Novembre 8, 2021
Par Lundi matin
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Une expulsion à la veille de la trêve hivernale, un gymnase réquisitionné pour 80 personnes mises à la rue brutalement.

Un aveu d’impuissance de la part du maire communiste d’Ivry-sur-Seine qui lâche l’affaire concernant le suivi de ces familles ? En tout cas un ressenti de trahison du côté des occupants expulsés…

La machine infernale de l’inhumanité est en route ( en marche ? ), et L’Etat décide de missionner l’association Alteralia pour réaliser un diagnostic social, après avoir réquisitionné officiellement le gymnase.

Nous arrivons au 21 Rue Raspail ce 5 novembre, précisément au moment où un responsable de cette association échange avec les occupants, entre matelas de fortune, jouets pour enfants, et poussettes.

Un dialogue assez irréel s’engage entre eux, on y assistera, impuissants.

En tentant d’expliquer aux occupants que les soutiens et bénévoles ne devront plus entrer dans les lieux, dès lors qu’il a été réquisitionné par la Préfecture, car cela représente des « risques en cas d’accident » le ton devient vif, l’incompréhension s’installe.

Comment manger, se chauffer, si personne ne peut venir nous aider ? Pourquoi l’Etat ne fournit pas le minimum vital dans ce cas ? Du chauffage, de l’eau chaude ?




Réponses lunaires, méprisantes.


« On ne peut pas en permanence chercher à contourner la loi, vous vivez ainsi et regardez ou ça vous a mené »


« Acceptez les règles, il va falloir commencer à comprendre qu’il existe des lois »


Fatou, présente sur l’occupation depuis le début, essaiera bien de dire que si les occupants font chauffer de l’eau c’est pour ne pas tomber malades.

L’homme représentant l’association Alteralia lui répond qu’il va essayer de trouver une solution avec la mairie pour avoir de l’eau mais ’voyez-vous c’est le weekend, ça va prendre du temps ’

Condescendance, aveu d’une incapacité à faire face ? On ne saurait le dire, mais la tension du moment en dit long sur l’impossible issue de ces situations de monologue, ou celui qui a le pouvoir garde toujours l’avantage.

Revenons un instant sur l’histoire de cette expulsion, qui ne sera somme toute qu’un énième et absurde épisode de la logique d’écrasement d’un système.

Une expulsion absurde à la veille de la grève hivernale.






















Environ 80 personnes, familles, enfants, personnes isolées, vont se faire expulser d’un local occupé depuis plusieurs années.

La rumeur se répand le 25 octobre au soir, certains refusant d’y croire, d’autres anticipant en préparant leurs affaires, au cas où…

Quelques personnes parmi cette communauté, occupant ce bâtiment depuis des années, reçoivent des SMS les informant qu’une solution d’hébergement temporaire dans des hôtels, leur est proposée. 

Rien de pérenne cependant, alors que depuis de longs mois, le bilan social avait été réclamé par ces occupants, dont les enfants sont scolarisés à Ivry-sur-Seine, dont certains y travaillent, y vivent, y ont leurs repères, leurs habitudes, leur vie tout court. 

Alors évidemment ils ne peuvent accepter de croire que le maire d’Ivry les « lâche », car c’est ainsi qu’ils le ressentent. Philippe Bouyssou, en effet s’était engagé à mettre en oeuvre un bilan social, et surtout, a minima de les avertir en amont si l’expulsion devait être effective.




L’idée était d’éviter d’arriver à une expulsion sans solution de relogement, mais ce serait manifestement trop logique pour un État trop occupé à répandre ses idées nauséabondes sur l’immigration, et le respect de règles et de lois qui n’ont que faire des humains.

C’est donc dans la confusion la plus totale que 80 policiers débarquent ce 26 octobre, à 6h du matin, avec leur délicatesse coutumière, pour éjecter manu militari des personnes, adultes mères, enfants, angoissées, apeurées, en leur donnant 10mn pour préparer leurs affaires. 

Fatou dit avoir vu des personnes s’enfermer dans leur chambre à clé, ultime et dérisoire rempart devant une police robotisée et aux ordres, symbole du refus de la froideur du rouleau compresseur administratif…

Le gymnase Joliot-Curie sera ainsi mis à disposition par la mairie pour les ’accueillir ’ et c’est là que ces personnes sont parquées depuis, dans des conditions désastreuses. 

Pas d’eau chaude, pas de matériel décent pour les enfants, pas de chauffage, c’est encore une fois le soutien des habitants, des associations, qui permet à ces familles de tenir le coup.

Au delà du besoin purement matériel, c’est la détresse d’un devenir si improbable qui aura été palpable chez certains d’entre eux, et qui nous laissera un goût amer en quittant ces lieux.

Nathalie Athina





Source: Lundi.am