Octobre 30, 2019
Par Renversé (Suisse Romande)
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Premiers matériaux pour une histoire de la violence.

La violence est le mot du pouvoir. Elle parle le langage du pouvoir. Et elle a toujours Ă©tĂ©, comme terme brandi pour intimider, notion employĂ©e pour aveugler – sidĂ©ration d’un mot fait pour arrĂȘter les mots – le pivot d’une opĂ©ration cruciale, qui est peut-ĂȘtre la source mĂȘme de tout pouvoir : dĂ©signer un danger pour la sĂ©curitĂ© collective qui justifie, contre lui, prĂ©vention et rĂ©pression de la part du pouvoir, et qui lĂ©gitime aussi, au passage, le savoir de ce pouvoir, seul habilitĂ© Ă  repĂ©rer et dĂ©signer les ennemis intĂ©rieurs. Autrement dit : dissimuler la violence d’une oppression ciblĂ©e, menĂ©e au nom du Bien commun, derriĂšre le risque d’une violence qu’il faudrait tout de suite interdire, empĂȘcher, avant qu’elle ne nous frappe.

Qui nomme la violence, la pointe du doigt doctement, par lĂ  mĂȘme s’en exempt aussitĂŽt, renvoyĂ© au rĂŽle salutaire de protection par tous les moyens. Ce tour de magie ancestrale, par lequel le premier Ă  nommer justifie ainsi sa violence objective, qu’on la voie comme un mal nĂ©cessaire ou une courageuse sĂ©vĂ©ritĂ© paternelle, est l’illusion politique archaĂŻque par excellence, celle qui donne sa primautĂ© historique et son bien-fondĂ© mensonger Ă  tous les dispositifs de domination instituĂ©e – chefferies, empires, patries en danger, Etats antiques et modernes.

Quand l’oligarchie athĂ©nienne qualifie de “barbares”, il y a deux mille cinq cents ans, l’immense majoritĂ© de la population extĂ©rieure Ă  l’oligarchie – femmes, non-propriĂ©taires, esclaves, Ă©trangers, ennemis –, ce mot suffit Ă  justifier par avance la violence d’Etat qui pourra ĂȘtre exercĂ©e contre eux. Et l’opĂ©ration est plus explicite encore quand le conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© nationale du prĂ©sident George W. Bush dĂ©clare en 2002 : “Un Etat voyou est n’importe quel État que les Etats-Unis dĂ©clarent tel”. Au-delĂ  de la paranoĂŻa belliqueuse post-11 septembre, l’arbitraire revendiquĂ© de la formule sert Ă  soumettre la justice Ă  la puissance, ancestral coup de force rhĂ©torique qui rappelle que si, comme le posait jadis Pascal, le jansĂ©niste, “la justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique”, l’équilibre de ces deux pĂŽles reste une vue de l’esprit, et l’usage officiel de la force sera toujours le meilleur moyen de s’arroger les vertus de la justice.

Violence légitime contre violence potentielle

Les exemples, en tout cas, ne se comptent plus de cette vieille prestidigitation des pouvoirs, consistant Ă  agiter le fantasme d’une violence imminente, et archaĂŻque, pour justifier une violence prĂ©sente, dĂ»ment rationalisĂ©e. Les migrants qu’on rafle et qu’on expulse, pour le danger supposĂ© de certains d’entre eux ou juste, Ă  mots de moins en moins couverts, pour les emplois et les allocations qu’on ne peut pas non plus distribuer sans limites, ni faire violence Ă  ceux qui y auraient vraiment droit. Le missile israĂ©lien qui dĂ©chiquĂšte quelques familles dans les territoires palestiniens, pour l’attentat terroriste qu’ils seraient lĂ -bas, d’aprĂšs les services secrets, en train de fomenter dans l’ombre.

Ou encore, moins spectaculaires, le militant Ă©cologiste qu’on jette en prison pour avoir arrachĂ© des plants de maĂŻs, comme si les pesticides et les OGM n’exerçaient pas la plus grande des violences, sur les corps et les biotopes. Et le jeune punk dĂ©logĂ© avec brutalitĂ© de sous une porte cochĂšre, parce que sa forme de vie ou ses atours sont associĂ©s par la bien-pensance publique au parasitisme, au vandalisme ou Ă  l’égoĂŻsme antisocial. On n’est jamais trĂšs loin de l’autre bout du spectre, oĂč la jeune femme venue dĂ©poser plainte pour agression sexuelle, et le citadin gay pour insulte homophobe, se voient reprocher plus ou moins implicitement un accoutrement ou des choix d’existence qui feraient violence Ă  la biensĂ©ance voire Ă  l’ordre public.

ces tristes exemples de violence retournée, qui réduit ses victimes au silence en les incriminant

Le sous-commandant Marcos, porte-parole des zapatistes en lutte du Chiapas, aime Ă©numĂ©rer ces tristes exemples de violence retournĂ©e, qui rĂ©duit ses victimes au silence en les incriminant, violence faussement dĂ©signĂ©e pour cacher celle qui est effectivement exercĂ©e – il a raison, on n’a hĂ©las, parmi ces exemples, que l’embarras du choix. Et la violence, pas toujours physique, qui leur est faite Ă  tous, la femme, le migrant ou l’arracheur d’OGM, s’inscrit dans les psychĂ©s emmurĂ©es, les corps sĂ©grĂ©guĂ©s, le temps long des existences mineures. Par cette inscription, cette façon de lĂ©gitimer les arbitraires d’Etat, par les mĂ©fiances et les rancoeurs qui relient les uns et les autres, la violence, bien plus que la dĂ©flagration d’un instant, est une chaĂźne de consĂ©quences, une Ă©motion circulatoire, le piĂšge d’un circuit sans fin.

C’est le premier problĂšme que posent le mot et le concept de violence, qui rend difficile le travail nĂ©cessaire mais dĂ©licat pour historiciser ces questions. Faire une histoire de la violence, pour en comprendre les formes d’aujourd’hui et l’usage tactique dans les luttes de rĂ©sistance, est donc hautement problĂ©matique. Car si la violence lĂ©gitime est exercĂ©e au nom d’une violence antĂ©rieure, pour “pacifier” les sociĂ©tĂ©s comme on le dit depuis la Seconde Guerre mondiale, alors tout dans une telle histoire risque bel et bien d’ĂȘtre Ă  double lecture. Et de fait, le grand tournant historique ici, autour des conquĂȘtes coloniales et de la naissance de l’Etat moderne, sur une longue pĂ©riode qui va du 16e au 19e siĂšcles, nous a toujours Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© comme celui d’une attĂ©nuation et d’un encadrement juridique et politique (voire ”civilisationnel”) de la violence – alors que l’historiographie rĂ©cente a pu enfin dĂ©mentir cette approche, et dĂ©montrer que les violences d’Etat et les violences coloniales ont Ă©tĂ© bien pires, par leur bilan quantitatif comme leur ordre normatif, que la conflictualitĂ© ordinaire, celle de la vie sociale traditionnelle ou des luttes intercommunautaires, qu’elles Ă©taient censĂ©es rĂ©duire.

A l’insĂ©curitĂ© rĂ©siduelle, avant le code pĂ©nal et l’éclairage nocturne, de nos villes et nos villages, oĂč en effet on pouvait impunĂ©ment dĂ©trousser le visiteur ou occire le manant, l’Etat moderne a substituĂ© ses cadres coercitifs, normalisateurs et centralisateurs, et sa passion punitive lĂ©gale, Ă  mesure que se creusait le fossĂ© entre le danger objectif et la sanction pĂ©nale : entre les annĂ©es 1980 et aujourd’hui, par exemple, pendant que chutaient en France les taux d’homicides mais aussi de dĂ©lits pĂ©naux moindres, la population carcĂ©rale a Ă©tĂ© multipliĂ©e par 2,3, “inutilement” en somme.

Historiciser la violence : colonisation, Etat, civilitĂ©

Pour complĂ©ter ces deux axes majeurs de l’histoire politique moderne, conquĂȘte coloniale et formation de l’Etat, on peut ajouter que celle-lĂ  s’est prolongĂ©e, une fois acquises les indĂ©pendances nationales sur les continents concernĂ©s (de 1802 pour HaĂŻti Ă  1962 pour l’AlgĂ©rie), sous la forme d’un endocolonialisme du cru, entretenu par la tutelle Ă©conomique et morale des anciennes mĂ©tropoles, ou des nouvelles puissances.

Et si lois et normes se sont imposĂ©es peu Ă  peu dans les foyers et les rues, ce fut avant tout sur les cadavres, innombrables, des insurgĂ©s de 1848, (…) ou encore de Malik OussĂ©kine

Quant Ă  celle-ci (la formation de l’Etat), elle est ce qui a permis aux guerres entre nations voisines, qui avaient toujours existĂ©, d’acquĂ©rir une forme rationnelle et systĂ©matique et une Ă©chelle absolument inĂ©dite, qui culminĂšrent avec les deux guerres mondiales et leur mobilisation totale des corps et des esprits – pas besoin d’ĂȘtre un naĂŻf anarchiste pour y voir une consĂ©quence directe de l’inflation de la forme-Etat, d’un Etat “paroxystique”. Autrement dit, plus simplement : NapolĂ©on fait Ă©dicter les codes civil et pĂ©nal, mais il ravage l’Europe ; les papes de la Renaissance sauvent les Ăąmes des autochtones mais en en faisant massacrer les corps ; la France apporte en Afrique du Nord l’éducation publique et quelques infrastructures, mais aussi la torture et le racisme d’Etat ; et si lois et normes se sont imposĂ©es peu Ă  peu dans les foyers et les rues, d’Occident d’abord, y limitant les risques de dĂ©sordres imprĂ©vus, ce fut avant tout sur les cadavres, innombrables, des insurgĂ©s de 1848, des communards de 1871, des mineurs de 1947 ou des refuzniks les plus tĂȘtus des annĂ©es 1970 – ou encore, pour que nous vivions en paix Ă  l’ùre du “zĂ©ro mort” policier, sur les cadavres de Malik OussĂ©kine, Carlo Giuliani ou RĂ©mi Fraisse. Ou juste les 3000 blessures graves infligĂ©es par les policiers français en 30 samedis de “gilets jaunes”.

Et en plus de la colonisation, qui aurait sorti les peuples primitifs de l’arriĂ©ration guerriĂšre, et de l’Etat moderne, qui aurait pĂ©nalisĂ© les arbitraires locaux et les violences interindividuelles (jusqu’aux duels, dont la pratique disparaĂźt enfin au dĂ©but du 20e siĂšcle), le troisiĂšme pilier de cette histoire de la modernitĂ© comme pacification sociale et restriction de la violence est Ă  trouver du cĂŽtĂ© de la civilitĂ©. À partir du 17e siĂšcle, la civilitĂ© est diffusĂ©e par les manuels de savoir-vivre et les nouvelles rĂšgles descendantes, prĂŽnĂ©es par l’aristocratie puis la bourgeoisie, ces rĂšgles neuves qui recommandent de ne pas se moucher dans la nappe, de discuter au lieu de frapper, d’ĂȘtre pudique et mesurĂ© en toutes occasions.

C’est la grande thĂšse du sociologue Norbert Elias sur le ”processus de civilisation” comme intĂ©riorisation des normes et autorĂ©pression de la violence. Sauf qu’elle a Ă©tĂ© mal comprise, et que mĂȘme Elias, plus subtil que ses exĂ©gĂštes, en Ă©numĂ©rait les limites : la violence des barriĂšres sociales qu’instaurent ces normes ; le mal-ĂȘtre et les complexes imputables Ă  cette privatisation de l’existence ; et surtout les exceptions de taille que sont, au fil de ce processus de trois siĂšcles, les mouvements sociaux qu’on massacre, l’Etat qui punit injustement, les peuples colonisĂ©s qui n’ont pas droit Ă  un traitement aussi civil, les guerres de plus en plus longues et sanglantes qui dĂ©rogent Ă  tout cela. Difficile, en un mot, de tracer ici le fil continu d’une histoire unidirectionnelle, qui verrait quand mĂȘme, grosso modo, dans l’ensemble, rĂ©duite la violence collective et pacifiĂ©s les moeurs communes.

La pire violence est rationnelle

Une histoire de la violence Ă  l’ùre moderne doit donc ĂȘtre surtout une histoire de la stigmatisation et de l’asservissement des populations sous le prĂ©texte, multiforme et rĂ©current, d’en prĂ©venir, d’en punir, d’en empĂȘcher ou d’en “civiliser” la violence premiĂšre – autrement dit, la violence instinctuelle, barbare, inĂ©duquĂ©e, infantile, subjective, incontrĂŽlable, lĂ  oĂč la violence punitive, parce que lĂ©gitime, et ne s’appelant donc plus violence, serait rationnelle, lĂ©gale, Ă©laborĂ©e, lĂ©gitime, adulte, objective, mesurĂ©e.

Une histoire de la violence Ă  l’ùre moderne doit donc ĂȘtre surtout une histoire de la stigmatisation et de l’asservissement des populations

Certitude intemporelle : le pouvoir n’existe que de pointer et d’endiguer une violence qu’il dit originelle. Et que celle-ci soit ou non un mythe, son discours infini sur elle et ses actes officiels contre elle finissent par la faire exister, au moins dans nos esprits rompus Ă  l’idĂ©e qu’à l’origine est la violence (du Big Bang, de l’accouchement, ou du sauvage que personne encore n’a sauvĂ© de lui-mĂȘme) et qu’au terme d’une Ă©volution digne, se trouverait l’apaisement (par les lois, l’éducation, l’ordre, la culture, les institutions, sans mĂȘme parler du commerce).

C’est prĂ©cisĂ©ment ce postulat profondĂ©ment ancrĂ©, ce postulat d’une violence chaotique des origines Ă  endiguer et Ă  prohiber, qu’une vĂ©ritable contre-histoire de la violence, ou une histoire des usages de la catĂ©gorie de violence, doit avoir Ă  coeur de dĂ©monter – de mettre Ă  nu. C’est aussi capital, et moralement faisable, que de dĂ©monter, sous l’occupation, le mensonge des affiches de propagande nazie qui prĂ©sentaient la rĂ©sistance comme violence sauvage et terrorisme meurtrier. Car ce rĂ©cit des origines nous voile les vĂ©ritĂ©s de l’histoire, Ă  l’instar des fictions sur “l’état de nature”, bien sĂ»r introuvable dans l’histoire rĂ©elle, qui sous-tendent les simplismes de droite, avec leur mĂ©chant LĂ©viathan venu encadrer le chaos effrayant oĂč ”l’homme est un loup pour l’homme”, aussi bien que les angĂ©lismes de gauche, avec leur bon sauvage rousseauiste et leur civilisation venue corrompre l’humain pacifique. Il n’y a pas de bon sauvage ni de loup-pour-l’homme qui tiennent : loin de ces mythes, il y a les dialectiques de l’histoire, qui ont fait de l’Etat moderne comme de la civilitĂ© partout promue des forces Ă  double effet, Ă©mancipatrices et rĂ©pressives, autorisant une rupture avec la tradition aussi bien qu’une re-normalisation coercitive.

Et pendant ce temps, les violences insurrectionnelles dĂ©criĂ©es et brutalement rĂ©primĂ©es, au prĂ©sent de leur irruption, par les classes dirigeantes, furent la seule communautĂ© rĂ©elle d’un peuple que tout divisait par ailleurs et, bien souvent, le seul moyen d’obtenir des avancĂ©es effectives sur le terrain du droit, des conditions de vie et de travail, de l’égalitĂ© sociale et des libertĂ©s civiles – au fil de trois siĂšcles d’émeutes et d’insurrections noyĂ©es dans le sang, mais sans lesquelles les quelques progrĂšs de l’histoire moderne n’eurent jamais Ă©tĂ© obtenus.

“Le plus dangereux, dans la violence, est sa rationalitĂ©”, concluait Michel Foucault en 1979

La violence instinctuelle existe Ă©videmment, mais elle n’est que ponctuelle, lĂ  oĂč la violence instituĂ©e, rendue invisible par les dispositifs de justification Ă©tatico-normatifs, dĂ©vaste et tue partout et en continu. “Le plus dangereux, dans la violence, est sa rationalitĂ©â€, concluait Michel Foucault en 1979. Les montages financiers ultra-complexes qui mettent en faillite des pays lointains, les exploits technologico-industriels qui mettent en danger la pĂ©rennitĂ© de la vie sur Terre, ou les trĂ©sors d’intelligence stratĂ©gique et de crĂ©ativitĂ© esthĂ©tique dĂ©ployĂ©s pour produire Ă  l’excĂšs et vendre n’importe quoi ne cessent, aujourd’hui, d’en apporter la dĂ©solante illustration – outre qu’ils rappellent que derriĂšre les guerres et les massacres, les sexismes qui tuent et les racismes qui assassinent, la violence la plus dĂ©vastatrice aujourd’hui est sans conteste la violence de l’économie. Et ce, d’abord sur les psychĂ©s, exsangues, humiliĂ©es, pressurisĂ©es, rĂ©duites Ă  la haine de soi et Ă  l’horizon bouchĂ© des rivalitĂ©s constantes, dont on ne se libĂšre qu’en sautant par la fenĂȘtre.

Contre l’hypothĂšse du dĂ©clin de la violence

Quelques penseurs bourgeois continuent de le nier. Ils s’arment de leurs statistiques, refusant que d’autres violences soient prises en compte que celle des coups mortels ou de la guerre officielle, pour affirmer qu’aucune Ă©poque ne fut moins violente que la nĂŽtre, et que le dernier millĂ©naire en son entier serait celui d’un dĂ©clin continu et univoque de toutes les violences – Ă  la façon du cognitiviste Steven Pinker, dans son best-seller rĂ©cent La Part d’ange en nous. Un point de vue qui se rĂ©clame des LumiĂšres, mais qui a tout l’air d’émaner de quelqu’un qui sort rarement de chez lui, ou n’a qu’à peine conscience de ce qui a lieu vraiment, loin de Harvard ou de la rive gauche. Ni de ce que la violence doit ĂȘtre pensĂ©e en fonction de la mĂ©tamorphose historique de ses formes, de ses logiques, de ses justifications.

Et Ă  ceux qui, comme eux, se rangent Ă  l’abri de statistiques abstraites sur les bilans mortels de telle guerre lointaine ou de telle catastrophe naturelle – Ă  l’aune desquelles, effectivement, le 12e siĂšcle est plus sanglant que le 20e, et l’ùre glaciaire plus destructrice que celle de l’anthropocĂšne –, on peut rĂ©torquer en citant les mots de la philosophe Simone Weil qui, en 1939, en proie Ă  des migraines insupportables et Ă  la peur de l’anĂ©antissement collectif imminent, pouvait commenter en ces termes L’Iliade du vieil HomĂšre : « La force qui tue est une forme sommaire, grossiĂšre de la force – combien plus variĂ©e en ses procĂ©dĂ©s, combien plus surprenante en ses effets, est l’autre force, celle qui ne tue pas, c’est-Ă -dire celle qui ne tue pas encore Â».

François Cusset

[Article paru dans la revue Moins ! n°43, octobre-novembre 2019. http://www.achetezmoins.ch/]




Source: Renverse.co