Avril 21, 2020
Par Le Pressoir
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Les médias de masse nous racontent :

Selon (…) France Bleu jeudi, trois policiers municipaux décident, vers 22h30, de contrôler un homme qui marchait dans les rues de Béziers, alors que son maire Robert Ménard, qu’on ne présente plus — raciste, islamophobe et adepte de la théorie extrémiste du “grand remplacement” — avait été parmi les trois premiers maires, dès le 21 mars, à décréter un couvre-feu interdisant tout déplacement de 20h à 6h [1]

L’interpellation est brutale. Tellement brutale que le procureur se sent obligé (encore) de couvrir les policiers. Il fera cette déclaration jeudi 9 avril :

Les policiers municipaux entendus dans la nuit en audition libre ont expliqué avoir eu des difficultés à le menotter puis à le faire entrer à l’arrière de leur véhicule en le maintenant sur le ventre. Un policier municipal se serait alors assis sur les fesses de l’individu encore très excité dans le but de le maintenir jusqu’à sa conduite au commissariat de police à quelques centaines de mètres du lieu d’interpellation. Il se serait calmé au cours du bref transport, les trois policiers affirmant l’avoir entendu “ronfler”, leur laissant penser qu’il s’était endormi.

Procureur de Béziers

D’autres journaux vont plus loin. Et utilise une méthode usé jusqu’à la corde : “salir pour mieux punir” ou comment dépolitisé un sujet.

L’article [du Midi Libre] vise à convaincre le lecteur que la mort de cet homme importe peu : « La victime [est] un accro aux stupéfiants bien connu de la ville. […] Les policiers municipaux auraient eu du mal à l’arrêter, mais c’est souvent le cas avec les toxicomanes. Ce dernier était très connu de la justice et avait posé des problèmes à plusieurs reprises aux forces de l’ordre. Le 5 avril, il avait d’ailleurs été placé en garde à vue pour un vol à l’arraché. » Le média Métropolitain parle d’un « SDF » qui « avait déjà été interpellé dans la journée pour des dégradations volontaires d’un véhicule ». Il était donc SDF, mais n’avait pas respecté le couvre-feu ?

Ces informations proviennent de sources policières, mais elles sont livrées sans conditionnel, alors que les policiers cherchent précisément à se protéger, et cela passe par la diffusion dans la presse d’éléments de langage visant à les disculper et à marginaliser la victime. Midi Libre et Métropolitain reçoivent quotidiennement des messages de la police pour remplir leur sinistre rubrique « faits divers », et ils rendent la pareille à diverses occasions, notamment en les protégeant lors de suspicions d’homicide.

Depuis 1977, on compte au moins 82 personnes mortes alors qu’elles étaient en état d’arrestation dans un commissariat ou une gendarmerie, ou lors de leur transfert alors qu’elles venaient d’être interpellées, sans évoquer toutes les victimes qui n’ont pas été recensées. Nous explique Le Poing.

Désarmons-les va plus loin :

Pourtant, de nombreuses personnes vivent des conditions de confinement difficiles voire misérables. S’appliquer à rendre aussi invivable l’extérieur que l’intérieur relève du pur cynisme. La ville de Béziers a, depuis longtemps, une longueur d’avance sur le devenir fasciste de notre société.

Le 8 avril, ce n’est pas une des armes à feu dont sont équipées la police municipale de Béziers qui a tué un homme, mais bien, une nouvelle fois, une “technique d’immobilisation” : au moins un des agents s’est assis sur l’homme allongé à plat ventre et menotté dans la voiture. Ces techniques détestables sont responsables d’un nombre conséquent de décès, provoqués par des interventions des forces de l’ordre, comme le rappelle la campagne “Laissez-nous respirer !” du Collectif vies volées qui lutte depuis des années pour leur interdiction totale.

Merci à tous les collectifs autonomes qui s’organisent et luttent contre les violences policières. Malheuresement je pense qu’elles ne cesseront que face à une auto-défense populaire et globale.

Les dénoncer, les attaquer, acab !




Source: Lepressoir-info.org