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Un camarade du groupe a été blessé au cours de la manifestation de ce samedi 9 avril. Nous ne sommes ni les premièr-e-s ni les dernièr-e-s, mais nous tenions à écrire quelques mots sur le sujet pour relater notre expérience. Nous étions place de la Nation en fin d’après-midi, des camarades masqué-es manifestaient fermement leur divergence d’opinion avec la police, le dialogue s’installait. Nous étions en retrait, ayant choisi un autre mode d’action. Loin de nous l’idée de chercher à dissocier entre bon-ne-s et mauvais-es manifestant-es mais nous n’étions pas particulièrement actif-ve-s à ce moment-là. Au cours d’une énième charge de la police, le copain a senti un projectile le frapper violemment au niveau de la jambe. Il a réussi à s’enfuir mais à grand-peine.

Nous tenons à remercier chaleureusement les copines et copains de l’équipe médicale qui l’ont immédiatement pris en charge et nous ont aidé-es à le mettre à l’abri. Le choc ayant été brutal, le copain est tombé dans les pommes à plusieurs reprises, et nous avons décidé de le porter à un local ami non loin de là. Les flics qui grouillaient dans les couloirs de Nation ne nous ont heureusement pas arrêté-es et nous avons atteint le lieu sans encombre. Les camarades nous ont accueilli-es, et vu l’état du copain qui tournait de l’œil à chaque mouvement de sa jambe, nous avons décidé d’appeler les secours. Le vrai problème a alors commencé. Les pompiers nous redirigeant vers le SAMU et le SAMU nous disant de nous débrouiller en prenant un taxi. Les copines et copains du local, ayant rappelé, patienté, et argué de leur statut syndical, le SAMU a fini par accepter de nous envoyer une ambulance pour transporter le copain aux Urgences. Un grand merci à elles et eux, iels se reconnaîtront si iels lisent cela, la solidarité entre camarades ça fait chaud au cœur. Tout ceci a pris près d’une heure, expérience extrêmement douloureuse pour notre ami, qui nous a fait une belle peur. Heureusement le camarade va bien, rien de cassé, mais il a gagné deux bonnes semaines de repos.

Maintenant pour le reste ; il s’agit assez probablement d’un tir tendu de grenade lacrymogène, vu le type de blessure. Les flics ont donc shooté une personne qui se contentait d’être présente, avec une utilisation illégale de leur armement. Voilà ce qu’on risque en ce moment à manifester. Pas vraiment de surprise de notre coté, mais on a compris le message.

La stratégie policière fonctionne sur la peur, ne nous laissons pas faire. Partageons des savoirs techniques en terme de sécurité collective, restons solidaires, organisons-nous et ripostons.

Le groupe Regard noir




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