Février 5, 2021
Par Contrepoints (QC)
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Une contribution du groupe Verdun , Ensemble Contre la gentrification

Dans la lutte qui continue contre le virus, les élu.es s’appuient sur une stratégie dans laquelle il.les exigent que nous restions chez nous. Cette stratégie démontre que le logement est essentiel pour assurer notre santé et notre sécurité, mais l’État en fait bien peu pour protéger le droit au logement. Cette situation fait en sorte que ceux et celles d’entre nous qui n’ont pas accès à un logement décent et abordable sont laissé.es pour compte dans la stratégie de réponse à la crise. À Verdun, plus d’un tiers des locataires dépensent plus de 30% de leur budget pour se loger. Plusieurs d’entre nous n’avons d’autre choix que de vivre dans des logements trop petits et de mauvaise qualité, ce qui affecte nos vies et plus largement nos relations. En laissant notre santé et nos habitations dans les mains d’un marché violent et spéculatif, nos politicien.nes bourgeois.es démontrent qu’il.les se préoccupent très peu de notre sécurité. Sans un gel de loyer, une fin des rénovictions et des conséquences réelles envers les propriétaires délinquant.es, l’exigence gouvernementale de rester chez nous restera une politique inadéquate pour les locataires.

Le couvre-feu aggrave cette situation. L’État a non seulement négligé la santé des gens sans logement sûr et décent, mais il pratique maintenant la répression envers ceux et celles qui ne peuvent pas assumer leur confinement. Cette violence de classe est accentuée par l’administration de contraventions, qui affectent de manière disproportionnée les personnes ayant un statut socio-économique précaire. Pour les riches, une amende n’est qu’une tape sur les doigts, mais pour les plus pauvres comme les travailleur.euses, de telles amendes ne font qu’amplifier la misère, au risque même de perdre nos logements ! Depuis plus de cent ans, Verdun est un quartier populaire et ouvrier. Aujourd’hui, notre communauté regroupent de très nombreux.seuses travailleur.euses essentiel.les, des épiceries, du système de santé ou des milieux communautaires. Chaque dollar dédié au budget policier pour confronter la crise sanitaire représente des ressources enlevées à nos systèmes de soins, qui sont déjà sous pression.

Verdun Ensemble Contre la Gentrification (VECG) reconnaît que nous avons tous et toutes un rôle à jouer pour réduire au minimum les contacts et assurer la sécurité des autres, mais nous reconnaissons aussi le couvre-feu pour ce qu’il est vraiment : une violence de classe qui pose des risques sévères pour nos voisins et voisines qui ont déjà été négligé.es par l’État durant la pandémie. En outre, il s’agit d’une politique autoritaire qui s’ajoute aux politiques coloniales qui affectent particulièrement les personnes et les peuples autochtones, notamment sur le territoire traditionnel et non cédé des Kanien’kehà:ka. Nous marchons en solidarité avec ceux et celles qui ont été à la fois négligé.es et puni.es par l’État, pour supporter le droit de choisir de ceux et celles veulent trouver refuge là où il.les se sentent le plus en sécurité et pour exiger du gouvernement provincial québécois qu’il investisse dans le logement social et les systèmes de soins – et pas dans la police. Pour des mesures solidaires à la crise sanitaire !




Source: Contrepoints.media