Suis-je le seul à trouver la situation actuelle totalement lunaire ? Nous proposer des partiels à distance est pour moi totalement en décalage avec ce que nous étudiant.e.s et travailleur.euse.s précaires vivons à l’heure actuelle. Si le milieu universitaire imagine peut être (apparemment en tout cas) que l’étudiant.e moyen.ne est forcément quelqu’un bien né, pouvant réviser oklm (au calme) dans le jardin de papa maman, il se trouve que la réalité est tout autre. Nous sommes pour la plupart assigné.es à résidence dans le cadre de cet « état d’urgence sanitaire », et il se trouve que pour la plupart d’entre nous, cette résidence n’a rien d’un paradis. Beaucoup d’entre nous résident dans des logements petits, parfois insalubres et bruyants, réviser et d’autant plus réaliser un devoir maison ou un partiel dans ces conditions n’est en aucun cas imaginable. Beaucoup d’entre nous doivent à l’heure actuelle continuer à travailler malgré le danger pour garantir leur survie, et les perspectives de répercussions économiques de la situation actuelle sont une source d’angoisses pour beaucoup d’entre nous déjà malmené.e.s par le système actuel.

Les pauvres, les précaires sont les seuls à souffrir de cette pandémie, et le milieu universitaire (je parle ici principalement des personnes titularisées) une fois de plus bien confortablement installé dans sa tour d’ivoire continue de nous mépriser ( comme il a pu le faire lors de la mobilisation contre la réforme des retraites) par son silence complice et sa non réaction aux propos chaque jour un peu plus indécents et insultant de la ministre de l’enseignement supérieur. La présidence met en permanence en avant le principe d’égalité, etc… Mais où est l’égalité dans la situation actuelle ou beaucoup d’étudiant.es ne peuvent pas réviser de manière convenable, ou beaucoup d’étudiant.es ne pourront pas passer leur partiels parce que n’ayant pas d’accès à internet ou ayant un accès à internet bancal ? Où est l’égalité quand ces même étudiant.es ne pourront pas participer aux rattrapages envisagés pendant l’été car occupé.es à travailler pour payer leur future année universitaire ?

Qui plus est, qu’en est-il de la légalité de ce type de procédure ? Et de la moralité, de la décence de ce type de décision ?

Je souhaite bon courage à tous les camarades qui révisent tant bien que mal, il est peut-être possible malgrés le confinement de nous organiser pour faire entendre la voix de ceux.celles qu’une fois de plus on n’écoute pas.


Article publié le 25 Avr 2020 sur Brest.mediaslibres.org