Petite bourgeoisie des trumps (ou des baby-boomers et de leur descendance) fondée sur une sorte d’égalitarisme intra-familial (ou de repli sur une communauté familiale égalitaire), mais égalitarisme malvenu et inadapté, traiter l’enfant comme un consommateur adulte (si cette chose existe), conjuguée au plus féroce inégalitarisme ou à l’idée ancrée de suprématie, partout ailleurs, voire conjuguée à la haine de classe (et des classes racisées, en particulier) ou à la haine des pauvres (également racisés).

Nous voudrions montrer que l’épidémie virale, la propagation du virus biochimique, est la conséquence de la constitution et du développement d’une abominable classe moyenne, de trumps ou de macrons.

Nous voudrions expliquer que c’est l’économie, entendue comme constitution subjective de trumps, qui est le noyau générateur de l’épidémie.

Ou encore : c’est l’imposition autoritaire d’une « forme de vie », la forme trump, la dite « démocratie libérale » (imposée par une guerre), qui a créé l’humus (subjectif) propice à l’expansion virale. Du développement économique (la légitimation de la dite « démocratie ») à l’expansion virale, il y a une ligne continue.

Cette forme de vie, way of life, économique (démocrate libérale économiste), avec son égoïsme utilitariste, son indifférence hostile à toute autre forme de vie (considérée comme illégitime), son narcissisme paranoïaque (le cas Trump, modèle du trump), n’est « soutenable » que moyennant un gigantesque développement technologique, tournant autour de « centrales ».

On le sait, cette forme de vie économique n’est ni négociable ni même simplement amendable (l’évidence petite bourgeoise d’avoir raison). Cette forme s’exprime ainsi comme une fuite sans fin, aussi bien matérielle que psychologique, l’enrichissement, dont, encore une fois, Trump est le parangon (de tous les trumps).

Fuite sans fin, technologique en particulier, dont les générations de futurs virus prévisibles (thématisables en « aliens ») ne sont que la conséquence.

Partons de la logorrhée virale qui contamine toutes les pensées : comment combattre l’épidémie (en attendant la science qui sauve) ? Comment se comporter face à l’épidémie ?

Mais dans la diarrhée médiatique des conseils avisés, il reste une question jamais posée, irrécupérable pour ne pas dire censurée.

Et si c’était l’économie elle-même qui était le virus ?

Comme la logorrhée médiatique, l’économie est virale.

Et même, précisément, le terreau idéologique du virus biochimique.

Précisons : ce que l’on nomme néolibéralisme, la forme actuelle du capitalisme déchaîné, libertarien, forme institutionnelle légitimée par une dogmatique à apparence scientifique, l’économique, la religion économique, hyper libérale ou libertarienne, cette forme déchaînée et enchantée par la dogmatique économique, cette forme génère deux types de productions, une production institutionnelle et une production subjective (la production des trumps).

La production institutionnelle est bien connue, avec sa constitution réifiée en termes juridiques, ce que l’on nomme mondialisation ou libéralisation (et non pas libération). Avec pour centre ou noyau (générateur des trumps) la sacro-sainte liberté d’entreprise (et le droit commercial remplaçant tout autre droit). Liberté d’entreprise posée comme le modèle abouti du libre vouloir, liberté + volonté (quoi de plus métaphysique), liberté d’entreprise légitimée par un mythe (ou un dogme) économique : seules les entreprises produisent la richesse, cette richesse étant l’objet, le but, « le télos », de tous les désirs.

Mais il est beaucoup plus important de bien voir la seconde production que génère l’économie.

La forme capitaliste néolibérale génère une seconde production, plus décisive que la première (qui reste un prétexte), une constitution subjective d’un type humain que nous nommerons, par respect des traditions, homo oeconomicus.

L’économie génère un type humain qui permet de retrouver les politiques « unitaristes » que l’on croyait perdues. L’économie devenant ainsi politique à part entière, politique de constitution de sujets assujettis.

Pour rester proche de l’économique, disons que ce type humain fabriqué à la chaîne est un type utilitariste libertarien.

Dont les caractéristiques principales sont, toujours pour suivre la dogmatique économique, l’égoïsme (exactement le narcissisme, celui de Trump) et la cupidité (exactement l’absence de limites morales, l’indifférence morale, tuer sa grand-mère s’il le faut – et l’on sait bien que cette épidémie est la démonstration parfaite de cette indifférence « aux vieux »).

Égoïsme et cupidité légitimés, encore une fois, par l’esprit d’entreprise, l’innovation enrichissante ou la liberté « disruptive » et le pragmatisme économique : seuls les résultats économiques comptent ou entrent en compte (et forment une comptabilité, la colonne vertébrale de ce mode de vie de l’apparaître comptable).

Mais plutôt que de continuer à utiliser le vocabulaire classique des économistes, nous avons nommé ce type humain « un trump ».

Ceci suite à la lecture de l’ouvrage du journaliste vedette (et ainsi accepté par Trump, de vedette à vedette) Bob Woodward, Rage : « Real power is rage » (Trump) [2].

L’analyse caractérologique du trump (que mène Woodward, en laissant Trump déblatérer et s’enferrer dans des mensonges récurrents), l’analyse de l’homo oeconomicus achevé, exige d’ajouter à l’égoïsme (au narcissisme) et à la cupidité (la maximalisation du paraître) la paranoïa, l’idée que toute opposition ou déviation constitue un danger mortel (idée qui se retrouve dans l’imposition d’une unique forme de vie autorisée, toute autre forme étant déclarée « communautaire »ou « sécessionniste »).

Revenons alors à notre interrogation : et si c’était l’économie qui constituait le véritable virus ? Dont le virus biochimique n’est qu’un sous-produit ?

En tant qu’organisation institutionnelle ou constitutionnelle, la mondialisation ouverte, il est bien documenté, désormais, que cette globalisation ou ouverture (pour la croissance), ainsi que les formes de prédation néocoloniales qui la caractérise et dont résultent l’inégalité extraordinaire et ses conséquences sanitaires (pauvreté, travail forcé même pendant l’épidémie, logements exigus, etc.), il est bien documenté que l’économie est la cause génératrice de l’épidémie ; depuis la consommation outrancière qui exige sans cesse de ravager plus (ou de déforester plus) jusqu’à la reprise du modèle de la peste importée.

Mais et cela n’est pas dit, ou est simplement mi-dit, c’est plutôt la production subjective des trumps qui est la cause efficiente et efficace de l’extension de l’épidémie.

Comme système de production de subjectivités, narcissiques, cupides, indifférentes, l’économie (le capitalisme néolibéral) a éliminé par avance toute possibilité de combattre l’épidémie.

En effet, ces possibilités, la discipline, le dévouement, voire le sacrifice, la compassion, jusqu’à l’identification à l’autre, tous ces traits, disons bouddhistes ou christiques, sont rejetés, avec violence paranoïaque, par l’esprit libertarien lockéen américain (de ceux-là même qui se disent « évangélistes »).

C’est certes la révolution psychanalytique freudienne qui a mis en cause « la culpabilisation », le respect de normes surmoïques ou super-égoïques, et, ainsi, appuyé « la libération individualiste » (du se sauver soi-même). Mais c’est surtout la récupération absorption de cette révolution, révolution qui va de Reich à Marcuse, ingestion dans le siphon libertarien, digestion vers l’unique liberté digne de ce nom, la liberté d’entreprise, c’est cette récupération ingestion économiste qui est la clé de l’épidémie.

Répondons alors à notre interrogation : c’est bien l’économie, entendue comme constitution subjective de trumps, qui est la cause de l’épidémie.

Les flottements (confiner ou pas, généraliser ou pas le télétravail) du gouvernement libéral (des macrons [3], en France), gouvernement de l’idéologie de la liberté d’entreprise soumis à l’affect de force productive de tous les petits macrons semés (emploi, consommation, voyages, tourisme, fête, parcs d’attraction) signalent toutes les contradictions entre la nécessaire autorité d’entreprise (la malveillance) et la mythique libération individuelle (la bienveillance). Contradictions de tout discours libertarien : peut-on imposer (horreur) des limites (nouvelle horreur) à la liberté économique (ou au droit naturel propriétariste lockéen qui inclut la propriété illimitée de son corps et interdit toute contrainte sur les corps) ? Peut-on imposer des limites à la liberté pour sauver la liberté ? [4]

L’actualité américaine de quasi guerre civile est l’expression parfaite des contradictions libertariennes. Les États-Unis étant le siège (fécal) de cet ultra-libéralisme autoritaire (interdire toute autre voie) voire totalitaire, puisque la seule liberté reconnue ou autorisée est la liberté économique : il est interdit d’être « socialiste » (même à la Stuart Mill, comme les Démocrates) ou, pire, « communiste » ; et le christ américain est celui qui est surveillé, voire redressé, par les inquisiteurs évangélistes ; évangélistes porteurs de la bonne nouvelle de la supériorité infinie du way of life économique américain, grâces soient rendues au pouvoir supérieur. Toujours l’absolue liberté d’entreprendre, être supérieur aux autres (winner de la concurrence), mépriser les autres (celui qui gagne prend tout), les empêcher d’agir, « de nuire », toujours la paranoïa dans cette compétition de Far West.

Disons les choses autrement : c’est l’imposition totalitaire d’une forme de vie, la forme trump, qui a généré l’humus propice à l’expansion virale et qui a induit l’incapacité absolue d’obtenir la moindre retenue, toute contrainte étant déclarée anti-libertarienne (ou anti-économique). Il suffit de regarder le conflit sur le port du masque et l’égoïsme irresponsable (d’indifférence) de la nouvelle génération des « fêtards » – faits tard. Encore une fois l’extrémalisation de la libération (économique) des baby-boomers, de cette libération restreinte à la libéralisation recentrée autoritairement dans l’économique, c’est cela le nœud de l’épidémie (fêtes, tourisme, voyages, consommation).

Trump, en chair et en os, n’est que le produit avarié ou dégénéré de l’idéologie libertarienne des baby-boomers, encore une fois (point essentiel) idéologie de « la libération » concentrée en un seul point, celui de la réussite économique et médiatique (l’apparaître) et ainsi, par « l’interdiction d’interdire » (mais uniquement en économie – liberté d’exploiter), cette idéologie s’est transformée en foyer viral (hybride) de contamination. Foyer viral qui a généré des myriades d’aliens (simplement clonés), les trumps ou les macrons, pour faire hexagonal, aliens qui prennent joie économique à rejeter toute contrainte sanitaire.

Dans le grand débat, relancé par Agamben, sur les formes de vie ou les styles de vie, pour parler comme Foucault, s’est imposé le monstre économique, qui a tout dévoré.

Le biais libéral, consistant à croire que dans notre société « libérée » ou « démocratique » toutes les formes de vie ou tous les styles sont autorisés, voire encouragés (par la publicité, la forme Kellogg), cette illusion désastreuse a conduit à une sorte de mélasse qui pousse à imaginer que « tout est possible ». Tous les styles sont libérés à condition de respecter le cadre de la démocratie libérale (imposée autoritairement par la guerre ou la menace), c’est-à-dire à condition de respecter le cadre de l’économie néolibérale (de rester prisonnier du despotisme économique). [5]

Encore une fois, c’est la réduction économiste de l’idée de liberté et la surveillance économique (ou publicitaire) de cette soi-disant liberté (libéralisation) qui est le nœud de l’épidémie [6].

C’est la production à la chaîne de petits trumps narcissiques qui est le véritable foyer viral.

Insistons, « trump » dénote une forme de vie ou, plutôt, un univers, toléré car seul tolérable, de styles de vie (style Paris Match) ; les styles du commerçant brigand ou du corsaire esclavagiste ou de l’entrepreneur performant dans l’exploitation.

Mais peut-être est-ce l’indifférence, le mépris, l’orgueil (tout Trump vu comme incarnation du trump), « la volonté de puissance », canalisée par et dans l’économie, qui est le noyau ultime de l’épidémie.

Pour casser l’épidémie et toutes celles à venir, il faut sortir de l’économie.

Et, déjà, lutter, pied à pied, contre le mythe, l’idéologie de l’entrepreneur schumpétérien maître du monde et de la libre entreprise créatrice, innovante, disruptive.

Point de départ nécessaire : NON, ce n’est pas l’entreprise qui produit la richesse.

La lutte antivirale doit se déporter du « sanitaire » au « culturel », à la guerre culturelle. Et passer de l’enfermement médical (pseudo-scientifique) à la lutte idéologique.

Le virus n’est pas un problème ni médical, ni sanitaire. Il ne l’est devenu que faute de comprendre qu’il s’agissait d’un problème de constitution politique (faute de comprendre ou, plutôt, faute d’accepter de voir ; refoulement, répression, plutôt que discussion).

Combattre le virus (et ceux à venir) consiste à mettre en cause l’ordre économique libéral libertarien. S’investir dans les mouvements d’insurrection plutôt qu’investir dans l’Institut Pasteur. Mettre en cause l’ordre économique pour que ne se renouvelle pas, sans cesse, la génération virale (au profit des instituts biomédicaux ou de l’industrie pharmaceutique).

Le virus n’est pas un aléa, il n’est pas aléatoire : la prochaine épidémie peut-être anticipée aussi sûrement que l’extension sans fin (la fuite sans fin) des champs d’éoliennes, les « fermes éoliennes » qui sont des « centrales » (tout plutôt que modifier la forme de vie économique).

Passer des moteurs thermiques (alimentés au pétrole) aux moteurs électriques ne constitue en aucune manière une avancée « écologique » : il s’agit toujours de « sauver la démocratie », de maintenir l’économie (qui tient la démocratie).

Passer au tout électrique, sans parler des produits rares nécessaires à la fabrication de ces moteurs ou des batteries, etc., exige l’extension dévastatrice d’un archipel cancéreux de « centrales » (avec leurs infrastructures de transport énergétique), les centrales éoliennes se substituant aux anciennes usines gigantesques de production d’énergie, centrales thermiques et raffineries (Total est « énergéticien », EON est un « forestier » [7]), les fameuses centrales, d’abord au charbon, comme la centrale de Gennevilliers dont la masse imposante de cathédrale des temps économiques forçait un amour religieux (le respect du tout puissant).

Il est un thème classique de la SF : celui du développement gigantesque (de plus en plus gigantesque – le gigantisme comme forme de vie) de la technologie, celui du développement de machines ou de systèmes techniques de plus en plus gigantesques. Exemple traditionnel, celui des gigantesques « vaisseaux spatiaux » ou des satellites artificiels immenses, des lunes artificielles. Ce développement de techniques gigantesques correspondant à une fuite en avant désespérée et, le plus souvent, désastreuse (renvoi à la note 1 ; mais le pessimisme dystopique de Ridley Scott est très général ; le progrès progresse sans cesse en générant de plus en plus de désastres – comme notre virus).

La vie ou, plutôt, la survie sur la terre devient impossible : exploitation forcenée, prédation colossale, enrichissement illimité des riches et reconstitution de castes féodales (l’héritage familial de la présidence américaine), kleptocratie, impossibilité de distinguer « dictature » et « démocratie » (toujours Trump), mépris absolu des conditions de vie des pauvres, l’indifférence que nous avons désignée comme une des sources de l’épidémie, indifférence qui peut s’exprimer en termes de sécession des riches. Le yacht du milliardaire ou l’île privée anticipant la colonisation des exoplanètes, encore un thème cher à la SF ; et la constitution de nouvelles compagnies coloniales, technologiquement équipées pour cette nouvelle exploitation que représente la conquête spatiale [8].

TOUT plutôt que transformer les formes économiques sociales politiques (telle est la leçon du virus). TOUT plutôt que modifier (ne parlons pas de renverser !) la structure férocement inégalitaire du monde. TOUT plutôt qu’abandonner le gigantesque servage vendu sous le nom de « liberté des modernes ». TOUT qui légitime, en fin, l’anéantissement du monde : il faut bien porter des « satisfactions » aux subalternes, il faut leur offrir des « biens », les inonder de camelote d’exploitation, faire croire en leur liberté automobile (significatif est l’enjeu de la voiture électrique, non pas se passer des voitures).

THE BIG DEAL : une avalanche de cadeaux frelatés, comme le déplacement aérien ou le tourisme exotique, en échange de l’acceptation d’une liberté limitée à l’économique (les « choix » du consommateur), en échange d’une dissolution de tout sens civique (les touristes ne font pas de politique).

Et un pacte mafieux, une association de malfaiteurs (notre malfaisance économique), un complot qui matérialise le deal : continuer l’exploitation, physique et humaine, approfondir la prédation, ravager sans états d’âme, pour que la fourniture des « biens » (the feeding, la becquée) soit maintenue, pour que l’inégalité et l’absence de liberté civique, pour que le despotisme reste supportable.

Et c’est là qu’intervient le gigantisme technique, typique des nouvelles exploitations minières en carrières (exemple de l’Australie). Lorsque le compromis inégalité servitude // petit confort tourisme vacille, le taux de croissance devenant insuffisant pour maintenir l’illusion de la richesse pour tous (où tous peuvent avoir une automobile et se déplacer « librement »), alors apparaît le messianisme technique qu’embellit les dystopies de SF.

Nous serons sauvés par la technique, la vaccination par exemple.

La technique se transforme en religion des fins : eschatologie, rédemption, pouvoir démiurgique.

Humains, n’ayez aucune crainte, nous sommes, collectivement, en train d’araser ou de peler la terre pour vous, pour que vous puissiez continuer à vivre le rêve (petit bourgeois des paysans parvenus), le rêve de la richesse, et bientôt nous pourrons dépasser toutes les limites terrestres. Nous maintiendrons notre mode de vie, économique, consommateur, touriste, grâce à la nouvelle colonisation qui pourra se déployer dans le cadre des libertés économiques conservées. Comme l’ancienne colonisation l’avait permis, la nouvelle générera une croissance extraordinaire. Le gigantisme technique permettra de surpasser toutes les difficultés passagères (comme une épidémie).

N’écoutez pas ceux, « les amish », qui prêchent le changement radical des formes de vie et la dissolution de l’économie et de ses libertés. Inutile de modifier les règles sociales ou politiques, inutile de condamner la démocratie libérale qui est le meilleur cadre pour l’enrichissement. Engagez-vous dans la grande armée messianique pour la nouvelle conquête. Vive le changement technique, vive les grands systèmes techniques et les grandes machineries du futur. Rêvez spatial.

À l’envers de ce rêve technologique qui se combine au pire conservatisme politique, conservatisme offensif considéré comme le prix à payer pour l’abondance et le confort, il faut défendre un projet politique révolutionnaire, dans le cadre d’une dissolution de l’économie (ou du droit commercial).

Non plus maintenir l’ordre social inégalitaire, la démocratie libérale qui n’est qu’un despotisme économique, cela pour conserver les petites richesses (et l’inégalité afférente) et les libertés modernes, liberté d’entreprise [9], circulation illimitée, exploitation sans frein, déplacements sans barrière (pour les riches touristes – et murs bétonnés pour les pauvres), tourisme stupide.

Plutôt que de rêver à des techniques mirifiques, il est temps d’imaginer une nouvelle constellation politique (telle que nous la proposent les zapatistes), constellation centrée sur la liberté politique (la liberté classique ou antique) contre la liberté économique (la liberté libérale des modernes).

Ce que nous nommerons : esquisse pour des institutions anarchiques (et an-archiques effectivement).

Des institutions anarchiques : vieille idée qui court depuis le début du 19e siècle de La Conjuration des Égaux.

Idée pervertie par l’anarcho-capitalisme des libertariens (qui maintient l’économie désastreuse).

Et qu’il est nécessaire de reprendre.

Ouvrir un chantier ou une carrière – pour dissoudre les chantiers et les carrières.

Un ouvrage collectif.

Repenser le droit, les institutions, l’économie.

Repenser et reformuler les droits humains, qui ne seront plus ceux des « citoyens ».

Repenser les institutions juridiques et policières ; remettre la police au pas et la subordonner radicalement aux nouvelles normes juridiques (supprimer le ministère de l’intérieur – de la sécurité – et le fondre dans un ministère de la justice qui serait hors du gouvernement – séparation radicale des pouvoirs).

Reformuler le socle métaphysique qui tient l’appareil de la démocratie libérale, c’est-à-dire du despotisme économique.

Rejeter tous les principes métaphysiques théologiques d’unité ou d’union et ceux, politiques, qui en découlent, comme l’intégrité territoriale et l’exclusion des étrangers. Dissoudre les régimes immunitaires (Esposito).

Lourde tâche de guerre culturelle, pour reconquérir l’hégémonie spirituelle.

Et sortir enfin des tunnels des épidémies virales.

Encore une fois, la dernière, l’épidémie est économique, causée et déployée par l’économie ; seul un combat pour sortir de l’économie (ou de la démocratie libérale) permettra de voir le bout du tunnel des épidémies qui, autrement, reviendront sans cesse.


Article publié le 18 Oct 2020 sur Lundi.am