Les mouvements sociaux ont toujours fait peur aux gouvernements successifs. Peur de perdre leur pouvoir, peur de perdre leurs privilĂšges, peur d’un soulĂšvement massif qui Ă©branlerait leur monde basĂ© sur l’exploitation d’une classe par une autre.

Pour faire face Ă  cette peur, leurs outils rĂ©pressifs sont bien rodĂ©s. Outils policiers, judiciaires et financiers. Le mouvement des gilets jaunes en fut un bel exemple. Combien de manifestants gazĂ©s, mutilĂ©s, tabassĂ©s ? Combien d’emprisonnĂ©s ? Combien d’amendes, d’ordonnance pĂ©nales Ă  l’encontre de personnes dĂ©jĂ  acculĂ©es financiĂšrement ? Parce qu’elles ont eu le courage de se lever, de dire stop Ă  un systĂšme qui profite toujours aux mĂȘmes !

Non content d’avoir rĂ©primĂ© Ă  tout-va les luttes sociales de ces derniĂšres annĂ©es, le gouvernement utilise le droit comme bon lui semble. Durant la crise de la Covid-19, les quasi-pleins pouvoirs ont Ă©tĂ© donnĂ©s aux forces de l’ordre pour faire rĂ©gner la loi d’état d’urgence sanitaire. Au mĂ©pris des libertĂ©s, du droit de manifester, ils ont utilisĂ© toutes sortes de mĂ©thodes pour amender ceux qu’ils jugeaient perturbateurs du bon fonctionnement de leur Ă©tat d’urgence. Et cela s’est poursuivi aprĂšs le dĂ©confinement. Les contraventions ont continuĂ© Ă  ĂȘtre dressĂ©es. Mais, fait nouveau, dans plusieurs villes de France comme Brest, Yonne, Foix, Millau et AlĂšs, ces contraventions ont Ă©tĂ© effectuĂ©es sans aucun contrĂŽle d’identitĂ© et envoyĂ©es directement aux personnes verbalisĂ©es. En effet, plusieurs habitants du bassin alĂ©sien ont reçu des contraventions de 135€ pour « rassemblement interdit sur la voie publique dans une circonscription territoriale oĂč l’état d’urgence est dĂ©clarĂ© Â», sans n’avoir jamais subi de contrĂŽle d’identitĂ© ni le jour dit, ni au lieu-dit, en l’occurrence devant l’hĂŽpital d’AlĂšs le 04/06/2020.

Nous nous interrogeons donc sur ce nouveau pouvoir qu’auraient les forces de l’ordre de verbaliser des personnes sans mĂȘme avoir vĂ©rifiĂ© leur identitĂ©. Et comment procĂšdent-ils ? L’utilisation des camĂ©ras de vidĂ©o-surveillance est-elle dĂ©tournĂ©e Ă  des fins rĂ©pressives ? Les gens sont-ils fichĂ©s ? Et tout cela dans une totale illĂ©galitĂ© puisque les articles citĂ©s dans ces contraventions Ă©taient abrogĂ©s avant la date de ladite infraction. Nous attirons donc votre attention sur ces mĂ©thodes totalement arbitraires qui se gĂ©nĂ©ralisent. Lorsqu’un pouvoir utilise tous les moyens pour contraindre les libertĂ©s, on peut se demander si cette dĂ©rive n’est pas fascisante ; NOUS ACCULER POUR NOUS FAIRE TAIRE !

Mais il ne fait que renforcer l’idĂ©e que les luttes pour la justice sociale et la libertĂ© sont plus que jamais nĂ©cessaires !!! Pour un monde meilleur !

La défense collective GJ Cévennes-Garrigue


Article publié le 18 AoĂ»t 2020 sur Lepressoir-info.org