Lors du dernier conseil de ville qui s’est tenu à Chicoutimi le lundi 3 février, la mairesse et une bonne partie des conseillers et conseillères ont voté à 11 contre 3 pour une résolution visant à appuyer le groupe Je crois en ma région. Ce « mouvement », dont le salaire de la porte-parole Karine Trudel est payé par les fonds publics via Promotion Saguenay, soutien Arianne Phosphate, Métaux BlackRock et GNL Québec. Le regroupement vise à faire la promotion des différents projets et voit dans ces derniers une manière de revitaliser la région du Saguenay-Lac-St-Jean. Toutefois, le but ici n’est pas de refaire une critique de ce groupe, pour cela il suffit de cliquer sur ce lien : Je crois en ma région : quand Goliath mange David.

Devant cette nouvelle courbette du conseil de ville, plus d’une centaine de personnes se sont mobilisées en moins de 24h afin de démontrer son opposition aux différents projets et bien faire comprendre à la mairie que la population n’est pas unie derrière GNL et compagnie. Il y a des gens qui ont une autre vision pour notre région. Un développement qui ne passe pas par la destruction de nos milieux de vie et l’enrichissement d’une poignée de personnes déjà très bien nantis.

La mascarade des conseils de ville 

Évidemment, il n’y avait pas grand-chose à attendre de ce conseil de ville. Tout est déjà booké d’avance et il s’agit beaucoup plus d’un cirque que d’une réelle instance de démocratie. Toutefois, il est pertinent d’aller les confronter et de sortir aux yeux de tous et toutes les intérêts que défendent la mairesse, les conseillers et les conseillères. Pendant la période de questions, Josée Néron a pu démontrer toute son incompétence. Après tout, pas facile de garder la face en voulant défendre cette brochette de projets ultrapolluants où les millions vont aller dans les poches d’actionnaires étrangers.

Tout d’abord, elle a tourné autour du pot lorsqu’il est venu le temps d’expliquer pourquoi la Ville de Saguenay donnait de l’argent à un groupe (Je crois en ma région) qui fait la promotion de projets comme celui de GNL Québec (dont le co-dirigeant américain Jim Breyer est milliardaire [1]. Il est bien capable de faire sa promotion tout seul! En plus, GNL Québec a engagé 20 lobbyistes.) Néron a sorti sa ligne de com’ en mentionnant que Je crois en ma région est un regroupement qui fait la promotion de notre région comme territoire où de grands projets (pas seulement celui de GNL) peuvent être mis de l’avant et que les investisseurs peuvent voir le Saguenay-Lac-Saint-Jean comme un endroit potentiel afin d’investir dans divers projets.

𝗗𝗲𝘀 𝗿𝗮𝗺𝗶𝗳𝗶𝗰𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝘁𝗲𝗻𝘁𝗮𝗰𝘂𝗹𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗲́𝗹𝘂-𝗲-𝘀 𝗱𝗲 𝘃𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗦𝗮𝗴𝘂𝗲𝗻𝗮𝘆 𝗲𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗮𝗰𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗲𝘁 𝗮𝗰𝘁𝗿𝗶𝗰𝗲𝘀 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗿𝗲́𝗴𝗶𝗼𝗻 𝗾𝘂𝗶 𝗱𝗼𝗻𝗻𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗮𝗽𝗽𝘂𝗶 𝗮̀ 𝗚𝗡𝗟/𝗚𝗮𝘇𝗼𝗱𝘂𝗾.

En gros, que Saguenay est aussi ouvert à se faire exploiter au même degré que partout sur la planète! Après, quand une citoyenne a demandé à la mairesse pourquoi la Ville investi encore dans les énergies fossiles, Néron a encore une fois évité la question. Jamais elle n’a parlé d’énergie fossile dans sa réponse… Pour écouter l’entièreté de la période de questions, ici. Les interventions touchant l’appui de Je crois en ma région commence vers la 33ème minute: https://ville.saguenay.ca/la-ville-et-vie-democratique/conseils-municipaux-et-darrondissement/les-conseils-en-direct

Cet appui vient reconfirmer une fois de plus ce que nous savions déjà. La mairie est main dans la main avec tous les acteurs et groupes qui travaillent à mettre en place et faire accepter socialement les projets industriels. D’appui politique à aide économique, le conseil de ville est à fond avec la grande industrie. Il n’y avait rien à espérer du côté de l’administration municipale, mais maintenant tous les masques sont tombés. Cette administration est une courroie de transmission du discours des industriels et une aide précieuse qui vient changer au besoin les règles et les lois afin de rendre légales de telles absurdités en plus de financer une partie des projets. Les vrais assistés sociaux, ce sont ces industries qui dépendent sans arrêt du financement public. Privatisation des gains et socialisation des pertes, non merci! La lutte continue et les « grands projets » ne passeront pas! Notre futur ne se trouve pas dans les énergies fossiles et la mutilation de nos territoires!
[1] Pour en connaître davantage sur Jim Breyer et sa femme qui investit dans le charbon, lire le très bon texte de Ricochet.

Article publié le 05 Fév 2020 sur Ucl-saguenay.blogspot.com