Le foyer ADEF de Saint-Ouen, construit dans les années 1980, est habité par près de 300 travailleur·euse·s migrant·e·s, notamment originaires d’anciennes colonies françaises en Afrique. Suroccupé, insalubre, ses habitant·e·s déplorent le manque d’investissement et de réactivité du gestionnaire ADEF. Bien que la rénovation du foyer ait été annoncée en 2013 — et cela plusieurs années après que les résident·e·s se soient mobilisé·e·s pour vivre dans des conditions décentes — elle a par la suite été suspendue par la municipalité de Saint-Ouen qui, fraîchement élue en 2014, refusa de délivrer le permis de construire.

Les Jeux olympiques, avec le projet de construction du village olympique sur ce site, viennent soutenir la volonté du maire d’éloigner le foyer du secteur dans une perspective de spéculation immobilière. Alors que la SOLIDEO (Société en charge de la livraison des ouvrages olympiques) se vante de l’aménagement d’un futur quartier « durable », on oblige les populations résidentes à partir, ou à accepter des conditions de relogement inadmissibles. On leur propose d’être relogé·e·s temporairement (de 2020 à 2022) sur une étroite parcelle sur le chantier même du village olympique, les contraignant à vivre encore dans la promiscuité et le bruit. Car cela fait déjà six mois que le chantier du Grand Paris Express est installé juste sous leurs fenêtres 24/24 heures et 6/7 jours. Puis, courant 2023, deux résidences, toutes deux situées en dehors du périmètre du village olympique, seront censées les accueillir.

Pour tenter de justifier ce traitement profondément injuste, il a été répondu que les foyers d’hébergement n’étaient pas des « logements pérennes ». Les résidant·e·s du foyer ont droit, comme toute autre personne, à un logement digne qu’il soit provisoire ou pas. Certain·e·s habitent le foyer depuis près de quarante ans, il·elle·s y sont attaché·e·s, ainsi qu’au quartier.

Pour qu’il soit véritablement « durable », le village olympique doit permettre à tou·te·s de bénéficier de meilleures conditions de vie, à commencer par les habitant·e·s actuel·le·s du territoire. Suite à la lettre du comité des résident·e·s adressée au maire, restée sans réponse, nous rédigeons ce communiqué afin de publiciser nos revendications :

⁃ des conditions de relogement dignes, qui garantissent la santé et la tranquillité de chacun·e dès aujourd’hui

⁃ le droit de retour des résident·e·s sur le site après les Jeux olympiques.

Si vous voulez soutenir ces revendications et rejoindre le mouvement :

RDV le samedi 9 novembre à 11h

pour une manifestation au départ du foyer

82, rue Saint-Denis à Saint-Ouen


Article publié le 07 Nov 2019 sur Paris-luttes.info