Je suis une malade mentale, une atypique, un cas psychiatrique. Oui, juste là, parmi vous. À Rennes. Je tiens un blog. J’y partage mon expérience et mes analyses, et des outils pour naviguer en contrées hostiles.

Dans ce texte, je m’adresse à « vous ». Un vous qui vous concerne un peu, beaucoup, et plus rarement pas du tout.

Il y a 8 ans, ma vie a implosé. J’ai été rebaptisée d’une étiquette psychiatrique, et noyée par l’HP et les médocs pendant plus de 3 ans. Dès le départ, l’envie, ou plutôt la rage, de dénoncer le traitement qui nous est fait, qu’il soit politique, médical, médiatique ou social. La volonté, aussi, que nos voix résonnent fort, dans un paysage où l’immense majorité des décisions nous concernant se fait sans nous. Sans les fous.

Aujourd’hui je vais bien. Où plutôt je parviens à maintenir un masque et une façade qui permet que la plupart d’entre vous me considère comme leur égale. Ma différence est invisible. C’est à double tranchant, cela vous permet de ne jamais la prendre en compte. Mais c’est aussi une chance. J’ai le choix. Celui d’être vue, d’appartenir à la meute, tant que je maintiens le masque. Tant que la douleur est supportable. Beaucoup, et ils sont nombreux et nombreuses n’ont pas ce choix. Où sont-ils dans la cité ? Êtes-vous jamais inquiets de leur absence ?

Avec Une Si Belle Folie, j’ouvre une porte sur les violences qui nous sont faites. Sur les violences psychiatriques d’un service public à l’agonie, ou seule l’idéologie de la peur domine. Sur les violences ordinaires qui émaillent notre quotidien, toutes celles dont nous sommes victimes en vivant là, parmi vous. J’interroge la place de la folie dans notre société. Quel espace aujourd’hui pour nos individualités, nos récits et nos voix ? Quel espace pour nos différences ?

Les violences qui nous sont faites sont totales, protéiformes. Nous sommes frappés par la précarité, le racisme, les violences policières, les violences sexistes et sexuelles, les violences intra- et extra-familiales, celles du capitalisme, celles d’un monde du travail qui nous est hostile. Nous sommes enfermés, shootés, administrés, dépossédés, privés de nos fonctions reproductives et de notre sexualité.

Nous sommes légions et personne n’est à l’abri.

Je suis par bien des aspects privilégiée et je ne prétends en aucun cas parler au nom de tous et de toutes.

Une Si Belle Folie tente d’apporter son soutien, et d’esquisser des réponses.

Je tente du mieux que je peux de réinjecter (je me permets le jeu de mot) à nos folies meurtries de la compassion et de l’empathie, car elles conditionnent toujours l’accueil. J’essaye d’avoir un discours positif, et encourageant.

Plusieurs catégories d’articles sont publiés sur le blog. La catégorie “Essais” comporte des articles au contenu plus ouvertement politique, même si tous les textes sont engagés. D’autres écrits sont plus intimes, ou créatifs. Si vous le souhaitez, je vous invite à commencer par les pages de présentation, ou par cet article qui date du printemps “Ce que la crise sanitaire actuelle démasque”.

Le blog est ouvert à mes pairs qui souhaiteraient partager un texte, de manière anonyme ou non.

Si certains ou certaines d’entre vous sont intéressées pour discuter de manière plus large de ce projet ou pour que je viennes le présenter en détail ou autour d’une thématique, à Rennes ou ailleur, n’hésitez pas à me faire signe via le formulaire de contact du blog ou la page facebook.

À la folie,

Sarah

Blog : www.unesibellefolie.com

FB : Une Si Belle Folie


Article publié le 28 Sep 2020 sur Expansive.info