Deux réalités élémentaires : 1. la police tue régulièrement, surtout des personnes racisé·es ; 2. la police est extrêmement violente avec les migrant·es, qu’elle harcèle et agresse sans cesse. Parfois ces deux réalités se chevauchent.

Cela a été le cas dans les Alpes, à Briançon, le 7 mai 2018.

Le 9 mai, le corps sans vie d’une jeune femme a été repêché dans la Durance, une dizaine de kilomètres en aval de Briançon. L’association « Tous Migrants », qui vient en aide aux migrant·es dans la région précise que « la jeune femme disparue depuis lundi 7 mai s’appelle Mathew Blessing. Elle est âgée de 21 ans et de nationalité nigériane (…) Elle voyageait avec deux hommes, également étrangers ». Selon l’association, dont les propos sont rapportés par Marseille infos autonomes, la jeune femme aurait fui pour échapper à un guet-apens tendu par des flics.

Lundi 7 mai, aux alentours de 5h du matin, un groupe composé de trois personnes étrangères, dont deux hommes et une jeune femme, marchaient en suivant la nationale 94 en direction de Briançon. La jeune femme marchait difficilement du fait de douleurs aux jambes et était souvent aidée par les deux jeunes hommes.

À la hauteur du hameau de La Vachette, 5 policiers dissimulés dans les fourrés ont surgis brusquement sur la route nationale en allumant des torches électriques et en criant « police, police ». Les 3 personnes étrangères se sont alors enfuies à travers champ en direction du village où elles se sont dispersées, poursuivies par les policiers.

L’un des deux hommes est interpellé vers l’Eglise. Les policiers sillonnent ensuite le village pendant plusieurs heures. La jeune femme ne donne plus aucune nouvelle d’elle depuis ce jour. En toutes hypothèses, les 5 policiers sont les dernières personnes à avoir vu vivante la jeune femme disparue.

Comme on peut le lire dans Le Parisien, cette mort ne serait probablement pas la première provoquée par la police aux alentours de Briançon, première ville après le passage des Alpes qu’entreprennent de nombreux migrant·es.

En octobre, le magistrat avait classé sans suite une enquête ouverte après la chute de deux migrants africains dans un ravin, survenue en août au col de l’Echelle au-dessus de Briançon. Ils avaient pris la fuite de leur propre fait en apercevant une patrouille de gendarmerie « stationnée dans le cadre de sa mission de surveillance de la frontière », selon les conclusions indiquées alors par le parquet.

Pendant ce temps-là, les fascistes de Génération identitaire continuent de jouer les milices anti-migrant·es à la frontière près de Briançon, avec la bénédiction de la police locale et du gouvernement.

Par Rebellyon,

Source: http://rebellyon.info/Une-migrante-meurt-noyee-a-Briancon-alors-19209