Des grandes allées bordées d’arbre pour favoriser la promenade. C’était les allées qui rejoignait le centre-ville au canal depuis 1813. Cela avait alors était assez facile à faire pour la ville parce que c’était alors des champs. L’idée était que la classe qui avait des loisirs puissent en profiter et ce faisant on donnait un peu de travail à la classe qui n’en avait pas, des loisirs. L’esprit se retrouve pour quelques autres allées autours de Toulouse et le grand rond (boulingrin). Au fil du temps les faubourgs s’urbaniseront et les allées deviendront lieu de foires, de fêtes et de promenades plutôt populaire. C’est que le Toulouse populo n’est pas très loin. Le quartier St George est à un jet de pierre de là.




Ce quartier c’était en 1959, 3642 personnes,1573 logements dans 286 immeubles on y trouvait 320 établissements commercial, public ou semi public… Plus de la moitié de la population active travaillait à moins de 2500 mètre de leur domicile. Les édiles et les technocrates qui ont, comme chacun·e sait toujours un train d’avance, avaient d’autre projet pour ces espaces. Dans les années 60 Toulouse avait soif de modernité. Le populo de St George fût promptement évacué pour laisser place à un « centre-ville digne des grandes capitales régional » et la ville fût littéralement éventrée pour faire place au progrès.




Et le progrès c’était l’auto. Il fallait lui faire de la place, des parkings et des « express way ». Le canal du midi et la garonne étaient tout désigné pour accueillir des longues bandes de bitume. Les grands ensembles d’empalot ont perdu leurs accès à la Garonne et pas mal d’espace vert et le canal du midi garde encore les traces de la volonté d’en faire une autoroute. Les allées Jean Jaurès, elles, ont été complétement transformées.

Et nous voilà dans une nouvelle boucle. Cette fois-ci il faut planter des arbres et faire du vélo. Par contre il s’agit toujours de chasser les pauvres ! Les allées sont devenues des ramblas c’est pareil mais c’est moderne mon bon monsieur. Et encore une fois il faut mettre Toulouse à niveau…




Ce sont les faubourgs de la gare qui vont pâtir de ce nouvel équipement censé faire monter en gamme les quartiers environnants. La place Belfort en pleine rénovation, coincée entre une rue Bayard qui se gentrifie vitesse grand V et ces nouvelles promenades à touriste, risque de souffrir le martyr. La prochaine phase c’est l’avenue de Lyon et les rues alentoures maltraitées et abandonnées par la Mairie depuis 10 ans. Les gens qui y vivent n’en peuvent plus, c’est toute la violence sociale qui leur tombent dessus en plus des rats [1]. Et l’incendie du mercredi 11 décembre a encore fait fermé un autre lieu de vie [2].

Encore une fois, élu·es et technocrates savent ce qui est bon pour nous… La suite vous l’avez dans le dernier tract du café anti teso…



Article publié le 13 Déc 2019 sur Iaata.info