Ce jeudi enseignant·es, parent·es d’élèves et élèves de l’école Champollion étaient mobilisé·es devant leur école pour s’opposer à la suppression d’une classe. Dans le contexte actuel, cette décision ne ferait qu’accroître les difficultés et le sentiment d’abandon du quartier.

Jeudi 25 juin, à 16h00, il y avait foule devant la porte principale de l’école. Des parents et des enfants s’étaient munis de banderoles et de panneaux pour protester contre la fermeture d’une des treize classes de l’établissement et pour exiger sa réouverture.

En effet, pendant le confinement, la DASEN a jugé désirable de fermer une des grandes classes (CE2, CM1 et CM2).

Depuis l’année dernière, les classes de CP et de CE1 sont dédoublées, elles ne peuvent pas outre-passer un effectif de 12 élèves.

Depuis deux ans, les enseignants des grandes classes ont de leur côté décidé de fonctionner en double-niveaux afin de créer un climat de classe favorable : les plus vieux se mettent dans des dynamiques d’entraide avec les plus jeunes et les classes se sont nettement apaisées. Ce fonctionnement, dont les effets positifs ont été reconnus pas l’inspecteur en personne il y a de ça quelques mois, est totalement mis à mal dans une configuration où ces grandes classes passeraient d’une moyenne de 20 à 24 élèves.

Au moment de l’annonce de la fermeture, l’école était fermée. Les familles étant confinées chez elles. Personne n’a pu se mobiliser contre cette décision. Décision plus qu’inattendue étant donné que l’effectif d’élèves accueillis à l’école ne changera pas l’année prochaine. Au regard de la situation, les parents ont déposé une demande d’audience pour pouvoir être entendus. La DASEN n’a jamais répondu au mail envoyé pas les familles. De leur côté, les enseignants ont eux aussi demandé des explications. Le directeur a alors informé l’équipe que la décision de fermeture venait d’une nécessite de compenser les ouvertures de postes à la campagne suite à la directive nationale de ne pas dépasser un effectif de 25 élèves dans ces écoles rurales. Plutôt que d’embaucher de nouveaux professeurs on les déplace, comme toujours, pour limiter la casse ailleurs.

Les familles ont donc attendu la réouverture de l’école pour pouvoir se mobiliser de nouveau. L’association des délégués de parents d’élèves a alors proposé d’organiser une occupation de la place devant l’école à la sortie des cours ce jeudi 25 juin. Plus tôt dans la semaine, les mamans et les enfants s’étaient donnés rendez vous à l’école pour réaliser une panoplie de messages à afficher à la presse. N’étant pas entendues par la DASEN, elles ont décidé de contacter le Bien Public pour qu’il couvre l’événement. Elles et ils étaient donc une petite centaine à scander « non à la fermeture des classes ! ». On pouvait lire, « une classe fermée, un RASED [1] arrêté, école Champollion en danger », « l’état ne nous abandonne pas, mais il ferme nos classes »…

Enfin, les événements récents et les récits de ces deux mois de confinement montrent que les enfants des Grésilles, particulièrement, ont besoin de trouver un soutien différent de celui qu’ils trouvent déjà au sein de leurs familles. Ils ont besoin de gens qui leurs demandent de raconter ce qu’ils ont vécu et qui leur donnent confiance pour la suite. Voilà le rôle de l’école aux Grésilles : redonner confiance, redonner envie, ouvrir… Il y a trois ans, l’État avait fixé un effectif maximal de 20 élèves pour toutes les classes des Réseaux Educatifs Prioritaires. L’école Champollion fait partie de ce réseau. Mais une fois encore, les directives ont changées, pour limiter la casse ailleurs.

Tableau noir ce mardi matin au Grésilles

Récit d’une matinée d’école pas comme les autres après trois journées angoissantes dans le quartier.




23 juin

Comment peuvent-ils se dire, après les troubles violents qui ont eu lieu dans le quartier que c’est une bonne idée de fermer une classe, donc de surcharger les autres. Quand ils s’agit de fêter l’anniversaire de la Marseillaise vous pouvez être sûr que l’inspecteur, mieux la rectrice, se déplacent dans les quartier populaires pour voir les élèves entonner ce chant patriotique. Dernièrement, ils ont inventé « le parcours républicain ». Pendant leur scolarité, les élèves doivent avec leurs différents professeurs : faire des actions républicaines, apprendre l’histoire républicaine… Espèrent-ils ainsi en faire de bons républicains ? Le quartier des Grésilles s’est senti abandonné il y a une semaine, le quartier des Grésilles se sent une nouvelle fois abandonné aujourd’hui.

Lundi la tour vitrée décidera du sort de cette école. Maintien de la fermeture ou réouverture ? Vous pourrez vous joindre aux familles qui siégeront devant un bâtiment vide car la réunion se fera en visio-conférence. J’espère qu’ils mesureront les enjeux de cette décision et qu’ils n’abandonneront pas une troisième fois ? Disons le une énième fois ; le quartier des Grésilles.


Article publié le 26 Juin 2020 sur Dijoncter.info