que les effectifs semblent augmenter, les flics déposent un préavis de grêve . A la SNCB, on propose d’armer les agents du rail, on équipe les bagnoles de caméras de surveillance à 10 000 boules, on militarise les rues…

Selon La ligue des droits de l’Homme, les violences policières touchent toutes les catégories de population. Il y a trois ans, le 15 mars 2013, à l’occasion de la journée internationale contre les violences policières, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) mettait en ligne le site internet de l’Observatoire des violences policières. Un site plutôt mal perçu par le corps policier (lien qui donne sur un forum de la police belge).

Depuis, les témoignages sont encore trop nombreux. Les violences policières continuent, sont loin d’être toutes répertoriées et l’impunité des flics reste constante.

Néanmoins, rappelons qu’en 2014, l’Etat belge était condamné par la Grande chambre de la Cour européenne des Droits de l’Homme pour des violences policières à Saint-Josse. Ici, trois policiers avaient été suspendus après le tabassage d’un détenu.

Mais rappelons nous aussi de toutes les victimes de cette répression.

Ainsi, la campagne stop repression continue elle aussi et appelle à venir manisfester contre les violences policières ce mardi 15 mars.

Autres liens :
Kairos
Gsara
Une parodie du Kamasutra pour lutter contre les violences policières au Brésil