Juillet 3, 2020
Par Indymedia Nantes
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Global
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publié
le jeudi 2 juillet 2020 à 23:40 |

Vaste opération répressive à Cuba


Le 24 juin dernier, un jeune homme noir de 27 ans, Hansel Hernández Galiano, a été abattu par la police à Guanabacoa, à l’est de La Havane. La nouvelle s’est très vite répandue dans l’île, grâce aux réseaux sociaux, provoquant une intense émotion. Dans un premier temps, la famille du jeune homme et nombre de Cubains ont exigé de savoir dans quelles circonstances il avait été abattu par deux membres de la Police nationale révolutionnaire (sic). Le régime mettra trois jours avant de reconnaître les faits et, comme à son habitude, de salir à outrance la mémoire du défunt en le qualifiant, entre autres, de « délinquant » et en l’accusant d’avoir jeté des pierres en direction des policiers, comme pour mieux justifier cette exécution brutale.

Des témoins ont laissé entendre que le jeune homme avait été atteint dans le dos par les tirs, mais ni sa famille ni personne d’autre ne pourra désormais le vérifier car les autorités se sont empressées d’envoyer le corps à la crémation, sans avoir pratiqué d’autopsie, mettant en avant, pour justifier cet empressement, les mesures sanitaires nécessaires en temps de pandémie.

Face à cette scandaleuse attitude du gouvernement cubain, nombre d’activistes et de membres de la société civile avaient décidé d’appeler à des manifestations dans plusieurs villes de l’île, mardi 30 juin, pour protester contre les violences policières, exiger des éclaircissements quant à la mort de Hansel Hernández Galiano, et soutenir la famille du jeune homme, qui s’est réfugiée dans le silence depuis que la police politique l’a clairement menacée si elle continuait de s’adresser à des médias indépendants, comme elle l’a fait dans un premier temps.

Dès le lundi soir, un déploiement militaire et policier hors du commun a pu être observé à La Havane dans le quartier où était prévu le rassemblement du lendemain. Les manifestations, en dehors des défilés officiels organisés par le régime, sont interdites à Cuba. Cette présence militaro-policière n’étant apparemment pas suffisante, le ministère de l’Intérieur s’est livré dans le même temps à des arrestations préventives et à ce qu’on pourrait appeler des détentions domiciliaires, nombre d’opposants connus étant empêchés de sortir de chez eux par la police.

Parmi les dizaines de personnes arrêtées ou empêchées de quitter leur domicile* dès le lundi soir ou le mardi matin figurent les artistes Tania Bruguera, Maykel Osorbo et Luis Manuel Otero Alcantara, Jany Corrales, Alexeis Mora et Yenifer Castañeda, Yeilis Torres Cruz, le coordinateur national du Comité des citoyens pour l’intégration raciale Juan Antonio Madrazo Luna, José Daniel Ferrer García et son fils José Daniel Ferrer Cantillo, Ebert Hidalgo Cruz et son fils Evert Luis Hidalgo Cruz, Aníbal Riveaux, Yordanys Labrada, Ruhama Fernández, María Matienzo, Kirenia Yalit Nuñez Pérezse, Leticia Ramos Herrera, le photographe Ariel Maceo Tellez, Michel Matos, Abu Duyanah Tamayo, membre du groupe littéraire Demongeles, Abraham Jiménez Enoa, responsable du site El Estornudo, Yanisbel Valido, Félix Pérez Salazar, José Díaz Silva, membre du Mouvement des opposants pour une nouvelle république, et le réalisateur Carlos Lechuga.
Par ailleurs, nombre de journalistes indépendants ont vu leur connexion internet interrompue depuis lundi. C’est le cas de Monica Baró, Darío Alejandro Alemán Cañizares, Jancel Moreno, Omara Ruiz Urquiola, Iliana Hernández, Hector Luis Valdés Cocho, Anamelys Ramos Rodríguez, Camila Acosta et Marta María Ramírez, parmi d’autres.

Comme d’habitude, inutile de chercher la moindre information sur cette affaire du côté des médias, de gauche comme de droite, ni dans la presse militante gauchiste, trop occupée ces derniers temps avec le cas de George Floyd.

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* Mercredi 1er juillet, plusieurs organismes comme Reporters sans frontières et l’Observatoire cubain des droits humains estimaient que les arrestations préventives et les détentions domiciliaires concernaient près de 140 personnes.




Source: Nantes.indymedia.org