Juillet 11, 2022
Par Lundi matin
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Les grandes rues

Vides

De cette ville

Le grand vide des rues

De cette grande ville

Le vide des grandes rues

Vidant la ville

Oh si pleines pourtant, grouillantes,

Hurlantes de petits bonheurs des dames et

Des messieurs

Boutiqués astiqués lessivés du sang

De l’Enfant-Roi

Sueur des rues hémorragie des artÚres

DĂ©pressions multiples le pouls bat trop

Trop vite trop fort ou trop lentement

La grande ville en sueur se vide

De son sang

Blancheur d’albñtre en plein midi

Plus chatoyant de couleurs tu meurs

Plus pùle et transparent tu brûles

Les derniers restes de ton corps abandonné

De tous les corps abandonnés

Qui t’entourent

Par le plein détournement de plénitude

La grande ville fait le vide dans ses rues

Toutes ces rides jamais vues de la ville jusqu’alors

Soudain apparues

Toute la ville rit de se voir si vieille

En son brillant miroir d’étĂ©

Au calme des cimetiĂšres

La conférence des morts

Honneur gloire et vengeance

Pour l’amour dĂ©funt

Des pauvres de la Terre

Pùre Mùre Frùres et SƓurs

Maintenant orphelins enfin

Pissant au pied du drapeau

Puis les uns sur les autres grimpés

Y mettant le feu

Les grandes rues de la ville se vident

De tous leurs défilés

Dans l’arriùre-cour on conspire

La haine on transpire

Il faut que le corps exulte

Et faire gicler l’abcùs

« Les loups sont entrĂ©s dans la ville Â»

89 sagement assis sur des bancs

De velours rouge

Le poil lisse parfumé le nez aux aguets

Qui renifle dégageant visible

La pointe des crocs

L’animal est trop beau, pauvre loup

Non ! Des humains

Tout bĂȘtement comme les autres

Sagement assis sur des bancs

De velours rouge

La tĂȘte sertie d’une couronne de serpents

Les rues vides de la ville

Grouillante s’emplissent

D’une rumeur sourde

Indéchiffrable

Le grand vide additionne les unités

Innombrables précipitées vers

L’Avenue des Abattoirs

Grand rue ruelles et impasses

Boulevards et dessertes

Périphérique et 4 voies

Aux confins du ban désolés isolés

LĂ -bas

Fume le macadam

Aprùs l’averse du soir

FraĂźche douleur de juillet

Ici lĂ -bas peut-ĂȘtre s’annonce

Le grand lendemain

Tout l’aujourd’hui se vide

Aspire siphonne jusqu’aux

Librairies refuges déçus

D’oĂč s’écoulent des flots

De pages d’encre et de papier

Les grandes rues vident la ville

De son sang d’encre, des fleuves de livres

Coulent rapides tumultueux sous les ponts

Les eaux barbares civilisent

Le dernier effroi

De bouche en bouche « Et maintenant ?

Et maintenant ? Et maintenant ?

Et maintenant ? Et maintenant ? Et maintenant ? Â»

Passe le poĂšte aux yeux exorbitĂ©s « lĂ  oĂč croĂźt le pĂ©ril
 Â»

Se prend aussitĂŽt une grande baffe

Se vautre dans le caniveau

Son corps flotte parmi les immondices

Dans les grandes rues de la ville

Qui n’en finit pas de se vider

De son vide

Deux amoureux enlacés

TĂȘtes inclinĂ©es l’une vers l’autre

Avancent lentement nonchalamment vers

Le « futur gris Â» qui s’ouvre devant eux

A l’infini

Dans leurs poches chacun tient

Un révolver chargé

Qui sait

Si les keufs dĂ©cidaient d’écraser

La fleur d’Amour

Manifestée

Le Horsain




Source: Lundi.am