FĂ©vrier 7, 2021
Par Le Monde Libertaire
167 visites


La ministre du logement vient d’annoncer un report de 2 mois de la trĂȘve hivernale. Elle est donc prolongĂ©e jusqu’au 1er juin. En 2020 la trĂȘve avait durĂ© jusqu’au 10 juillet.
Avec le Covid 19, la crise Ă©conomique va en s’aggravant, les dettes s’accumulent et le recours aux aides alimentaires est massif dans les milieux populaires. Tout le monde est touchĂ©, personne n’est Ă©pargnĂ©. Les Ă©tudiants aussi, sont dans la misĂšre et la dĂ©tresse Ă  tel point qu’autoritĂ©s et mĂ©dias ne peuvent plus passer ce phĂ©nomĂšne sous silence. Comme toujours Macron rĂ©pond par le mĂ©pris et la suffisance : le dispositif du repas Ă  1€ (mis en place l’annĂ©e derniĂšre pour les boursiers) est Ă©tendu Ă  tous les Ă©tudiants, qu’ils soient boursiers, non boursiers ou Ă©trangers Ă  hauteur de 2 repas par jour. Ces mesurettes gouvernementales ne sont pas Ă  la hauteur de la crise, et dans les villes ce sont des associations qui se mobilisent chaque soir pour distribuer des colis alimentaires. Bien souvent lĂ  ou il y avait deux distributions alimentaires par semaine en septembre, aujourd’hui c’est une par jour .
Le nombre des expulsions risque d’exploser : 30 000 procĂ©dures d’expulsion, soit deux fois plus que la moyenne annuelle.
La ministre du logement, Emmanuelle Wargon a dĂ©clarĂ© que “ce report devrait permettre de les prĂ©parer, de les Ă©chelonner ou d’anticiper des propositions de relogement ou au moins d’hĂ©bergement”. Ce qu’elle ne garantit mĂȘme pas. La ministre s’engage par ailleurs Ă  accompagner les propriĂ©taires “lĂ©sĂ©s ” : les locataires seraient-ils de mauvaise foi ? …
Notre ministre vit-elle hors sol, dans son cocooning ou dĂ©fend-elle les intĂ©rĂȘts des gens de sa classe sociale ?
Nous risquons d’assister – et c’est inacceptable – Ă  des expulsions en masse avec le retour de l’étĂ©.
DĂšs Ă  prĂ©sent mobilisons-nous pour imposer une annĂ©e blanche des expulsions. Car il faudra aller bien plus loin que la traditionnelle et pourtant indispensable manifestation de fin de trĂȘve hivernale pour obtenir :
ArrĂȘt des expulsions et relogement prĂ©alable.
Amnistie des jugements d’expulsion et annulation des procĂ©dures en cours.
Effacement des dettes de loyer et des traites impayées.
Baisse des loyers du privé et majoration du montant des APL.
Construction massive de vrais logements sociaux.
Application de la loi de réquisition car 3 millions de logements sont vacants, des centaines de milliers de personnes sont sans-logis.
Le respect des droits fondamentaux de chacun-e , dont le droit a un logement décent, stable et abordable
C’est possible !

Le dimanche 24 janvier, l’intrusion dans une Ă©cole en friche du trĂšs bourgeois seiziĂšme arrondissement de Paris de militant-es du collectif « RĂ©quisitions » a dĂ©clenchĂ© la mise Ă  l’abri de 179 exilĂ©-e-s auparavant Ă  la rue. Comme quoi la pression sur les institutions fonctionne et qu’en cette pĂ©riode difficile, les victoires, certes partielles, sont possibles.
En campagne prĂ©sidentielle, le candidat Macron l’avait promis : plus personne ne devait se trouver Ă  la rue sans abri. Nous anarchistes, savons depuis longtemps que les promesses n’engagent que ceux qui y croient ; la rĂ©alitĂ© nous donne encore raison (pour une fois on aurait prĂ©fĂ©rĂ© se tromper). La sociĂ©tĂ© capitaliste tolĂšre qu’une partie de la population soit Ă  la rue ? Nous, nous ne le tolĂ©rons pas. La rue ? Soyons prĂȘts Ă  y descendre pour y rĂ©affirmer : un toit c’est un droit !

Groupe anarchiste Salvador SeguĂ­ (FA)




Source: Monde-libertaire.fr