Janvier 8, 2022
Par La Bogue
233 visites

Le café du Trech est situé dans le quartier du même nom, à Tulle. Ce café accueille chaque jour des habitants du quartier et plus généralement de la ville, ainsi que des touristes. C’est un lieu public où chacun peut venir se restaurer. L’activité de ce bistrot de quartier est actuellement menacée, suite à la réception d’une lettre émanant de la préfecture de Corrèze et indiquant la possibilité d’une prochaine fermeture administrative.

Pourquoi ?

D’abord parce que Zora, la patronne, a fait le choix de ne pas se soumettre à l’injonction vaccinale mise en place actuellement. Elle fait ce choix parce qu’elle constate que cette vaccination ne l’empêcherait pas d’être éventuellement porteuse du virus de la Covid-19 et donc de pouvoir le transmettre : elle n’en comprend donc pas le sens.

Ensuite parce qu’elle refuse de contrôler les passes sanitaires de ses clients, simplement parce que ce n’est pas son métier. Il lui semble que c’est là un point important sur lequel il convient de se questionner et de réfléchir : le contrôle de tous par tous n’est-il pas très malsain dans une démocratie (ou ce qu’il en reste), d’autant qu’il engendre le fichage de chacune de nos activités. Voulons-nous vivre dans un tel monde ?

Zora note au passage que les restaurants routiers ne sont pas soumis à l’obligation du passe sanitaire et accueillent pourtant des personnes en provenance de nombreux pays. Pourquoi cette inégalité de traitement ? Pourquoi cette discrimination selon le type d’établissement ?

Elle ne souhaite pas en tous cas faire subir à ses clients de tels contrôles. Elle souhaite que le café du Trech reste un lieu librement ouvert au public, sans discriminations entre les vaccinés et les non-vaccinés. Ce café est l’un des seuls lieux populaires du Trech. Il accueille encore aujourd’hui des habitués sans distinction d’origine, de sexe, de religion, d’opinion politique ou de situation de santé, donc sans demander de passe sanitaire ni autres données personnelles, intimes ou liées au secret médical.

Les clients habitués à fréquenter son café connaissent ces conditions et les acceptent, ce qui ne les empêche pas de respecter les gestes élémentaires de protection contre la propagation de ce virus, comme le lavage régulier des mains ou le port d’un masque par exemple. Sans ce lieu de lien social, certaines de ces personnes se retrouveront en plein hiver à la rue ou isolées, que ce soit dans le quartier ou ailleurs.

Pour sa part, elle désinfecte le mobilier et aère les locaux et selon les recommandations. Cette aération est d’ailleurs facilitée par le fait que deux portes se font face, l’architecture de cet établissement étant traversante.

Les clients vaccinés qui entrent dans son établissement ne risquent pas a priori de tomber malade, puisqu’ils sont vaccinés (…). Et les clients non vaccinés trouvent ici un lieu où ils ont la possibilité de se désaltérer ou se restaurer, ce qui n’est plus possible ailleurs en ville. Comment a-t-on pu en arriver là ?

Zora est soutenue dans sa démarche, notamment par le collectif Passe19 qui lutte localement depuis cet été contre l’instauration du passe sanitaire. Ne devons-nous pas aujourd’hui résister toutes et tous ensemble à ces mesures incohérentes et liberticides qui ne présentent aucun intérêt si ce n’est celui de restreindre continuellement nos libertés ? Cette situation est-elle supportable dans un pays comme le nôtre ?

Zora assume ainsi sa résistance à cette politique qui abîme nos conditions de vivre ensemble. Elle refuse que son café soit un lieu de contrôle et de discrimination et se bat pour qu’il reste au contraire un lieu ouvert à toutes et tous dans un esprit ouvert et solidaire.

Elle appelle toutes celles et ceux qui se sentent solidaires de sa démarche à la soutenir.




Source: Labogue.info