Novembre 22, 2020
Par Le Poing
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Image de prĂ©sentation de l’atelier de permanence d’aide administrative du Barricade sur Facebook

PlutĂŽt que subir isolĂ©.e, plutĂŽt qu’attendre la charitĂ©, ils et elles s’organisent de façon solidaire pour apprendre et trouver la force de faire valoir leurs droits

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PremiĂšre permanence d’entraide administrative, samedi dernier au Barricade Ă  Montpellier. Premiers visiteurs, pile dans l’actualitĂ© : deux personnes venant de recevoir une amende de 135€, relative aux rĂšgles de confinement. « On a pu leur montrer un modĂšle type de contestation de ces PV. DĂ©jĂ , elles avaient l’air contentes Â» se rĂ©jouit-on, autour de la table.

Matt rappelle que « Le Barricade est un lieu associatif, autogĂ©rĂ©, de diffusion des pratiques et des idĂ©es anticapitalistes et rĂ©volutionnaire Â». Dit comme ça, c’est un truc qui dĂ©chire. Mais ça peut se traduire par une initiative aussi concrĂšte que cette nouvelle permanence : « C’est pas de l’humanitaire, c’est pas un truc en surplomb qui se pencherait sur les malheurs des gens. C’est horizontal, c’est partagĂ©. Les rapports Ă  l’administration ne sont pas qu’une petite question personnelle Â». L’administration c’est l’État. Le concret, c’est pas forcĂ©ment basique.

L’initiative est militante. N’importe qui peut y prendre part. Mais plusieurs des adhĂ©rents qui s’y consacrent au Barricade ont une expĂ©rience, notamment professionnelle, de ces questions. Laura note que « le confinement a crĂ©Ă© encore plus de difficultĂ©s. Il gĂ©nĂšre encore plus de besoins. Mais les services sont encore moins assurĂ©s. DĂ©jĂ , la communication Ă©tait rendue difficile par la numĂ©risation des dĂ©marches, et le nombre d’accueils physiques accessibles s’est encore rĂ©duit Â».

A la permanence d’entraide, il ne s’agit pas de rĂ©gler les problĂšmes Ă  la place des gens concernĂ©s. « Un cas type peut ĂȘtre la dĂ©marche Ă  effectuer pour obtenir l’ouverture des doits Ă  la CMU, pour quelqu’un qui vient d’arriver sur le territoire et doit attendre trois mois pour en bĂ©nĂ©ficier. On va se mettre Ă  son cĂŽtĂ© pour faire la dĂ©marche. L’idĂ©e est que cette personne sera ensuite autonome au moment de demander le renouvellement. Mais aussi qu’elle pourra peut-ĂȘtre aider une personne dans la mĂȘme situation Â». L’autonomie, cela se construit. Et ça fait tĂąche d’huile.

Aider aux dĂ©marches, indiquer les bonnes structures relais selon chaque type de problĂšme, fourmir une adresse, dĂ©nicher une documentation, comprendre les demandes, y compris en dĂ©celer les intentions malfaisantes. Savoir se dĂ©brouiller, et dĂ©jĂ  oser : « C’est parfois tellement intimidant, que le seul fait de se mettre Ă  plusieurs permet de se motiver, vaincre la phobie, oser demander, oser faire valoir ses droits Â» expose Maud. Elsa raconte l’exemple d’un contrĂŽle CAF qu’elle a subi : « C’est un truc pas croyable, trĂšs intrusif. On rentre chez toi, on va vĂ©rifier combien il y a de brosses Ă  dents dans la salle de bain, on relĂšve tes revenus, on te demande de justifier comment tu dĂ©penses ton argent ! Alors lĂ , il faut savoir se dĂ©fendre. Ils n’ont pas tous les droits. Mais si tu rĂ©sistes pas, souvent parce que tu sais pas, ils en profitent Â».

Accessible sans rendez-vous, cette nouvelle permanence fonctionne les samedis de 14h30 Ă  17h, au 14, rue Aristide Ollivier (secteur Gare, cĂŽtĂ© rue de Verdun).  




Source: Lepoing.net