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Une annonce Ă … qui dit mieux

Le 9 novembre 2020, le laboratoire « Pfizer Â» annonçait en fanfare, sans qu’aucune Ă©tude scientifique n’étaye sa dĂ©couverte, que son futur vaccin Ă©tait efficace Ă  90 %. AussitĂŽt aprĂšs c’est l’institut russe GamalĂ©ĂŻa qui rappelle que le sien – spoutnik V – l’est Ă  92 %. Revenant dans la course, la firme biotech amĂ©ricaine « Moderna Â» prĂ©cise alors que son vaccin est efficace Ă  94 %, tandis que notre fleuron « Sanofi Â» associĂ© Ă  l’institut Pasteur se traĂźne. Il sera prĂȘt en juin 2021. Mais qu’en revanche, il pourra se garder dans un frigo normal contrairement aux produits concurrents qui demanderont une logistique plus contraignante. La France tentait de revenir dans le peloton de tĂȘte.

Or, dĂšs le mois d’aoĂ»t 2020, le prĂ©sident russe, V. Poutine annonçait la mise au point d’un vaccin : « Spoutnik V Â». Une information incertaine, prĂ©maturĂ©e car sans recul scientifique, Ă  l’égal des autres concurrents d’ailleurs. Mais peu importe, avec cette affirmation, la Russie prenait la tĂȘte mĂ©diatique de la course au vaccin affirmant sa suprĂ©matie. L’appellation de ce vaccin : « Spoutnik V Â» ne tient pas du hasard. Elle rappelle le premier engin spatial mis sur orbite par l’URSS pendant la guerre froide en octobre 1957. Cette derniĂšre prenait alors le pas, dans sa confrontation politico-idĂ©ologique contre les USA et le bloc europĂ©en de l’Ouest. C’était nous disait-on : « la guerre froide Â».

Avec la Covid, cette confrontation n’a plus pour objet : l’espace, mais notre quotidien : la SantĂ©.

L’art de communiquer sur des donnĂ©es virtuelles

Chez Pfizer, le jour mĂȘme de l’annonce d’un vaccin efficace Ă  90 %, son directeur vendait pour une valeur de 5,6 millions de titres. Moderna, autre firme, qui n’avait rien produit depuis 2010, date de sa crĂ©ation, a vu son titre « SantĂ© Â» bondir de 19 Ă  90 dollars. Il est vrai que le gouvernement US s’était engagĂ© Ă  lui verser 2,5 milliards de dollars d’argent public.

Novavax Ă  vendu 4,8 millions de dollars d’actions en aoĂ»t 2020. Notons que c’est en toute lĂ©galitĂ© que ces dirigeants ont vendu une centaine de millions de titres ces derniers mois. La bourse ou la vie ! Les capitalistes choisissent la bourse contre nos vies.

La guerre Ă©tant la continuitĂ© de la politique, aujourd’hui elle se joue aussi sur le terrain sanitaire et mĂ©dical et l’arme de la « communication Â» rend le pas sur le bien fondĂ© scientifique. Vu les enjeux Ă©conomiques, les trusts pharmaceutiques, dĂ©limitent chacun leurs territoires, prĂ©parent leurs marchĂ©s futurs et se cherchent des souteneurs parmi les États qui se rendent complices. Dans ce monde oĂč tout n’est plus que marchĂ©s et marchandises, la SantĂ© des populations n’a d’intĂ©rĂȘt pour ces parasites que si elle peut se mesurer en profit.

L’argent public pour les actionnaires privĂ©s

Dans cette guerre des trusts, les gouvernements français et europĂ©ens ont optĂ© pour un vaccin venant des États Unis, Ă  dĂ©faut pour l’instant de français ou d’europĂ©en.

Les patrons de la « Big Pharma Â» US, ont touchĂ© un premier « Jack Pot Â». GrĂące au futur vaccin, ils ont vendu au prix fort leurs actions – 145 millions de dollars d’actions ont Ă©tĂ© vendues entre le 15 mai et le 31 aoĂ»t 2020. Ce qui devrait ĂȘtre un enjeu sanitaire avec une prioritĂ© pour les populations, n’est qu’un business qui doit ĂȘtre avant tout rentable pour ces patrons capitalistes et leurs actionnaires. C’est pourtant bien avec de l’argent public – des milliards sans contrepartie aucune de leur part – que nombre de ces labos pharmaceutiques : Pfizer, Moderna, Novavax… ont dĂ©veloppĂ© leurs recherches. Pour faire passer cette politique des cadeaux aux patrons de la « Big Pharma Â», gouvernements, politiciens et Ă©ditocrates nous expliquent qu’il faut bien aider « nos Â» laboratoires face Ă  la concurrence internationale. Il en va de l’intĂ©rĂȘt national dans cette guerre contre la Covid : dixit E. Macron en novembre 2020. Les bourgeoisies soutiennent leurs champions : face Ă  la Chine ou la Russie, la France se range avec l’Europe, derriĂšre Pfizer. Ce que traduira O. VĂ©ran le ministre de la SantĂ© concernant « spoutnik V Â» : « Je n’ai pas Ă  donner ma confiance Ă  ce vaccin russe Â». Mais alors pourquoi une telle confiance sur son rival amĂ©ricain qui Ă  ce moment lĂ  n’offre guĂšre plus de garantie ? Nous n’évoquerons pas plus l’anti-viral chinois… Pourquoi au moment oĂč le virus ne connaĂźt pas de frontiĂšre, le ministre de la SantĂ© qui devrait, ĂȘtre soucieux du bien ĂȘtre de la population s’arrĂȘte Ă  : Made in
 ? Une prĂ©cipitation qui doit faire oublier le manque de masques, de tests etc. Ainsi donc, l’anti-viral « Ă©lu et imposĂ© Â» reste Pfizer l’amĂ©ricain associĂ© Ă  l’allemand BioNtech.

Les licenciements boursiers de SANOFI

La firme affichait 36 milliards d’euro de chiffre d’affaire en 2019. La hausse de 7 % du chiffre d’affaire au premier trimestre 2020, s’explique pour moitiĂ© par l’effet coronavirus. Les ventes de Doliprane ont notamment flambĂ© de 20 %. Les ventes de mĂ©dicaments atteignent 1,3 milliard d’euros, une hausse de 4,2 % sur la pĂ©riode. On peut y rajouter une aide de 200 millions d’euros d’argent public, annoncĂ©e par le prĂ©sident E. Macron pour soutenir ce « Big Pharma Â» français. Selon « MĂ©diapart Â», SANOFI aurait reçu au titre du « crĂ©dit impĂŽt recherche Â» 1,6 milliard d’euro sur 10 ans. MalgrĂ© des profits records, la firme transnationale annonce la suppression de 1700 postes, dont 1000 en France. C’est le 5Ăšme plan social en 6 ans avec dĂ©jĂ  plus de 5000 licenciements. Il est vrai que l’on assiste Ă  la fin d’une logique de rentabilitĂ© qui date, celle du long terme : la firme mettait en vente des mĂ©dicaments, tel le Doliprane crĂ©e en 1964, qui rapportait aux actionnaires sur du long terme. ConfrontĂ©s Ă  la concurrence, aux marchĂ©s saturĂ©s, Ă  la baisse des prix, aux mĂ©dicaments moins, voire dĂ©remboursĂ©s, les firmes se tournent vers des start-Tech-bio-mĂ©dicales qui demandent des investissements plus lourds… Dans ces conditions, ces vampires, actionnaires et fonds de pension, toujours avides de profits, veulent du cash et tout de suite.

Pour rappel, Sanofi c’est aussi le scandale de la « DĂ©pakine Â» en France, de la « dengue Â» aux Philippines, d’une amende de 25 millions de dollars aux USA pour corruption etc.

« RemdĂ©sivir Â» ou qui perd gagne

Ce 20 novembre 2020, l’OMS (Organisation Mondiale de la SantĂ©), recommandait de ne plus administrer le « RemdĂ©sivir Â» aux malades atteints de la Covid 19. Mettant en cause son efficacitĂ©, l’organisme onusien soulignait sa toxicitĂ©. Ce mĂ©dicament Ă©tait commercialisĂ© par la « Big Pharma Â» amĂ©ricaine « Gilead Â». Alors que l’hydroxychloroquine du professeur D. Raoult Ă©tait condamnĂ©e et rejetĂ©e, au mĂȘme moment, le RemdĂ©sivir (un concurrent), qui n’offrait pas plus de garantie, Ă©tait saluĂ© par les mĂ©dias français comme une lueur d’espoir. Du mois de fĂ©vrier au mois de mai, aucun rĂ©sultat ne viendra confirmer la qualitĂ© de cet anti-viral si ce n’est un rĂ©tablissement plus rapide de patients atteints de la forme grave de la covid 19. Donc une sortie plus rapide de l’hĂŽpital : une perspective qui pouvait faire saliver ministres et directeurs d’hĂŽpitaux en manque de lits et en mal d’économies. Évidemment aprĂšs l’annonce de rĂ©sultats « in vitro Â», le cours de l’action grimpera de 64,5 Ă  84 dollars, puis redescendra en novembre aprĂšs la recommandation nĂ©gative de l’OMS.

InformĂ© du jugement Ă  venir et encore non public de l’OMS, le trust Gilead nĂ©gocie avec la commission europĂ©enne une option sur 3 millions de doses soit 500 000 traitements Ă  390 dollars la dose, ou 2340 dollars (1290 euros) le traitement de 6 doses. Le coĂ»t de fabrication du RemdĂ©sivir revient Ă  moins d’1 dollar la dose. À ce jour, Gilead a touchĂ© 250 000 euros de l’Europe, laissant le reste Ă  payer par les pays concernĂ©s, pour un mĂ©dicament sans effet contre la Covid. À ces 250 000 euros dĂ©jĂ  empochĂ©s, se rajoutent les 70 millions de dollars d’aide publique de l’État amĂ©ricain.

« Big Pharma Â» dicte la loi

Dans cette course aux profits, basĂ©e sur des annonces et prĂ©visions de futurs vaccins, oĂč les essais cliniques sont limitĂ©s et oĂč l’opacitĂ© rĂšgne, l’entre soi devient la norme. Un entre soi oĂč labos, lobbies membres de commissions d’experts et ministres s’arrogent tous les droits entre copains et coquins. C’est ainsi que se dĂ©termine notre politique de SantĂ©.

L’ UFC que Choisir de novembre, rapporte qu’en 2016, 405 mĂ©dicaments Ă©taient en pĂ©nurie. Ils sont 2400 en 2020. Ce sont ces mĂȘmes trusts qui sont responsables des pĂ©nuries dans les pharmacies. Ces mĂ©dicaments utiles aux patient-es, ne sont plus assez rentables pour le confort des actionnaires. Il en est ainsi du vaccin anti-grippal cette annĂ©e. Alors que la caisse d’assurance maladie conviait Ă  se faire vacciner, les rayons des pharmacies se trouvaient vides : 80 % des pharmacies en Indre et Loire. Certes, cette pĂ©nurie peut ĂȘtre imputĂ©e Ă  une ruĂ©e suscitĂ©e par l’angoisse de l’épidĂ©mie du coronavirus, pourtant, comme pour les masques, les tests et le manque de lits dans les hĂŽpitaux, gouverner n’est-ce pas prĂ©voir ?

On mesure encore une fois la puissance des « Big Pharma Â» qui imposent leurs politiques du « profit Â», quoi qu’il en coĂ»te aux populations. Des transnationales qui dictent aux gouvernements complices les politiques de SantĂ© Ă  mener.

Le capitalisme nuit gravement Ă  la SantĂ© des peuples ! Aussi, il n’y aura d’autres remĂšdes pour le bien ĂȘtre des populations que de se dĂ©barrasser de ces parasites et du systĂšme qui les gave.

MZ 10 12 2020 Caen

Encart.

Doit-on achever les vieux ?

« Il faudra savoir si le vaccin peut, d’une part, protĂ©ger l’individu vaccinĂ© contre l’infection, mais aussi protĂ©ger contre la transmission, ce qui permettrait de briser la chaĂźne et de voir plus vite la pandĂ©mie se rĂ©soudre. Il faudra plusieurs mois pour avoir ce dernier type d’information Â» : nous dit A. Fischer, responsable de la campagne de vaccination.

Étonnant que ce gouvernement, veuille sans attendre, « …plusieurs mois pour connaĂźtre son efficacitĂ©… Â», vacciner les rĂ©sidents des EHPAD. Il est vrai que les vieux, les vieilles en EHPAD sont des retraitĂ©-es improductifs.

Étonnant ! Car souvenons-nous, que lors de la prĂ©cĂ©dente crise Covid, ces mĂȘmes personnes ĂągĂ©es : fragiles, Ă©taient les derniĂšres Ă  ĂȘtre admises aux urgences et Ă  avoir accĂšs au matĂ©riels respiratoires. Interdites, elles, Ă©taient rejetĂ©es, triĂ©es, enfermĂ©s et consignĂ©es avec les personnels dans leur EHPAD, leurs mouroirs vu la vĂ©tustĂ© de certains Ă©tablissements. Elles ont Ă©tĂ© aussi les derniĂšres Ă  ĂȘtre « dĂ©confinĂ©es Â».

Sous ce mĂȘme prĂ©sident, certes avec un autre premier ministre, une circulaire datĂ©e du 19 mars 2020, rĂ©vĂ©lĂ©e par le Canard EnchaĂźnĂ©, suggĂ©rait de limiter fortement l’admission en rĂ©animation des personnes les plus fragiles. Il s’agissait d’aprĂšs la directive : « de leur Ă©viter un acharnement thĂ©rapeutique Â». En vĂ©ritĂ©, il s’agissait alors, de masquer le manque programmĂ© de personnels, de matĂ©riels et de lits dans les hĂŽpitaux. Une pĂ©nurie sciemment organisĂ©e par les mĂȘmes « responsables sanitaires Â». DĂ©passĂ©s par l’hĂ©catombe, ceux-ci omettaient de comptabiliser les mort-es des EHPAD pour cacher la vague qui touchaient ces lieux d’exclusion sociale !

Hier triĂ©es et exclus ! Demain, « Ă©lues d’office Â» pour une vaccination. Alors se pose une question lĂ©gitime : est-ce que les rĂ©sident-es d’EHPAD serviront de cobayes au vaccin ?

Quand au personnel de ces Ă©tablissements – autre heureux Ă©lu, ayant la primeur de la vaccination – il attend toujours des matĂ©riels pour soigner et prendre en charge correctement les rĂ©sident-es. Il attend toujours des renforts, des embauches de personnels pour souffler ou s’arrĂȘter pour ne pas contaminer les rĂ©sident-es. Il attend toujours des revalorisations salariales justifiĂ©es.

Mz 15 12 2020




Source: Oclibertaire.lautre.net