Semble-t-il tellement plus simple de se murer auprès de son poste télé ?

Avachi, confiné devant un spectacle sans cesse renouvelé.

Des talk-shows insipides, des JT dont la bassesse n’a d’égale que la malhonnêteté.

Se lever, travailler, le soir recommencer.

Se pourrait-il que ce monde découvre enfin la nullité du contrat par lequel il s’est lié ?

Qui promettait hier que troquer sa vie pour consommer serait l’antidote à la vacuité.

Que cette existence ainsi monnayée serait l’architecte du progrès.

Se pourrait-il que nos contrées assoiffées de lucre se rendent à l’évidence ?

La vacuité ne se remplit guère de vide ni de superficiel.

Les heures sacrifiées à l’autel des biens consommés ne le sont plus qu’en vain, si ce n’est pour recommencer.

Le progrès mainte fois scandé ne profite plus qu’à certains.

La misère d’en face n’est-elle pas trop visible, mes seigneurs ?

L’incohérence du discours égrainé entre deux minutes de temps de cerveau disponible n’est-elle pas trop criante ?

Les consommations promises ne sont-elles pas trop réduites ?

Il est un moment navrant en ce monde où la jeunesse d’une nation n’est pas écoutée par ses pères.

Qu’ainsi happés par le chant des sirènes, le vacarme de la rue ne parvienne pas à leurs oreilles.

Jeunesse lève-toi, entend-on çà et là.

Le refrain paternaliste est encore invoqué.

Voilà que le monstre aussi bien admiré que craint s’est levé.

Et c’est lui qui se démène par delà les étendards, les reproches et les chaînes.

Les sommations intéressées viennent à poindre de tous côtés, mais personne ne se montre et l’entraîne.

La fureur des jeunes loups s’apprivoise difficilement, se réprime certes, mais ne s’éteint pas.

Devrions-nous nous aussi nous soumettre à l’adresse ?

Ce bruit de nos pas sur les pavés ne fait-il pas bien écho à nos voix ?

Vieillesse lève-toi !