Depuis plusieurs semaines les attaques, agressions ou actions de communications des divers groupuscules d’extrême-droite se multiplient. Le point d’orgue aura sans doute été l’ « attaque » du Saint-Sauveur à Paris, la veille de l’anniversaire du meurtre du militant syndicaliste et antifasciste Clément Méric sous les coups de militants néonazis.

Ce jeudi 4 juin vers 21 heures dans le quartier populaire de Ménilmontant, dans le nord de Paris, alors qu’attablée en terrasse profitant des derniers rayons de soleil et du déconfinement tant attendu, les client-es du Saint-Sauveur, mais également des établissements alentours, ont soudain vu débarquer une vingtaine d’individus cagoulés et armés en mode Blitzkrieg. Cette lâche attaque revendiquée par le groupuscule les « Zouaves Paris », héritiers du GUD, s’est soldée par une riposte unitaire des personnes présentes et des jeunes du quartiers, tous uni-es contre la vermine fasciste. On peut voir ces derniers pérorer sur une photo avec leur magnifique « butin »… qui se résume à deux tee-shirts dérobés !

Cette attaque, si minable soit-elle, est néanmoins symbolique en ce qu’elle est intervenue la veille du septième anniversaire du décès de notre camarade Clément Méric. Ses assassins, des skinheads néonazis alors proches de Troisième Voie, le mouvement aujourd’hui dissout de Serge Ayoub, figure charismatique du milieu nationaliste parisien, ont été reconnus coupables et condamnés en première instance. Toute nos pensées sont aujourd’hui tournées vers la famille et les proches de Clément, toujours dans l’attente de la tenue du procès en appel, et dont la mémoire est salie par ces nazillons. De même que la dégradation à Nantes en février dernier d’une fresque en hommage à Steve, noyé dans la Loire suite à une charge de police, ces salauds souillent nos lieux de mémoire et se réjouissent de la mort des nôtres, tout comme leurs aïeux franquistes et leur sinistre « ¡Viva la muerte ! ».

Supplétifs des forces de l’ordre

Cette saillie fait suite à de nombreuses autres depuis la fin du déconfinement : attaques multiples à Montpellier (voir article) ; attaque par des néonazis d’une radio associative à Saint-Julien-Molin-Molette dans la Loire le 10 mai ; destruction des vitrines du café associatif l’Hydre à Crest dans la Drôme dans la nuit du 14 au 15 mai ; saccage des locaux du PCF et de l’association l’Insolente à Chambéry dans la nuit du 4 au 5 juin dernier. À Lyon, Génération Identitaire a tenté d’occuper le terrain dans un mode supplétif des forces de l’ordre avec une « tournée de sécurisation » dans le centre de Lyon le 28 mai dernier. Ces actes, encore minoritaires, sont un signal qu’il ne faudrait pas négliger, toutes les fois où nous baissons la garde, l’extrême-droite se tient prête à ressurgir. Ne leur laissons pas la rue. Face à l’extrême-droite sous toutes ses coutures : Autodéfense solidaire et populaire !

La Commission antifascisme


Article publié le 10 Août 2020 sur Unioncommunistelibertaire.org