DĂ©cembre 23, 2020
Par Partage Noir
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C’est Ă  ce moment que commence sa vie de militant. Il entre d’abord au parti blanquiste, dans le VIe arrondissement, sous l’influence de Delacour, ancien communard, qui revenait, avec Allemane, de la Nouvelle. MalgrĂ© tout, il n’osait trop se lancer, s’occupant plus spĂ©cialement des affaires de son groupe, prenant rarement la parole.

Il resta trois annĂ©es dans le parti blanquiste. Puis, peu Ă  peu, il se prit Ă  militer dans les milieux syndicaux. En juin 1899, il Ă©tait dĂ©lĂ©guĂ© Ă  l’Union des syndicats. C’était sous le ministĂšre Millerand. Le gouvernement cherchait alors, par des intrigues et des projets de loi spĂ©ciaux, Ă  s’emparer de la Bourse du Travail. Un jour, Keufer, le grand manitou du Livre, proposa Ă  ses camarades d’offrir un banquet au ministre. SinguliĂšre proposition, on en conviendra, pour un dĂ©fenseur de la classe exploitĂ©e. Griffuelhes se dressa et, en quelques mots dĂ©cisifs, combattit la proposition de Keufer. Ce dernier n’insista pas d’ailleurs. Il attendit une occasion meilleure de prouver son attachement aux maĂźtres et son larbinisme.

Keufer n’était pas, du reste, le seul ami de Millerand. Il y avait aussi Briat. Ce Briat, qui est aujourd’hui membre du Conseil supĂ©rieur du Travail, Ă©tait alors un grĂšve-gĂ©nĂ©raliste presque aussi acharnĂ© que le camarade Briand. DĂšs que Millerand prit le portefeuille, il eut l’inspiration heureuse de lui adresser une lettre de fĂ©licitations, lettre signĂ©e Ă©galement par Moreau, BeaumĂ©, etc. Personne ne s’avisait de demander des comptes Ă  ces thurifĂ©raires. Seul, Griffuelhes, avec l’aide d’un nommĂ© Blum, aujourd’hui disparu et alors appartenant au syndicat des orfĂšvres, protesta violemment contre l’envoi de cette lettre et dĂ©montra qu’elle avait un caractĂšre officiel, chaque signataire ayant fait suivre son nom de sa qualitĂ©.

Cette intervention n’était pas inutile. Le monde syndical comprenait alors la FĂ©dĂ©ration des Bourses, dont le secrĂ©taire Ă©tait Pelloutier, remplacĂ© par la suite par Yvetot, et l’Union des syndicats, la grande force rĂ©volutionnaire. C’était surtout sur cette « Union Â» que Millerand portait ses efforts.




Source: Partage-noir.fr