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Afin de rompre un peu l’isolement des réfugié.e.x.s dans la région de Duttweiler, nous avons organisé aujourd’hui un brunch devant le camp – avec de la nourriture, de la musique et des informations sur le système d’asile, des conseils juridiques et des informations concernant les structures de solidarité.

Nous avons également fait pleuvoir des quittances en signe de solidarité avec les réfugié.e.x.s et contre la pratique répressive du SEM (Secrétariat d’Etat aux Migrations).

En effet, les résident.e.x.s doivent présenter un reçu pour tous les effets personnels qu’ils apportent dans le camp. Ils sont ainsi soupçonnés de vol de manière générale et sont soumis à des contrôles quotidiens humiliants.

Nous savons que les privilèges des suisses.sesses sont fondés sur l’exploitation de personnes d’autres origines et venant d’autres régions du monde. Les capitaux suisses, qu’il s’agisse de l’industrie de l’armement et de l’extraction ou de la place financière, sont en partie responsables de l’exode des populations.

Nous insistons sur la liberté de mouvement, le droit de séjour et l’égalité des droits pour toustes ! Aucun être humain n’est illégal !

La nouvelle loi sur l’asile, qui est entrée en vigueur le 1er mars 2019, implique un nouveau renforcement du système d’asile – contrairement aux affirmations des sociaux-démocrates, qui veulent nous vendre la nouvelle loi comme une amélioration de la situation des demandeurs d’asile. La détérioration est particulièrement évidente au sein du nouveau système de camps fédéraux.

Fin octobre, un tel camp fédéral – l’euphémisme officiel est le Centre fédéral d’Asile (CFA) – a été mis en service à Zurich sur le site de Duttweiler. Les conditions de vie dans le camp, où les réfugiés sont contraints de vivre en semi-captivité, ne laissent aucun doute sur le caractère répressif et inhumain du système d’asile en Suisse. Leur vie quotidienne est marquée par une surveillance et une humiliation constantes et par la présence omniprésente du personnel de sécurité de « Securitas ».

Les demandeur.euses.x.s d’asile sont soumis.e.xs. à des fouilles corporelles à chaque entrée et sont constamment soupçonné.e.x.s.

Comme il a été mentionné, iels doivent présenter des quittances pour tous les objets et la nourriture qu’iels souhaitent apporter au camp. Iels ne sont pas autorisé.e.x.s à quitter le camp entre 20 heures 8 heures du matin. Si les résident.e.x.s n’ont que quelques minutes de retard pour le dîner, la nourriture leur sera refusée. Iels ne sont pas autorisé.e.s à cuisiner. Il n’y a pas d’intimité et le personnel de sécurité peut entrer dans les chambres à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Les femmes et les personnes FTIQ plus généralement (femmes, trans, intersexes et queer) souffrent particulièrement dans ces circonstances, en plus de la menace constante de violence sexiste. Il n’y a pas d’accès systématique à des personnes de contact de sexe féminin.

Toutes ces mesures répressives empêchent activement les réfugié.e.x.s de façonner leur vie et leur quotidien de manière autonome, de réaliser leur intégration sociale et de créer des réseaux avec des personnes et des structures solidaires. Iels sont privés de leurs droits, enfermé.e.x.s et isolé.e.x.s. Iels sont dégradé.e.x.s en citoyen.ne.sx.s de seconde classe afin de maintenir la machine d’expulsion en marche à moindre coût.

Nous condamnons ce traitement inhumain de personnes souvent gravement traumatisées et appelons à la solidarité et à la résistance ! Nous voulons des maisons, pas des prisons !


Article publié le 27 Déc 2019 sur Renverse.co