Janvier 16, 2021
Par Rapports De Force
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Extrême précarité, isolement et dépression, à Lyon, le mal-être étudiant a finalement pris la forme de deux tentatives de suicides en quelques jours. Pendant ce temps dans les boîtes, plans sociaux et grèves se succèdent. Heureusement, celles-ci sont parfois victorieuses comme à l’hôpital de Toulouse ou, à une toute autre échelle, dans les champs indiens.

Urgence étudiante

Tentatives de suicide et incendie

Quatre jours après la tentative de suicide d’un étudiant à Villeurbanne, une étudiante a tenté de se défenestrer, mardi soir, de sa résidence universitaire à Lyon. Dans la nuit de dimanche à lundi, à Nantes, la rage semble l’avoir emporté sur la dépression : la halle des sports de l’université a été incendiée et des tags ont été inscrits sur les murs du gymnase : « Partiels en distanciel ou pas de partiels du tout,  examen sous Covid, foutage de gueule ». Ces événements ont alerté quant à la précarité et la désocialisation grandissante chez les étudiants.

Vidal parle mais ne dit pas grand chose

Il était temps. Contrainte par l’actualité, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal s’est adressée aux étudiants ainsi qu’aux membres de la communauté universitaire jeudi soir lors de la conférence de presse ministérielle.
En termes de mesures concrètes : pas grand chose à se mettre sous la dent si ce n’est le doublement du nombre de psychologues (actuellement 1 pour 30 000 étudiants d’après l’UNEF) annoncé à la volée ainsi que le retour en TD par demi-groupes des étudiants de première année à partir du 25 janvier.

Les syndicats ne s’attendaient à rien mais sont quand même déçus

La conférence de presse tenue, Frédérique Vidal a reçu les syndicats étudiants et les présidents de facs vendredi. Cette fois encore, rien de nouveau sous le soleil. L’UNEF, qui demande un plan d’1,5 milliard d’euros pour répondre à la crise étudiante, se dit déçue de la rencontre.

Grèves

Deux semaines de grève à Grandpuits

Bientôt deux semaines que la grève dure à la raffinerie de Grandpuits (77). Ce mercredi, les grévistes et leurs soutiens ont manifesté devant la préfecture de Melun pour s’opposer aux 700 suppressions de poste qui, sous couvert de projet écologique, menacent la plateforme (voir notre article).

Schneider Electric

Après une première journée de grève vendredi dernier (voir notre article), les salariés de Schneider Electric du site de Lattes dans l’Hérault ont entamé une grève reconductible jeudi 14 janvier. Au cœur du conflit : les conditions de départ présentées par la direction dans son PSE, qui envisage la fermeture du site employant 80 personnes. D’autres débrayages ont également eu lieu à Mâcon et Saumur où des suppressions de postes sont aussi au programme.

Transport routier

Estimant que les conditions de travail des routiers se sont dégradées avec la crise sanitaire et économique, cinq syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC) lancent un appel à une journée d’action le 1er février. Ils déplorent un manque de mesures efficaces pour leur secteur et espèrent être reçus par le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.

Journée CFDT dans le secteur médico-social

La CFDT appelait à une journée de grève dans le secteur social et médico-social mardi 12 janvier, avec un rassemblement devant le ministère de la Santé entre midi et deux. Un appel en solitaire, comme à la fin de l’automne dernier, alors qu’une journée dans la santé et le médico-social est programmée ce 21 janvier. La CFDT  veut étendre le Ségur de la santé, qu’elle a signé, aux salariés de ces secteurs. Pour appuyer sa fédération Santé-social, Laurent Berger appelait deux jours plus tôt, dans une tribune publiée dans le JDD, à une hausse immédiate de 15 % des salaires dans le secteur social et médico-social.

Victoire éclair au bloc opératoire de Toulouse

Lundi matin, le personnel du bloc opératoire de l’hôpital des enfants de Toulouse s’est mis massivement en grève. Reçues l’après-midi même par leur direction, les grévistes ont obtenu le recrutement de 8 infirmiers, la stagiairisation des 9 collègues en CDD ou CDI ainsi que le paiement en heures supplémentaires des week-ends travaillés sur la base du volontariat.

Esprit d’Équipe

Bientôt une semaine de grève pour les journalistes de l’Équipe, qui ont commencé leur mouvement lundi. Ils réclament la suspension du plan de sauvegarde de l’emploi qui prévoit de supprimer une cinquantaine de postes, dont 47 postes de journalistes, au sein de la SAS L’Équipe qui emploie 350 personnes.

Luttes et manifestations

Feu de tout bois contre le projet Hercule

Les initiatives contre le projet Hercule se sont multipliées cette semaine. Le groupe communiste a ouvert un débat sur le sujet au Sénat et les syndicats FO, CGT et CFE-CGC se sont fendus d’une lettre à Macron pour exiger l’abandon du projet. Ils marquent ainsi leur soutien aux salariés du groupe EDF qui seront en grève pour la quatrième fois le 19 janvier contre ce projet (voir notre article).

Loi sur la sécurité globale

Plusieurs mobilisations locales ont déjà inauguré l’année 2021 sur le sujet, comme à Strasbourg ou Lille le week-end dernier. Pour la suite, la Coordination Stop loi sécurité globale appelle à de nouvelles manifestions ce 16 janvier contre la proposition de loi votée en première lecture à l’Assemblée nationale le 24 novembre. Une soixantaine de rendez-vous sont programmés samedi dans toute la France (voir notre article), avant de nouvelles manifestations le 30 janvier.

Marche aux flambeaux à Marseille

A l’appel de la CGT, de Solidaires et de la FSU, les marseillais ont marché mardi soir dans les rues de leur ville, flambeaux à la main. Ils s’opposent à la casse sociale et exigent un renforcement du service public.

Une chaîne humaine pour les prisonniers basques

Une chaîne humaine, plutôt qu’une manifestation, afin de satisfaire aux exigences sanitaires. Le collectif Bake Bidea, rejoint par des élus locaux, des syndicats et des associations, a réuni 2000 personnes arborant des parapluies blancs à Bayonne le week-end dernier. Avec pour objectif que le processus de paix aboutisse à la libération ou au rapprochement des prisonniers basques, après la dissolution de l’organisation ETA en 2018. À ce jour, 32 anciens membres de l’organisation sont détenus dans les prisons françaises.

Justice pour Sakîne, Fidan et Leyla

Deux à trois mille Kurdes ont défilé dans les rues de la capitale samedi 9 janvier, comme tous les ans depuis 2013, pour rendre hommage aux trois militantes assassinées à Paris cette année-là. Les manifestants accusent toujours les services secrets turcs et Recep Tayyip Erdogan d’en être responsables. Plusieurs centaines de Kurdes ont également défilé dans les rues de Rennes, Marseille, Bordeaux et Strasbourg. Une enquête visant les commanditaires a été rouverte en mai 2019 pour « complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste ».

Frichti envoyé devant les Prud’hommes

Le 12 janvier, 66 livreurs de l’entreprise Frichti ont déposé un dossier devant le tribunal des Prud’hommes de Paris pour faire reconnaître l’existence d’un contrat de travail entre eux et la start-up. Au mois de juin 2020, 200 des 400 livreurs de Frichti avaient été privés de leur travail par leur employeur à la suite de contrôles sur les conditions d’emploi de nombreux coursiers sans-papiers (en savoir plus).

Dans les boîtes

Les arrêts maladie Covid en ligne sans jours de carence inquiètent le patronat

Mieux vaut tard que jamais. Le gouvernement a enfin décidé de faciliter l’absence sur leur lieu de travail des salariés pour lesquels une suspicion de contamination au coronavirus existe. Et ainsi éviter une propagation de la maladie. Depuis le 10 janvier, les salariés ayant des symptômes peuvent obtenir un arrêt de travail sur leur compte Améli. Et ce pour une durée de quatre jours et sans jours de carence. Par contre, ils doivent effectuer un test PCR ou antigénique dans les 48 h suivant leur déclaration en ligne. Une mesure qui n’a pas trouvé grâce aux yeux du patronat. La CPME (syndicats des petites et moyennes entreprises) a déclaré craindre « un absentéisme incontrôlé risquant de désorganiser les entreprises ».

AccorInvest supprime 767 emplois en France

La filiale du groupe hôtelier (Ibis, Mercure, Novotel…) supprime 9 % de ses effectifs en Europe. Soit 1900 postes, dont 767 dans l’hexagone. Elle annonce une perte de 70 % de son chiffre d’affaires liée à la crise sanitaire. Le groupe Accor avait lui-même déjà annoncé la suppression de 1200 postes dans le monde, dont un tiers en France.

Suppressions de postes chez Tornier

158 emplois soit un tiers des emplois sont menacés dans l’entreprise Tornier, spécialisée dans la fabrication de prothèses d’épaule et située en Isère. Ce mercredi, une centaine de salariés ont manifesté devant leur site.

Et aux galeries Lafayette

Un accord portant sur la suppression de 189 emplois a été signé le 4 janvier par les trois premiers syndicats du groupe, la CFE-CGC, la CFDT et la CGT (majoritaires). Selon les syndicats, ces départs seront répartis entre le siège des Galeries Lafayette et les filiales GL Voyages et GGL Services, société de services financiers du groupe.

[INFO INSOLITE] Un badge autour du cou pour éviter la contamination

Pour lutter plus efficacement contre le Covid-19, le géant des produits d’hygiène Essity, connu, entre autres, pour son papier toilette, souhaite que chaque salarié porte en permanence un badge autour du cou. Il émettra un son de 85 décibels si une distanciation sociale de moins de deux mètres n’est pas respectée. Selon l’article L. 1121-1 du Code du Travail, la mesure serait heureusement illégale.

Et aussi

Grève en Inde : la Cour suprême calme le jeu

La plus grande grève de l’histoire (250 millions de paysans et de travailleurs) a fait bouger les lignes. Les réformes libérales, dans les domaines de l’agriculture et du travail, menées par le gouvernement nationaliste et autoritaire de New Delhi ont pris du plomb dans l’aile. Lundi 11 janvier, la Cour suprême indienne a suspendu trois lois agraires à l’origine de la contestation et annoncé la mise en place d’un comité d’experts (en savoir plus).

Grève de la faim victorieuse pour une régularisation

Après plus d’une semaine de grève de la faim, Stéphane Ravacley, boulanger de Besançon, a obtenu que son apprenti guinéen Laye Fodé Traoré soit régularisé. L’artisan et le jeune homme ont été convoqués jeudi à la préfecture de Haute-Saône, où ils ont appris la nouvelle.

Affaire du siècle

Attaqué au tribunal administratif par plusieurs associations pour son inaction face au changement climatique, l’Etat français sera sûrement condamné à leur verser 1 euro symbolique. C’est en tous cas ce qu’a suggéré la rapporteur public à l’issue de l’audience qui s’est tenue jeudi 14 janvier.  Le jugement sera rendu dans deux semaines.

Policier lanceur d’alerte intimidé par sa hiérarchie

En juillet 2020, le brigadier-chef Amar Benmohamed révélait sur StreetPress des centaines de cas de maltraitance et de racisme dans les cellules du tribunal de Paris. Six mois après, c’est lui qui est sanctionné par un « avertissement » de sa hiérarchie.

Quatre colleuses féministes obtiennent la condamnation de leur agresseur

L’homme qui avait foncé en voiture sur quatre militantes féministes le 30 août dernier a été condamné à une peine d’emprisonnement de quatre ans et demi. Le tribunal a retenu la circonstance aggravante de violences commises en raison du sexe, de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre des victimes (lire notre article).

Ce n’est plus un gouvernement, c’est un cluster à affaires

Et deux de plus. Mercredi, une instruction de la Cour de justice de la République a été ouverte à l’encontre du ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti pour « prises illégales d’intérêts » (en savoir plus). Le même jour, le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, était visé dans une autre affaire par une enquête préliminaire, également pour « prises illégales d’intérêts ». La liste des membres des deux gouvernements Macron mis en cause par la justice s’allonge.




Source: Rapportsdeforce.fr