Janvier 8, 2021
Par Contretemps
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À propos de : Corinne Maitte et Didier Terrier, Les rythmes du labeur. EnquĂȘte sur le temps de travail en Europe occidentale XIVe-XIXe siĂšcle, La Dispute, 2020, 432 p., 28 euros.

On doit Ă  l’historien britannique Edward P. Thompson le consensus universitaire sur les Ă©volutions du temps de travail en Europe occidentale. Selon lui, les transformations Ă©conomiques des XVIIIe-XIXe siĂšcles ont provoquĂ© une rĂ©volution dans la maniĂšre d’apprĂ©hender le temps. Cette rĂ©volution aurait eu lieu en trois moments. Lors d’un premier moment, le travail est orientĂ© par la tĂąche, interrompu par de nombreux jours fĂ©riĂ©s et fĂȘtes populaires et le temps de travail est adossĂ© au temps « naturel Â». Lors d’un deuxiĂšme moment, suite Ă  la rĂ©volution industrielle, le temps de travail devient de plus en plus long, Ă  mesure qu’il s’intensifie et que les jours fĂ©riĂ©s et fĂȘtes populaires sont supprimĂ©s. Puis, lors d’un troisiĂšme moment, Ă  partir de la seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle, le temps de travail entame une lente rĂ©duction.

De nombreux auteurs ont prolongĂ© par diverses moyens l’hypothĂšse de Thompson. Par exemple, Olivier Marchand et Claude ThĂ©lot ont tentĂ© de fournir une vision d’ensemble de l’évolution du temps de travail en France. D’aprĂšs les donnĂ©es qu’ils ont pu recueillir, le temps de travail se rĂ©duit de moitiĂ© entre les dĂ©buts du XIXe et le tournant du XXe siĂšcle[1]. De la mĂȘme maniĂšre, Michel Lallement parle d’un « tournant industriel Â»[2] dans l’histoire du temps de travail. Enfin, Jean-Yves Boulin et Laurent Lesnard attirent l’attention sur une progressive dĂ©sacralisation du dimanche Ă  l’aube de la sociĂ©tĂ© industrielle[3]. Si la plupart des auteurs apporte des spĂ©cifications et des clarifications, peu ont contestĂ© le tableau d’ensemble. En ce sens, l’ouvrage de Corine Maitte et de Didier Terrier cherche Ă  rĂ©futer le consensus sur le temps de travail Ă  partir d’une histoire qui commence au Moyen-Ăąge et qui culmine Ă  la fin du XIXe siĂšcle.

Une histoire sur six siĂšcles

Pour les auteurs, il faut donc « reprendre le dossier Â» de l’histoire du temps de travail. Pour cela, il faut commencer par la journĂ©e de travail, qui a longtemps Ă©tĂ© une unitĂ© de mesure pertinente pour penser le temps de travail. Selon l’hypothĂšse de Thompson, Ă  l’époque prĂ©-industrielle, le travail mesurĂ© Ă  la tĂąche domine et la journĂ©e est rĂ©glĂ©e selon la journĂ©e « naturelle Â».

Pourtant, les auteurs remarquent que dĂšs le Moyen Âge, on fait une distinction entre le « jour naturel Â» et le « jour artificiel Â». On connaĂźt des variations de la journĂ©e de travail selon les rĂšglements corporatifs : on peut travailler 8 heures par jour ou 17 heures par jour selon le mĂ©tier, mĂȘme si de nombreux mĂ©tiers se sont alignĂ©s sur la journĂ©e « naturelle Â» longue (avec un dĂ©but du travail au lever du soleil et une fin du travail au coucher du soleil, donc Ă  peu prĂšs 14 heures par jour). Cette durĂ©e semble trĂšs longue, pourtant les pauses pouvaient l’ĂȘtre aussi. Pendant les journĂ©es d’étĂ©, les ouvriers pouvaient bĂ©nĂ©ficier de plusieurs pauses d’une heure pendant la journĂ©e.

Enfin, des « heures supplĂ©mentaires Â» pouvaient exister au Moyen Âge, rarement rĂ©munĂ©rĂ©es en tant que telles. Ainsi, on pouvait travailler des heures supplĂ©mentaires dans la draperie rouennaise au XVe siĂšcle. On constate donc un aspect rĂ©solument moderne de la mesure du temps de travail, oĂč « la journĂ©e peut ĂȘtre fractionnĂ©e en unitĂ©s temporelles plus courtes dont la durĂ©e et la rĂ©munĂ©ration sont Ă©galement des enjeux importants Â»[4].

On ne peut donc affirmer qu’avant la rĂ©volution industrielle prĂ©domine un travail orientĂ© par la tĂąche, et que le travailleur est par consĂ©quent moins soumis Ă  une discipline temporelle. Peut-on pour autant affirmer que l’organisation du temps de travail au XIXe siĂšcle repose sur les trĂšs longues journĂ©es et sur la contrainte ? L’introduction des machines dans le procĂšs de travail va considĂ©rablement modifier la donne, comme on verra plus loin. Pendant la seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle en Europe se met en place un appareil lĂ©gislatif qui fixe une durĂ©e maximale du temps de travail. Pourtant, en matiĂšre de temps de travail, on ne peut que constater un dĂ©calage entre normes lĂ©gales et durĂ©es effectives. Les auteurs montrent dans le cas de l’industrie textile du Nord une forte variation des horaires de travail au milieu du XIXe siĂšcle. C’est-Ă -dire que les horaires annuels fixes officiels cachent des horaires effectifs variables dans divers secteurs d’activitĂ©.

Comment Ă©valuer alors la durĂ©e de la journĂ©e de travail Ă  l’époque prĂ©-industrielle ? Travaille-t-on plus qu’aux siĂšcles antĂ©rieurs, comme l’a longtemps affirmĂ© le consensus historiographique ? Pour les auteurs, il est extrĂȘmement difficile de rĂ©pondre Ă  une telle question, tant les horaires varient d’un secteur Ă  un autre, voir mĂȘme au sein d’un secteur Ă  diffĂ©rents moments de l’annĂ©e. De la mĂȘme maniĂšre, les Maitte et Terrier constatent que le souci de ponctualitĂ© et la discipline temporelle, que Thompson associe Ă  l’industrialisation, sont bien plus anciens. Ils s’ancrent dans les habitudes dans le temps long entre le XIVe et le XIXe siĂšcle. On constate mĂȘme dĂšs le XIIIe siĂšcle en Europe occidentale l’existence de cloches et de sonneries marquant le dĂ©but et la fin du travail. Plus important, la mesure prĂ©cise du temps de travail n’est pas seulement un enjeu crucial pour les employeurs, mais aussi pour les employĂ©s, qui cherchent Ă  faire respecter les engagements des premiers. Toutefois, s’il existe trĂšs tĂŽt des formes de discipline au travail, celles-ci peinent Ă  s’imposer sur la main-d’Ɠuvre.

Le consensus historiographique place la gĂ©nĂ©ralisation du travail de nuit entre la fin du XVIIIe siĂšcle et le dĂ©but du XIXe. Pourtant, on constate dĂšs le XIIIe siĂšcle l’existence du travail de nuit dans certaines corporations, notamment celles qui nĂ©cessitent un maintien de l’activitĂ© en continu. Par exemple, le « feu continu Â» dans la mĂ©tallurgie contraint les ouvriers Ă  travailler de jour comme de nuit. En revanche, ce que l’on voit apparaĂźtre Ă  partir du XIXe siĂšcle sont surtout des dĂ©nonciations des effets du travail de nuit, notamment dans les industries naissantes, telles que le textile.

Une derniĂšre façon d’évaluer l’évolution du temps de travail entre l’époque prĂ©-industrielle et l’époque industrielle est le nombre de jours fĂ©riĂ©s religieux. Selon l’hypothĂšse de Thompson et une partie importante de l’historiographie, le nombre de jours fĂ©riĂ©s se rĂ©duit avec l’ñge industriel. Toujours selon le mĂȘme schĂ©ma, les pays catholiques bĂ©nĂ©ficient davantage de jours fĂ©riĂ©s que les pays protestants. L’économie politique naissante plaide alors pour l’abolition de plusieurs jours fĂ©riĂ©s, au nom de la richesse des nations et au nom du rattrapage des pays protestants par des pays catholiques. Pourtant, selon les auteurs, il n’en est rien. L’idĂ©e que le protestantisme est une religion plus « industrieuse Â», en raison du moindre nombre de jours fĂ©riĂ©s, est un stĂ©rĂ©otype qui ne peut ĂȘtre confirmĂ©e par les donnĂ©es : plusieurs jours fĂ©riĂ©s sont conservĂ©s de maniĂšre inĂ©gale dans des pays rĂ©formĂ©s, tandis que dans les pays catholiques on supprime les jours de fĂȘte selon les diocĂšses.

On peut noter une constante pendant toute la pĂ©riode Ă©tudiĂ©e : la tentative de discipliner ou de fidĂ©liser la main-d’Ɠuvre, que l’on soit un travailleur sans qualifications ou un travailleur qualifiĂ©. Le but des employeurs est de garantir la mise au travail des ouvriers ou de garantir la durĂ©e de l’engagement. Un  des moyens employĂ© est l’endettement : un ouvrier ne peut quitter son employeur sans avoir au prĂ©alable honorĂ© ses dettes. À ceci s’ajoutent les rĂšgles qui limitent la mobilitĂ© des ouvriers tels que le livret ouvrier. On trouve aussi l’interdiction formelle de la Saint-Lundi, c’est-Ă -dire le fait de chĂŽmer volontairement le premier jour de la semaine. Ces mesures contraignantes persistent jusqu’au XXe siĂšcle, allant contre l’idĂ©e que le XIXe siĂšcle est le moment de l’émergence d’un marchĂ© du travail « libre Â» en Europe.

Ces diffĂ©rents efforts pour garantir le travail des ouvriers se conjuguent avec les efforts pour le rendre plus efficace. On rationalise l’espace et le temps afin de chasser les « temps morts Â», c’est-Ă -dire les temps passĂ©s « Ă  ne rien faire Â». Pour cela, on mesure et on quantifie le travail dĂšs l’époque prĂ©-industrielle, afin de dĂ©finir ce qu’un ouvrier doit accomplir en une journĂ©e. La mĂ©canisation du travail au XIXe siĂšcle exacerbe ces tendances, car il s’agit de rentabiliser des investissements importants. Il ne s’agit plus seulement de travailler plus vite, mais de travailler de maniĂšre plus efficace. On cherche Ă  Ă©conomiser du travail et donc de la fatigue pour augmenter le temps de travail et la productivitĂ© :

« En un mot, plus la technique progresse et plus, paradoxalement, la machine humaine reste sollicitĂ©e Ă  l’extrĂȘme limite de ses possibilitĂ©s. Au cours des siĂšcles antĂ©rieurs, les efforts des tondeurs, des verriers ou des mĂ©tallurgistes sont lĂ  pour rappeler que ceci n’est pas nouveau. Mais il semble que la sollicitation de l’engagement plein et entier des ouvriers et des ouvriĂšres dans le processus productif devienne la rĂšgle Â»[5].

 

Comment penser les normes temporelles Ă  travers les Ăąges

Un Ăąge prĂ©-industriel oĂč le temps de travail serait plus court, oĂč il y aurait davantage de jours fĂ©riĂ©s, oĂč le travail de nuit ou les horaires atypiques seraient exceptionnels, oĂč le temps de travail ne serait pas mesurĂ© par des unitĂ©s prĂ©cises, etc., est donc une reconstruction historique sans fondements. Les auteurs rĂ©ussissent le pari d’une remise en cause de « l’idĂ©e simpliste d’une Ă©volution linĂ©aire de la forme et de la durĂ©e du travail Â»[6]. Pour eux, tout simplement, « il n’y a aucune Ă©volution linĂ©aire et gĂ©nĂ©rale Â» du temps de travail[7]. En ce qui concerne le travail de nuit, par exemple, « l’absence d’évolution est notable Â»[8] entre le XIXe siĂšcle et les siĂšcles prĂ©cĂ©dents. Enfin, on peut lire dans la conclusion que « les mĂȘmes objets de conflit apparaissent Ă  des Ă©poques et dans des circonstances tout Ă  fait diffĂ©rentes Â»[9].

Si l’ouvrage a pour mĂ©rite d’aller Ă  l’encontre des conventions Ă©tablies depuis longtemps dans l’histoire du temps de travail, on a aussi l’impression qu’il se perd dans des spĂ©cifications Ă  l’infini. Les auteurs dĂ©fendent une telle approche au nom du rejet des moyennes statistiques, dans la mesure oĂč « le raisonnement par cas est le seul capable de saisir ce que pouvait ĂȘtre le rapport au temps et au travail des hommes et des femmes du passĂ© Â»[10].

Cependant, on peut se demander si une telle approche ne constitue pas un obstacle tout aussi important Ă  la connaissance de l’évolution des temps de travail. Un des apports de la sociologie et tout particuliĂšrement de la sociologie du temps de travail est de ne s’en tenir ni aux moyennes statistiques, qui s’appuient sur un travailleur « moyen Â» inexistant, ni sur la multiplication d’études de cas qui empĂȘchent toute gĂ©nĂ©ralisation. Ainsi, rĂ©flĂ©chir en termes de normes temporelles a pu ĂȘtre une maniĂšre de sortir de la fausse alternative entre approche exclusivement quantitativiste et une accumulation d’études de cas. À ce sujet, Paul Bouffartigue avance l’idĂ©e que des normes temporelles se font concurrence et que certaines peuvent prendre le dessus sur d’autres au grĂ© des transformations du capitalisme[11].

Travail, labeur, ou autre chose ?

Un des principaux problĂšmes soulevĂ©s par le livre tient Ă  la dĂ©finition mĂȘme de travail. Peut-on dire que le travail en tant que catĂ©gorie sociale homogĂšne existe dans les sociĂ©tĂ©s prĂ©-industrielles ? Comme le constatent les auteurs eux-mĂȘmes, ce problĂšme se pose tout particuliĂšrement pour le travail non rĂ©munĂ©rĂ©. Comment mesurer le temps qu’un paysan passe Ă  travailler « pour lui Â» dans son foyer ?  Constitue-t-il du travail Ă  proprement parler ? Comment mesurer le temps de travail des enfants, alors que ceux-ci ne reçoivent souvent aucune rĂ©munĂ©ration pour leur activitĂ©, ce qui souvent ne laisse aucune trace ? Peut-on comparer le travail (et donc le temps de travail) des artisans et la corvĂ©e royale ? Peut-on comparer le travail dans les villes avec le travail accompli dans des rĂ©gions rurales, oĂč le travail salariĂ© est une activitĂ© ponctuelle, contrairement aux activitĂ©s d’auto-subsistance ? Les auteurs sont conscients des difficultĂ©s pour mesurer et comparer diffĂ©rents travaux Ă  l’époque prĂ©-industrielle, notamment lorsqu’ils citent une sĂ©rie de cas d’individus poursuivis par la justice et pour qui le « travail Â» n’est qu’un Ă  cĂŽtĂ© :

« Pour tous, le travail n’est qu’une façon parmi d’autres, sans doute pas la plus importante, d’essayer d’attraper le bout de l’annĂ©e. Tout dĂ©compte du temps de travail devient alors parfaitement illusoire Â»[12].

La place qu’occupe le travail dans les sociĂ©tĂ©s prĂ©-industrielles fait encore dĂ©bat[13]. On peut se rĂ©fĂ©rer aux travaux de Dominique MĂ©da, pour qui il faut attendre le XVIIIe siĂšcle pour que l’on puisse parler de travail comme catĂ©gorie sociale homogĂšne dĂ©signant une activitĂ© productrice de marchandises[14]. Elle rappelle que certaines sociĂ©tĂ©s prĂ©-industrielles n’ont tout simplement pas de mot unique pour dĂ©signer les activitĂ©s productives, c’est-Ă -dire l’ensemble d’activitĂ©s visant Ă  produire les moyens matĂ©riels d’existence. Tandis que pour d’autres, le travail dĂ©signe les activitĂ©s non productives. S’il existe dĂ©jĂ  une « thĂ©ologie du travail Â» au Moyen Âge largement rĂ©pandue[15], MĂ©da rappelle qu’à cette Ă©poque il n’existe pas encore de dĂ©finition homogĂšne du travail.

À ce constat on peut ajouter, Ă  la suite d’Andrea Komlosy, qu’on ne peut pas comprendre ce qu’est le travail dans les sociĂ©tĂ©s prĂ©-industrielles sans se rĂ©fĂ©rer Ă  la multitude de cadres sociaux dans lesquels il est exercĂ© : le travail d’auto-subsistance, le travail collectif pour la communautĂ©, le travail au service d’une autoritĂ© et, enfin, sous une forme minoritaire, le travail comme marchandise[16]. À cela, elle ajoute que diffĂ©rentes relations de travail dĂ©terminent Ă©galement ce que l’on comprend comme travail ou non travail : travail indĂ©pendant/dĂ©pendant, travail libre/contraint, travail honnĂȘte/dĂ©shonorant, volontaire/forcĂ©, rĂ©munĂ©rĂ©/non rĂ©munĂ©rĂ©, etc. Enfin, on peut ajouter qu’il est difficile de comprendre le travail du Moyen Âge Ă  nos jours en le distinguant de la sphĂšre domestique pendant toute la pĂ©riode prĂ©-industrielle. En effet, cette sĂ©paration n’est devenue une rĂ©alitĂ© suite Ă  la rĂ©volution industrielle que pour une minoritĂ© de la main-d’Ɠuvre en Europe.

Notes

[1] Olivier Marchand et Claude Thélot, 1997, Le travail en France (1800-2000), Paris, Nathan.

[2] Michel Lallement, 2003, Temps, travail et modes de vie, PUF, p. 20.

[3] Jean-Yves Boulin et Laurent Lesnard, 2017, Les batailles du dimanche, PUF.

[4] Corinne Maitte et Didier Terrier, 2020, Les rythmes du labeur. EnquĂȘte sur le temps de travail en Europe occidentale XIVe-XIXe siĂšcle, La Dispute, p. 62.

[5] Maitte et Terrier, op. cit., p. 342.

[6] Ibid., p. 387.

[7] Ibid., p. 66.

[8] Ibid., p. p. 161.

[9] Ibid.., p.  p. 386.

[10] Ibid.., p. 390.

[11] Paul Bouffartigue (avec Jacques Bouteiller), 2012, Temps de travail et temps de vie, PUF.

[12] Maitte et Terrier, op. cit., p. 239.

[13] Jean-Philippe Deranty, « Cartographie critique des objections historicistes Ă  la centralitĂ© du travail Â», Travailler, 2013, n° 30-2, p. 17-47.

[14] Dominique MĂ©da, 2010, Le travail. Une valeur en voie de disparition ?, Flammarion.

[15] Idem.

[16] Andrea Komlosy, 2018, Work. The Last 1,000 Years, Verso.

Ă  voir aussi

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Source: Contretemps.eu