Juillet 1, 2020
Par Rapports De Force
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L’idée était un peu folle. Le 26 mars, l’Union syndicale Solidaires des Côtes-d’Armor proposait de redémarrer une production de masques avec d’anciens salariés de l’usine de Plaintel en Bretagne, fermée par le groupe Honeywell en 2018. Trois mois et moultes péripéties plus tard le pari est gagné : La Coop des Masques, Bretonne et Solidaire, est née sous forme de société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Elle démarrera son activité à l’automne à côté de Guingamp avec 36 salariés pour une production programmée de 30 à 45 millions de masques chirurgicaux et FFP2, selon son site internet.

Pour voir le jour, le projet a dû agréger autour de lui les collectivités locales (conseil régional et départemental) et le tissu économique breton pour s’assurer de l’écoulement de sa production. Pour autant, il met en avant son souhait de placer sous le contrôle de la population la fabrication de masques en Bretagne. Ainsi, 10 000 parts sociales sont réservées aux particuliers. Concrètement, la coopérative sera composée de cinq collèges : salariés, collectivités locales, clients, citoyens et autres partenaires. Avec une répartition du nombre de voix décorrélée du nombre réel de parts sociales.

Ainsi, les salariés qui n’auront que 1,6 % du capital pèseront pour 25 % des suffrages, tandis que les clients détiendront 40 % des parts sociales et 25 % des voix. Les collectivités locales et les autres partenaires bénéficieront de 20 % des votes chacune. Petite faiblesse du projet par rapport à ses intentions déclarées d’une mise de la production sous contrôle de la population : les 10000 parts sociales des citoyens représenteront certes 25 % du capital, mais ne pèseront que 10 % des voix.




Source: Rapportsdeforce.fr