Les
cours, examens et concours sont perturbés par la pandémie de
COVID-19 et les mesures comme la fermeture des établissements de
l’ESR prises pour l’arrêter. Le 27 mars, afin de permettre le
déroulement des examens, le gouvernement publiait une
ordonnance  r
elative à l’organisation des examens
et concours.
Cette ordonnance sans précédent et prise sans
aucune consultation donne de fait les pleins pouvoirs aux
présidences, rectorats et ministères pour modifier l’ensemble des
règles relatives aux examens et concours. Au prétexte de la gestion
de l’urgence des examens, il s’agit pour le ministère et les
présidences d‘imposer sous le choc de la crise des
mesures souhaitées, voir préparées depuis longtemps,
comme le
développement d’examens dématérialisés. 

La
brièveté
de la
rédaction
de
l’ordonnance permet

aux présidences,
rectorats
et ministères
de bénéficier de
grandes libertés

notamment ce qui concerne les
délivrances des diplômes, les modalités d
es
épreuves des
examens
(
comme
la nature, le nombre ou les coefficients)
et
les modalités d’accès
aux
formations.
Ainsi,
les universités peuvent modifier la nature des examens en prévoyant
des épreuves en lignes, réduire le nombre d’épreuves en les
fusionnant ou même modifier les dispositions relatives aux
suspicions de fraudes en annulant pour l’étudiant-e l’épreuve sans
conseil de discipline.

Si
les Commissions de Formation et Vie Universitaire (CFVU) peuvent être
consultées, les Présidences peuvent passer outre en considérant
qu’il y a impossibilité matérielle de les réunir.
Nous ne
doutons pas que les Présidences se saisiront de ce prétexte pour
contourner les conseils et les représentant-e-s étudiant-e-s.
L’ordonnance offre uniquement comme garantie que les modalités
d’examens doivent être annoncées 15 jours en avance et garantir
l’égalité entre les candidat-e-s. Ce
délai semble bien trop court

pour nous
préparer à de nouvelles formes d’épreuve. De
plus,
le
principe flou
d’égalité entre les candidat-e-s dépend
de
la libre appréciation des présidences.

Nous
nous inquiétons particulièrement pour les étudiant-e-s ne
disposant pas de matériel informatique ou logiciels adéquats, pour
celles et ceux qui ont des connexions défaillantes ou
qui ne peuvent pas s’isoler durant les épreuves.
Cela représente
un nombre important d’entre nous et le peu de mesures prises dans
l’urgence pour pallier l’absence d’accès aux ressources
informatiques ne suffisent pas. De même, la fermeture des
bibliothèques ne pouvant être compensée par des ressources
informatiques, l’impossibilité
de continuer des enquêtes de terrain ou des
travaux en
laboratoire compliquent la rédaction des mémoires. Nous
nous inquiétons aussi pour
celles et ceuxayant
un
handicap nécessitant des aménagements particuliers
lors des examens
risquant de ne pas être pris en
compte.

De
plus, s’il y a maintient du principe d’égalité, cela pose des
questions pour les rattrapages du premier semestre. En effet, il sera
quasiment impossible de modifier les épreuves afin de garantir
l’égalité des candidat-e-s entre la première et la seconde
session. Ainsi,
la pertinence de cette ordonnance pose question : Dans
la mesure où les épreuves du premier semestre sont similaires,
pourquoi modifier
celles
du second semestre ? 

Enfin,
les mesures sont
prévues jusqu’au 31 décembre alors qu’elles devraient
être conditionnées uniquement
à la durée de la crise sanitaire.
Cependant, vu l’absence d’information fiable de la part du
gouvernement sur la
durée de l’épidémie,
on peut s’interroger sur la durée effective des mesures. Il
nous semble donc clair que ces mesures sont prises pour modifier
durablement les conditions d’évaluations et d’examens, à des fins
politiques,

comme
en 2018 à Montpellier III
où les examens dématérialisés furent utilisés pour contourner le
blocage de l’université,
puis furent formalisés dans les modalités de contrôles des
connaissances (MCC). 

Pour toutes ces raisons, Solidaires étudiant-e-s s’oppose à cette ordonnance et aux modalités de contrôle des connaissances en découlant. S’il y a impossibilité de tenir les examens prévus même avec un réaménagement du calendrier universitaire, nous exigeons la validation automatique des semestres avec possibilité rendre des travaux pour améliorer la note. De plus, vu le contexte général et la modification des règles d’examens faussant l’étude des dossiers des candidatures pour les masters, nous demandons la suspension de la sélection en master pour les deux ans à venir.


Article publié le 03 Avr 2020 sur Solidaires-etudiant-e-s.org