DĂ©cembre 20, 2020
Par Partage Noir
203 visites


On connaĂźt plus ou moins, dans le grand public, les thĂ©ories syndicalistes. Les uns les ignorent absolument. Les autres les connaissent imparfaitement et professent pour elles la plus violente horreur. Nous avons dĂ©jĂ  esquissĂ©, Ă  propos de militants tels qu’Yvetot et Pouget, les grandes lignes de cette conception du monde des travail-leurs. Nous n’y reviendrons pas. Les Hommes du jour sont un organe de combat et non de doctrine. Nous nous contenterons simplement de donner ici la biographie du citoyen Griffuelhes.

On sait que longtemps Griffuelhes a Ă©tĂ© la cheville ouvriĂšre de la ConfĂ©dĂ©ration GĂ©nĂ©rale du Travail. C’est lui qui menait tout, veillait Ă  tout, s’occupait de tout. D’un tempĂ©rament sinon autoritaire, du moins assez entier, il s’imposa rapidement Ă  ses camarades. Certes, s’il n’avait fait paraĂźtre que le dĂ©sir du commandement, il est probable que ses collaborateurs auraient regimbĂ©. Mais, par son activitĂ©, sa parfaite connaissance des problĂšmes ouvriers, sa compĂ©tence en matiĂšre Ă©conomique et sociale, son dĂ©vouement et son dĂ©sintĂ©ressement, il prit peu Ă  peu un ascendant contre lequel il devint inutile de lutter.

Qu’il y ait des hommes indispensables, c’est ce que nous nous refusons d’admettre. Mais il y a des hommes d’une telle utilitĂ© et dont les services indispensables peuvent ĂȘtre si difficilement oubliĂ©s que leur disparition’ laisse un vide profond parmi ceux dont ils se sĂ©parent. Griffuelhes compte parmi ces rares hommes. Puisse la CGT le retenir, ou si elle ne sait y parvenir, ne pas regretter trop amĂšrement le militant qui, pendant des annĂ©es, la dirigea habilement dans les voies de la RĂ©volution sociale, parmi les Ă©cueils rĂ©formistes, les abĂźmes gouvernementaux et les traquenards policiers.




Source: Partage-noir.fr