28 novembre 2025
Par Marseille Infos Autonomes (source)
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Colonisation, annexion, répression, déportation, russification

Après près de quatre ans de guerre, la Russie contrôle environ 20 % du territoire ukrainien. Les zones occupées comprennent : la Crimée (annexée en 2014), la quasi-totalité de Lougansk et environ 79 % de Donetsk, ainsi que des parties des régions de Kherson et Zaporijjia. Nous sommes clairement en présence d’un projet de colonisation et d’annexion, mais également de russification à marche forcée.

Les populations des régions administrées par Moscou ont eu jusqu’au 10 septembre dernier pour partir ou « régulariser » leur situation, c’est-à-dire adopter le passeport russe. Beaucoup se résolvent à devenir russes, pour sauvegarder leurs biens, accéder aux services de soins et aux droits élémentaires, comme conduire par exemple ;

Les territoires occupés subissent une répression sévère : arrestations arbitraires, propagande et endoctrinement. On compte des dizaines de milliers de civils emprisonnés, des dizaines de milliers de disparus (le Conseil de l’Europe parle d’environ 74 000 disparus). Environ 35 000 enfants ukrainiens auraient été déportés vers la Russie (Selon le laboratoire Humanitarian Research Lab de l’Université de Yale). Ils y subissent un endoctrinement pro-russe, dans la perspective impériale de russification pour la construction d’une « Grande Russie » (Novorossia comme projet d’Etat). Si 1700 de ces enfants ont pu être rapatriés, des milliers restent coupés de leurs familles.

Au niveau militaire, les combats sont intenses, surtout dans le Donbas. La Russie continue ses frappes massives contre les infrastructures et civils (exemple : attaque meurtrière à Ternopil avec 26 morts dans la nuit du 18 au 19 novembre).

Au niveau diplomatique, le plan de paix américain, proposant la cession des régions occupées, est rejeté par la population et par Kyiv, jugeant ses conditions proches d’une capitulation. Et au regard des conditions de « vie » décrites ci-avant, comment envisager ces nouvelles annexions autrement que comme un élargissement des zones sous emprises dictatoriales ?

Les zones occupées sont dévastées : infrastructures ruinées, population sous pression. Des risques majeurs pèsent sur la vie des habitants et l’économie : déportations, privation de libertés, exploitation des ressources locales (exemple : centrale nucléaire de Zaporijjia sous contrôle russe, vol des récoltes de céréales, …). S’ajoutent également la militarisation forcée des territoires, l’enrôlement forcé des hommes dans l’armée russe, la confiscation des biens privés, la russification imposée du système éducatif, ainsi que la coupure des communications et des services essentiels. Ces conditions rendent toute vie quotidienne précaire et empêchent tout développement économique, accentuant encore la dépendance des habitants aux autorités d’occupation.

Connaître et soutenir les réseaux de résistance

A grands traits, mais Karyna nous proposera une analyse plus détaillée, voici un panorama des formes et organisations de résistance civile et militaire dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie.

Il existe une résistance militaire organisée, basée d’une part sur les forces d’opérations spéciales ukrainiennes infiltrées dans les zones occupées pour sabotage et renseignement ; d’autre part sur de petites unités partisanes opérant dans Donetsk, Zaporizhzhia, Lougansk et Kherson, souvent coordonnées avec l’armée régulière et menant des attaques ciblées ; enfin le Service de sécurité d’Ukraine (SBU) qui réalise des opérations derrière les lignes de front.

On trouve par ailleurs toute une palette de forme de résistance civile et de réseaux clandestins : Ruban jaune : mouvement pacifique qui marque les villes occupées avec des rubans jaunes, symboles de l’Ukraine libre, ou encore le bien connu mais fort discret groupe « Atesh », réseau clandestin de partisans et d’informateurs, actif en Crimée et dans le sud, relayant notamment des renseignements aux forces armées et pratiquant des actions de sabotage civil : destruction de voies ferrées, affichage de slogans pro-ukrainiens, diffusion d’informations pour contrer la propagande russe.

Notons que la société civile tente de continuer de se mobiliser à l’extérieur des territoires occupés pour apporter du soutien humanitaire aux personnes déplacées, mais aussi pour aider à l’évacuation d’enfants notamment.

Hromada Crimea, dont est issu Karyna, et Zla Mavka, dont nous présenterons un documentaire, sont deux de ces réseaux civils de résistance en territoires occupés. Ce sera l’occasion de comprendre de quelle mesure l’ensemble des initiatives, civiles et militaires, sont en relation et se coordonne pour chasser l’envahisseur.






Source: Mars-infos.org